Comment déterminer le profil alimentaire du territoire ? Comment construire un diagnostic partagé ?

Vignette compte-rendu diagnostic agricole ou alimentaire

Comprendre comment consomme le territoire est souvent la première question avant de démarrer un projet alimentaire territorial (PAT). Entre acteurs socio-professionnels, agriculteurs et citoyens, les informations et les positionnement sont nombreux. Voici quelques éléments d’explication à travers l’exemple de l’agglomération de La Rochelle. Déterminer le profil alimentaire du territoire et construire un diagnostic partagé tel est l’objet de cet article !

 

Cet atelier de co-développement a eu lieu au printemps 2019 lors des rencontres “Conduite d’un projet alimentaire territorial” du réseau des démarches alimentaires territoriales.

Retrouvez aussi la fiche pdf en ligne.

 

 

 

Témoin  : Nathalie CLAIN BEAUCHEF – La Rochelle
Chargée de mission « Résilience écologique », Service « Transition Energétique et Résilience Ecologique »,  Communauté d’Agglomération de La Rochelle

ConsultantsUne dizaine de participants d’horizons divers
Territoires et collectivités, organismes et réseaux d’accompagnement, étudiants etc.

 

Contexte

La Communauté d’agglomération (CA) de La Rochelle regroupe 28 communes sur le littoral atlantique. Elle compte une population d’environ 166 000 habitants.

En 2015, la CA a réalisé un diagnostic agricole dans le cadre du Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI). A cette occasion, les citoyens ont exprimé fortement un besoin en matière de productions agricoles issues de circuits de proximité.

La filière céréalière est majoritaire sur le territoire. Elle tire en effet parti de la présence du port maritime de la Rochelle contribuant fortement à l’économie exportatrice du territoire.

En 2016, le maire de Puilboreau, ancien maraîcher, obtient la délégation “Agriculture péri-urbaine et circuits courts alimentaires”. Il engage alors une réflexion collective avec d’autres élus au sein de la communauté d’agglomération. Après 2 ans de concertation et l’organisation de plusieurs événements, une stratégie sur l’agriculture périurbaine et les circuits alimentaires de proximité se formalise. Elle se traduit ainsi à travers 4 grands axes :

  • Accompagner le changement pour créer un écosystème favorable (sensibiliser, former les acheteurs)
  • Développer une offre locale en qualité, en quantité et en diversité (maîtrise foncière et accompagnement)
  • Tirer vers le haut la demande en produits sains et durables (restauration collective et consommateurs finaux)
  • Sensibiliser et impliquer les intermédiaires

 

Ce qu’il faut retenir pour déterminer le profil alimentaire du territoire et construire un diagnostic partagé

Solutions et idées issues des témoignages et échanges

  • Dans un premier temps, prioriser le travail de diagnostic dans le domaine de la restauration collective. Les informations sont ainsi plus faciles à collecter auprès des communes et des établissements organismes concernés.
  • Faire des focus sur des communes sur la base d’élus volontaires
  • Concevoir le diagnostic partagé comme une action d’animation du territoire et de la démarche alimentaire à part entière.
  • Tirer parti des données existantes et déjà récupérées à l’occasion d’études précédentes. Il s’agit notamment de modes de commercialisation des exploitations agricoles.
  • S’appuyer sur les grandes catégories d’acteurs et en particulier les plus motivés et engagés sur les questions d’agriculture durable pour le moment. Tisser ensuite des collaborations et progresser dans les compréhensions respectives (hybridation).
  • « Sentir » les données à investir
  • Identifier les « inévitables » comme les restaurateurs sur un territoire touristique (Chambre des Métiers et de l’Artisanat et Chambres de Commerce et d’Industrie)
  • Privilégier « la politique des petits pas » versus « une démarche d’analyse exhaustive ambitieuse » (coûteuse et difficile à exploiter par la suite). Pour cela, rechercher des opérateurs qui ont déjà une action et les mettre en lumière pour entraîner les autres est un enjeu.
  • Organiser les retours d’information
  • Donner à voir aux élus les actions qui peuvent être mises en place
  • Réunir un collectif d’acteurs qui peut témoigner de leur volonté d’agir (fermes urbaines, chambre d’agriculture, restaurateurs, aide alimentaire…)
  • S’accorder avec les élus sur les différentes briques (diagnostics rapides et actions possibles) dans le cadre de la temporalité du mandat

 

Points de vigilance pour déterminer le profil alimentaire du territoire et construire un diagnostic partagé

  • Pas d’objectif d’autonomie du territoire fixé par les élus. Il sera donc nécessaire de définir des objectifs chiffrés pour apprécier l’efficacité de la stratégie au bout de quelques années.
  • Intérêt de construire progressivement une connaissance mutuelle du système des acteurs impliqués sur le territoire, dans une logique de vision globale et partagée
  • La notion de réserve foncière est importante. Jusque-là considérée comme une opportunité de construire et urbaniser, il est important de sensibiliser les élus à la protection des espaces agricoles plutôt qu’à de nouveaux projets d’aménagement. Cela est vrai en particulier dans un territoire très touristique et bord de mer.
  • Élargir la réflexion à des territoires voisins qui pourraient mener le même type de démarche et jouer ensemble la complémentarité des productions agricoles (Communauté de communes Aunis Sud par exemple)
  • Être vigilant sur le fait de ne pas toujours avoir les mêmes contributeurs

 

Retours d’expérience

  • En Charente (16), le Grand Cognac a organisé un forum sur la restauration collective (RC). Il associait des collectivités, gestionnaires, producteurs. Des fiches actions peuvent aider chacun à se repérer.
  • Une action de la Chambre d’agriculture de Charente (16) est en cours sur la construction d’une filière légumes pour le département. La Direction régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF) accompagne ce projet en lien avec celui de Grand Angoulême. Cette démarche est apparentée à un diagnostic-action.
  • « Les inévitables » un collectif de restaurateurs de Haute Vienne (87) s’engage à cuisiner et à présenter les produits issus des fermes du territoire dans leurs cartes et menus. Leur intervention est conjointe avec des consulaires sur les volets agricole et commercial.
  • La communauté d’agglomération de Rochefort Océan (17) a constitué un réseau de personnes impliquées sur les questions alimentaires. Ils sont associées à un groupe de travail spécifique (profs, cuisiniers, gestionnaire, épicerie sociale solidaire).
  • Le Pôle d’équilibre territorial et rural (PETR) du Cœur Entre Deux Mers (33) a réalisé en 2018 une enquête “Consommateurs” et une analyse de l’offre agricole et alimentaire du territoire.
  • Les territoires de Lyon Métropole (69), de Toulouse (31) et du Pays des Nestes (65) ont réalisé un diagnostic alimentaire territorial.
  • Rapport « Gouvernance alimentaire » Pays Basque et ville de Bordeaux (site DRAAF)
  • Le Grand Bergeracois (24) a missionné cinq élèves stagiaires de l’Institut National des Etudes Territoriales  (INET) pour actualiser le diagnostic existant. La présentation a été faite lors d’un forum d’acteurs le 15 mars 2019.
  • Le réseau national des PAT et son site internet RnPAT

 

Retrouvez les autres comptes rendus d’ateliers de la rencontre Conduite d’un projet alimentaire territorial” sur la page dédiée mais aussi toutes nos ressources méthodologiques sur les projets et démarches alimentaires territoriaux.

 

 

 

 

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