« Développer un habitat désirable en centre-bourg ! » : 10 points à retenir

Image La Réole (33)

Nous le savons, habiter en centre-bourg n’a plus la cote …  Alors comment les élus locaux peuvent-ils s’y prendre pour redonner envie de vivre dans le centre ? Quelle offre de logement proposer ? Avec qui travailler ? Voici quelques éléments de réponse !

Le 16 décembre  2020, Pays et Quartiers de Nouvelle-Aquitaine (PQN-A) a organisé un webinaire intitulé « Développer un habitat désirable en centre-bourg ! ». Ce webinaire a réuni près de 230 participants (élus et responsables locaux), autour de 3 intervenants et d’acteurs institutionnels. Voici en 10 points ce que l’on peut retenir de ce temps d’échange. 

  1. Flavien Bezy, expert urbaniste, a partagé son regard sur la question, en introduction.
  2. Catherine Moulin, maire de Faux-la-Montagne et Bruno Marty, maire de la Réole, ont témoigné de leurs expériences respectives.
  3. Les acteurs institutionnels (Etat, région, Banque des territoires) ont pu conclure sur cette rencontre dématérialisée, en revenant sur les dispositifs existants.

 

1. Un  projet de ville comme point de départ

L’attractivité de l’habitat en centre-bourg est fonction du cadre de vie au sens large que celui-ci offre aux habitants : les emplois disponibles, la présence d’équipements et de services, l’offre commerciale, la qualité de l’espace public et des lieux de vie etc. C’est pourquoi les projets de ville et de territoire deviennent un préalable à la définition d’une politique adaptée de l’habitat. 

« L’attractivité du logement ne se résout pas par elle-même. C’est une composante d’un projet. » Flavien Bezy, expert urbaniste

« Nous avons mis en place une politique d’accueil globale qui touche aux commerces, aux services de la petite enfance, à la mobilité et à l’habitat pour faciliter l’installation des nouveaux habitants. » Catherine Moulin, maire de Faux-la-Montagne

« Nous avons fait le choix de ne pas être une cité dortoir. Les personnes qui viennent à la Réole épousent un projet de ville qui est tourné vers la culture et vers l’ouverture à l’autre. » Bruno Marty, maire de la Réole

Un ïlot de centre-bourg à la Réole

Un îlot de centre-bourg à la Réole

2. Une offre de logement adaptée aux usages actuels

Afin de devenir à nouveau désirable, l’habitat de centre-bourg doit également développer une offre de logements qui réponde davantage aux attentes actuelles des habitants. Il s’agit de logements plus grands ou parfois plus petits, des espaces extérieurs, de la luminosité, une meilleure isolation, un stationnement facilité, des coûts de rénovation abordables etc.

« On réhabilite actuellement deux maisons anciennes qui auront des espaces extérieurs, plus de lumière et qui seront adapté aux personnes à mobilité réduite etc. » Catherine Moulin

« Nous avions de nombreux logements en T1 et T2 et nous avons encouragé la réhabilitation en T3 – T4. Les investisseurs privés ont tous joué le jeu. » Bruno Marty

 

3. Poser un diagnostic et une stratégie

Un diagnostic et une réflexion stratégique initiale sont nécessaires pour engager un projet sur l’habitat.

« On a impulsé une réflexion avec un groupe travail, d’abord informel, avec des élus, des habitants et des associations qui nous a amené à la création d’un éco quartier. » Catherine Moulin

« L’équipe municipale a lancé une étude qui a duré deux ans et qui a été rendue publique. Celle-ci a constitué le point départ d’un travail collectif. » Bruno Marty

 

4. Une feuille de route lisible outillée et animée

Cette réflexion doit mener à la constitution d’une feuille de route lisible, outillée et animée avec l’appui de l’ingénierie appropriée. La multitude d’outils d’invention doit mêler un caractère incitatif (Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat – OPAH) et coercitif (Opération de Restauration Immobilière – ORI), permis de louer, état d’abandon manifeste etc.

« On avait des dispositifs incitatifs comme l’Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat – Renouvellement Urbain (OPAH-RU) mais aussi du coercitif avec notamment une cellule contre le logement insalubre dès 2012 et la mise en place du permis de louer. Ce dernier a rassuré les investisseurs qu’ils n’allaient pas être concurrencés par des marchands de sommeil. » Bruno Marty

« Notre groupe de réflexion a monté la société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), l’Arban. Celle-ci est composée de professionnels, d’habitants et de collectivités publiques. C’est une agence d’urbanisme rurale et un opérateur de logements. Un véritable outil opérationnel. » Catherine Moulin

 

5. Le maire comme ambassadeur de projet

Le maire est appelé à jouer le rôle d’ambassadeur du projet et à rassembler les acteurs institutionnels et privés afin d’impulser une dynamique.  

