Comment s’organisent les initiatives citoyennes pour une consommation saine, durable et solidaire ?

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Quelles sont les alternatives à l’achat de denrées en grande surface ? Quel est le rôle des consommateurs dans ces moyens de consommation alternatifs ? L’atelier organisé dans le cadre du Forum régional « Agriculture, Alimentation et Territoire » le 13 février 2020 à Angoulême propose des réponses à ces questions. Illustration à travers trois exemples inspirants.

 

Proposer un moyen de consommation alternatif à la grande distribution

 

Trois intervenants ont présenté leur projet respectif :

  • Anne Monloubou, présidente de Supercoop, supermarché coopératif de Bordeaux Métropole, en Gironde (33)
  • Camille Dacomo, chargée de développement au sein de l’association VRAC Bordeaux, en Gironde (33) 

 

Ces trois initiatives mettent ainsi en avant la diversité des alternatives que l’on peut trouver à la grande distribution. En effet, il n’y a pas un mais DES modèles de consommation alternatifs !

Ces projets ont pour objectif commun de proposer aux consommateurs des produits de qualité et aux producteurs une rémunération au juste prix. Le bénévolat et l’engagement citoyen créés facilitent grandement leur fonctionnement.

 

 

Retour en détails sur ces trois initiatives…

 

Supercoop, le supermarché coopératif de Bordeaux métropole

 

  • Un projet inspiré d’une initiative américaine

Supercoop est un supermarché coopératif et participatif indépendant né en 2016. Il est le fruit d’une rencontre de consommateurs engagés souhaitant créer un magasin à leur image. Il vient aussi répondre à une demande grandissante des citoyens de devenir acteurs de leur consommation. Pour ce faire, les créateurs de Supercoop se sont fixés les objectifs suivants : une rémunération juste des producteurs et des produits de qualité à des prix accessibles

Ce projet est tout droit inspiré de la Park Slope Food Coop de Brooklyn, quartier de New-York. Depuis 40 ans, ce supermarché coopératif américain propose en effet des produits alimentaires et ménagers respectueux de l’environnement à des prix inférieurs à ceux de la grande distribution et ce, tout en rémunérant à bon prix les producteurs.

 

  • Un projet rendu possible techniquement et financièrement grâce au bénévolat

Avec de tels objectifs, cette démarche est réalisable seulement grâce à l’engagement bénévole. Ainsi, à Supercoop, les coopérateurs doivent s’investir à hauteur de 3 heures toutes les 4 semaines au minimum. De fait, ils bénéficient d’une marge de 17 % sur le prix de vente des produits.

De plus, le modèle économique du magasin est basé sur l’actionnariat. En effet, dès le départ, les sources de financement sont venues des parts achetées par les coopérateurs. L’opération de financement participatif menée en 2016 a également complété les subventions publiques et les ventes du libre-service

  • Quels résultats aujourd’hui ?

En 2020, le magasin regroupe 1 200 actionnaires pour un peu plus de 2 500 références de produits de tous types. Ces derniers répondent à une charte qualité : « avoir été produits (s’ils ne sont pas bio) avec peu de traitement, dans un périmètre relativement proche et qu’ils respectent la terre et l’environnement ».

Cofinancé par l’Union européenne avec le Fonds Social Européen (FSE), Supercoop vise l’autonomie financière après 4 ans d’existence.

 

 

VRAC Bordeaux

 

  • Un réseau national pour favoriser l’accès au plus grand nombre à des produits de qualité à bas prix

Le réseau Vers un Réseau d’Achats en Commun (VRAC) voit le jour à Lyon en 2013 sous forme associative. Il s’agit d’un projet initié par le bailleur Est-Métropole-Habitat (EMH) et la Fondation Abbé-Pierre. En 2017,  l’antenne de Bordeaux métropole se crée.

Leur objectif est avant tout social : lutter contre les inégalités en termes d’accès à une alimentation de qualité. C’est pourquoi, VRAC intervient exclusivement dans les quartiers Politique de la ville en favorisant le développement des groupements d’achats. Elle offre ainsi la possibilité aux habitants de ces quartiers d’accéder à des produits de qualité à prix coûtant.

 

  • Une épicerie éphémère dans chaque quartier une fois par mois

La distribution alimentaire est animée au sein du quartier une fois par mois sous forme d’épicerie éphémère. Les adhérents passent une commande mensuelle de produits alimentaires, choisissent la quantité souhaitée et récupèrent la commande deux semaines après. A ce titre, les commandes se font via cagette.net. Il s’agit d’une plateforme en ligne qui accueille plusieurs structures, notamment les Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne (AMAP).

Au moins la moitié des produits est proposée en vrac. Le jour j, les adhérents n’ont plus qu’à se servir eux-mêmes.

Néanmoins, ils ne sont pas seulement de simples consommateurs. En effet, les adhérents peuvent également participer à la mise en place de la distribution alimentaire et à l’organisation d’événements et d’ateliers de sensibilisation.

 

  • Quels résultats aujourd’hui ?

En 2020, l’association bordelaise compte deux salariés et environ 400 adhérents, dont 60% de personnes à petit revenu. Toutefois, le modèle retenu présente des fragilités, notamment économiques. En effet, il dépend à 95% des subventions publiques et privées. Et, comme pour Supercoop, la durabilité de ce système repose donc sur l’engagement bénévole.

 

 

Amap Labenne Capbreton Ondres

 

  • Proposer aux consommateurs des produits de qualité et aux producteurs une rémunération au juste prix

En 2005, 17 familles créent l’AMAP Labenne Capbreton Ondres dans le département des Landes. Cette AMAP vient répondre à la sensibilité d’une partie croissante des citoyens.

> « Contribuer au développement d’une agriculture durable et d’une économie solidaire, organisant un commerce local, direct et équitable »

> Consommer « des produits de qualité, en connaissance de leur origine, de leur mode de production et à un prix juste » 

> « Soutenir des producteurs locaux responsables »

 

  • Une association, trois antennes et un marché de producteurs

L’AMAP s’organise autour de trois points de distribution : Labenne, Capbreton et Ondres. En effet, les initiateurs de l’AMAP ont préféré s’appuyer sur plusieurs antennes au sein d’une même association plutôt que de multiplier les AMAP partenaires. Ce fonctionnement leur permet ainsi de répondre au plus près à la demande des consommateurs et de toucher plus de personnes.

Ainsi, sur chaque lieu, une antenne de l’association organise la distribution et assure les relations entre producteurs et adhérents. A ce titre, ces derniers sont le “socle dur” de l’association. C’est grâce à leur participation active que les points relais fonctionnent bien. 

De plus, depuis novembre 2018, en parallèle de l’AMAP, un marché de producteurs est mis en œuvre tous les jeudi après-midi . Cela permet de donner plus de souplesse aux producteurs. En effet, les produits vendus au marché permettent d’écouler les productions qui ne sont pas absorbées par l’AMAP. Cela représente environ 400 millions d’euros annuels pour les producteurs. La marge revient donc directement au producteur car l’association ne prend pas de commission.

 

  • Quels résultats aujourd’hui ?

Aujourd’hui, les AMAP sont de véritables moyens de consommation alternatifs. Cette AMAP regroupe près de 200 familles et une trentaine de producteurs. L’objectif est de continuer de s’adapter à un maximum de consommateurs, tout en respectant les possibilités des producteurs.

 

Vous souhaitez en savoir plus ? Contactez PQN-A !

Fanny Laison, chargée de mission Démarches alimentaires de territoire

E-mail : fanny.laison@pqn-a.fr

Tél : 06 31 21 56 09

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