Comment approvisionner la restauration collective en produits bio locaux ? Le cas de l’île d’Oléron

Vignette compte-rendu restauration collective et PAT

Comment approvisionner la restauration collective en circuits courts… sur une île ? Quelle est la logistique et quels sont les besoins pour la collectivité ? Ces questions sont souvent centrales dans les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT). Entre acteurs socio-professionnels, agriculteurs et collectivité, les rôles sont en effet difficiles à distribuer. Voici ainsi quelques éléments d’explication à travers l’exemple de la Communauté de Communes (CDC) de l’île d’Oléron …

 

Compte rendu atelier restoco et logistiqueCet atelier de co-développement s’est tenu au printemps 2019 lors des rencontres “Conduite d’un projet alimentaire territorial” du réseau des démarches alimentaires territoriales.

Retrouvez aussi la fiche pdf en ligne.

 

 

Témoin :  Camille PRACHE
Chargée de mission Circuits courts, Communauté de communes de l’Ile d’Oléron

ConsultantsUne dizaine de participants d’horizons divers
Territoires et collectivités, organismes et réseaux d’accompagnement, étudiants…

 

Contexte

La CDC d’Oléron regroupe 8 communes pour une population de plus de 22000 habitants. En 2011, cette CDC a mené plusieurs réflexions en faveur de l’agriculture durable. Et enfin, la CDC a élaboré une charte agricole pour l’île d’Oléron ainsi qu’un programme d’action pluriannuel, pour le maintien et le développement durable de l’agriculture oléronaise.

Ce programme d’action a servi de préalable à une démarche plus large de PAT. Il se traduit par plusieurs axes d’intervention :

  • accès au foncier et au bâti,
  • visibilité et représentation de la profession,
  • circuits-courts et création de valeur ajoutée,
  • systèmes d’exploitation durables.

Sur le volet «circuits-courts et création de valeur ajoutée», les élus ont confié aux services de la CDC une mission de développement d’un groupement de commande. Cette mission est menée à l’échelle des 8 communes de l’île.

 

Existant en matière d’approvisionnement de la restauration collective en produits bio

A ce jour, la restauration collective de l’île concerne 7 cantines pour 2000 repas/jour. Le volet relatif à la restauration des autres établissements recevant du public et notamment, les Établissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD), n’est à ce jour pas quantifié. Les livraisons en produits frais s’établissent à une fréquence moyenne de 2 fois par semaine. La part d’approvisionnement des cantines en produits agricoles issus de l’île est quasiment nulle.

Des études préalables ont également été menées sur l’approvisionnement en agriculture et sur l’opportunité de proposer des espaces tests agricoles. La chargée de mission a aussi engagé une analyse de la situation et des enjeux sur chacune des 8 communes selon plusieurs thématiques  : approvisionnement pour la restauration collective, gaspillage alimentaire, déchets etc.

En complément, l’île bénéficie d’une fréquentation touristique estivale conséquente. La majorité des producteurs locaux organise en effet la commercialisation des produits (ostréiculture, viticulture pineau, maraîchage…) sur les marchés locaux, en vente directe ou également directement en lien avec les restaurateurs. Enfin, les producteurs ne sont pas en recherche de nouveaux débouchés sur l’île (et notamment au titre de la restauration collective)

 

Ce qu’il faut retenir pour approvisionner la restauration collective en produits bio locaux

Des hypothèses de travail issues des témoignages et échanges

Deux hypothèses peuvent être alors envisagées :

  • Proposer un approvisionnement majoritairement issu de l’extérieur de l’île d’Oléron

Il s’agit pour cela de s’appuyer sur un dispositif logistique élaboré. Le recours à des plateformes de distribution, la mutualisation avec des transporteurs déjà présents sur l’île, la coopération avec d’autres démarches voisines, la massification du transport etc sont des pistes. L’objectif est de parvenir à une masse critique de la demande en restauration collective avec tous les établissements publics, EHPAD etc.

  • Accompagner le développement de l’offre de productions sur l’île au regard des besoins modestes de la restauration scolaire (2000 repas/jour a minima)

Des solutions issues des témoignages et échanges

Des solutions hybrides peuvent également être imaginées en croisant ces deux hypothèses ou «en jouant sur les 2 tableaux». Envisagées à court terme, elles pourront alors évoluer selon les avancées, en matière de logistique. Un opérateur local pourra ainsi traiter les volumes à l’entrée de l’île. Ces solutions sont les suivantes :

  • Investiguer dans des solutions favorisant la mutualisation et le partenariat  : outils partagés entre les collectivités, les transporteurs, les restaurateurs et les commerçants), notamment pour le transport, le stockage, la transformation
  • Proposer des modalités en horaires décalés (livraisons la nuit) ou sur des modes de mobilité alternative (pistes cyclables et “tuk-tuk” etc)
  • Vérifier auprès des décideurs les priorités : quel prix des repas ? quel approvisionnement local ? quels problèmes de circulation ?
  • Faire un point du travail avec d’autres services de la CDC, communes, département etc. Des problématiques relatives aux solutions partagées en matière de transport et logistique peuvent être envisagées.
  • Dialogue et échanges à développer entre les acteurs et partenaires pour faire évoluer le projet : enjeux plus larges (tourisme, économie, environnement etc, solutions nouvelles etc.
  • Analyse approfondie des solutions existantes en matière de transport : distributeurs privés, Grandes et Moyennes Surfaces etc.
  • Étude des possibilités de développement des productions locales, pour le maraîchage
  • Étude des complémentarités saison estivale versus hors saison

 

Points de vigilance pour approvisionner la restauration collective en produits bio locaux

Huit points de vigilance sont autant de pistes d’actions pour avancer.

  • Une difficulté est de « trouver » des candidats à l’installation sur des productions correspondant aux besoins à satisfaire.
  • Les coopérations territoriales sont peu opérationnelles à court terme.
  • Le problème des lieux de stockage, des ateliers de transformation et de conditionnement des productions sur place est posée.
  • La difficulté d’aboutir à des consensus politiques sur des solutions techniques de mutualisation (une cuisine centrale sur le continent) existe.
  • Des perspectives d’évolution du périmètre de l’étude et de la mission (élargir à d’autres besoins en approvisionnement) sont à étudier, pour rendre plus performantes les solutions envisagées.
  • A l’issue de l’atelier, la commande initiale sur la question logistique interroge plus largement le système alimentaire. Le contexte insulaire invite dans ce sens à une nouvelle problématique : « comment nourrir durablement mon île ? ».

 

 

Retrouvez les autres comptes rendus d’ateliers de la rencontre Conduite d’un projet alimentaire territorial” sur la page dédiée

Découvrez également toutes nos ressources méthodologiques sur les projets et démarches alimentaires territoriaux.

 

 

 

 

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