« Il faut que le maire soit proactif. Pour que le projet aboutisse, il faut aller chercher les partenaires institutionnels et convaincre les partenaires privés comme les banques, les agences immobilières, les propriétaires, les notaires ou les artisans. » Bruno Marty

« Le maire doit être locomotive et partie prenante. Cela demande du temps et impose d’aller discuter avec les gens. Nous avons aussi travaillé avec la Direction Départementale du Territoire (DDT), avec notre communauté de communes, le parc naturel régional, le Conseil d’Architecture d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE) de la Creuse, le département, la région etc. » Catherine Moulin

 

6. L’articulation commune / EPCI

La nécessaire articulation à l’échelle communale et intercommunale constitue aussi un défi important pour les territoires.

« Le projet de la ville centre ne peut pas se réaliser sans la communauté de communes. Tous les programmes et dispositifs comme Petites villes de demain ou l’Opération de Revitalisation du Territoire (ORT) doivent être cosignés. Par exemple, la communauté de communes a installé son siège et une médiathèque dans l’ultra centre. » Bruno Marty

« Notre intercommunalité a des problèmes financiers ce qui rend son intervention difficile auprès de notre commune. Néanmoins, elle nous apporte un appui sur des contrats de ruralité qui nous permet de faire financer des projets. » Catherine Moulin

« Le jeu de répartition des compétences entre l’intercommunalité et l’échelle communale est compliquée et se résout souvent par le projet. » Flavien Bezy 

 

7. La participation des habitants

La participation des habitants est importante mais aussi complexe à mettre en œuvre.

« Dès le départ on a associé les habitants et on a continué par le biais d’ateliers d’écriture architecturale et paysagère. On a aussi fait des points d’étape sous forme de réunions publiques pour rendre le projet accessible à tout le monde. » Catherine Moulin

« Lors du dernier projet en date, on est allé faire du “porte à porte”. Je le fais personnellement car sinon ce sont toujours les mêmes personnes qui s’expriment. » Bruno Marty

 

8. C’est possible !

Une variété d’exemples (communes petites ou grandes, profils de territoire différents etc.) montre qu’il est possible de redonner envie d’habiter en centre-bourg

 « En trois ans, on a sorti plus de 50 logements de la vacance et réhabilité plus de 90 logements sur le centre ancien. » Bruno Marty

« Aujourd’hui nous avons construit sept maisons et bientôt deux autres sur notre éco quartier. » Catherine Moulin

« C’est possible, il n’y a pas de fatalité !» Flavien Bezy

 

9. De nombreux dispositifs

Des acteurs publics mobilisés et de nombreux dispositifs qu’il s’agit de coordonner.

« Les lauréats du programme Petites villes de demain ont été annoncés avec 153 territoires et 197 collectivités en Nouvelle-Aquitaine. Le Cerema, la région et la Banque des territoires notamment font partie des partenaires de ce dispositif. » Marion Lacaze, chargée de mission SGAR

« La Banque des territoires va accompagner la politique de la région et le programme Petites Villes de Demain qui se croisent. » Emmanuel Lacroix, directeur territorial Banque des territoires Nouvelle-Aquitaine

« La région vient en complément de l’ensemble des dispositifs existants et accompagne la revitalisation des centres-bourgs avec sa politique dédiée.» Martine Pinville, élue régionale Nouvelle-Aquitaine

 

10 . Travailler sur du long terme

S’attaquer à l’habitat implique de travailler sur le long terme et de garder les acteurs mobilisés sur la durée.

« C’est du temps long ! Le temps de l’aménagement diffère du temps de l’immobilier. Cela doit être géré vis-à-vis des habitants. » Flavien Bezy

 

 

Vous voulez en savoir plus ? Contactez-nous !

Nicolas MANN, chargé de mission
Tél : +33 (0)6 52 92 09 49
E-mail : nicolas.mann@pqn-a.fr

Coline BABAUDOU, chargée de mission
Tél : +33 (0)6 73 63 17 12
E-mail : coline.babaudou@pqn-a.fr

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