Saisi par le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports à la fin de l’année dernière après la deuxième vague d’attentats, le Conseil national des villes a remis le 19 juillet dernier trois copies sur l’image des quartiers dans les médias, le fonds de participation des habitants et la prévention de la radicalisation.

Coup de projecteur sur certaines de ses recommandations :

S’agissant de l’image des quartiers, l’objectif d’améliorer l’image des quartiers prioritaires, de leurs habitants et des actions qui s’y développent par eux et pour eux, revient à demander que le reflet soit raisonnablement fidèle à la réalité, avec le souci que leurs habitants s’y reconnaissent et que les quartiers soient ressentis, par-delà leur situation, comme participant de la vie urbaine générale et de la communauté nationale. Le CNV propose de mettre l’accent sur la formation des journalistes et la lutte contre les stéréotypes, leur capacité à développer « une information équilibrée, juste et objective », à relayer l’information positive issue de ces quartiers, à donner aux acteurs locaux (élus et habitants) les moyens de produire leurs propres images et discours. Il demande aussi que l’Observatoire National de la politique de la ville inscrive cette question d’image des quartiers à son rapport annuel.

Concernant le Fonds de participation des habitants (FPH), le CNV rappelle la finalité du dispositif. Il s’agit de donner un coup de pouce à de petits collectifs d’habitants pour les inciter « à prendre des initiatives, à s’auto-organiser, à monter un projet et le présenter, à le réaliser, aussi modeste soit-il ». Mais le conseil déplore aussi que 40% des quartiers ne soient pas couverts par un FPH et que le dispositif soit aussi mal connu des acteurs. Il recommande d’intégrer chaque année, au nom de la transparence, les habitants des quartiers soutenus l’année précédente par le FPH aux jurys d’attribution. Il conseille également de rester fidèle à leur vocation pour « privilégier le soutien aux actions ponctuelles portées par des collectifs d’habitants ».

Enfin, pour prévenir le phénomène de radicalisation, le Conseil a identifié 4 axes stratégiques pour l’élaboration de plans locaux efficaces :
– L’éducation des enfants et notamment le respect de l’égalité filles-garçons
– La formation des acteurs de premier rang (travailleurs sociaux des collectivités, animateurs de clubs sportifs, éducateurs, enseignants, élus…)
– Le renforcement des liens entre les parents et les enfants pour le renouement d’un dialogue
– L’adaptation et le renforcement de la présence sociale « sur le terrain »

Sur cette base, le CNV a décidé « de se laisser » jusqu’au mois de novembre pour formuler des recommandations plus précises, le temps d’examiner les conditions de leur mise en oeuvre dans une dizaine de villes. Qu’il nous soit simplement permis de relever que ces orientations -services publics, éducation, formation, soutien à la parentalité- figurent au premier rang des recommandations que Ville & Banlieue a remises à Patrick Kanner en janvier 2016.

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