« Fais pousser ton emploi » ou comment allier agriculture et insertion professionnelle dans les quartiers

 

Le projet « Fais pousser ton emploi », à Lorient, consiste à créer une micro-ferme en maraîchage bio en chantier d’insertion. Elle est destinée à être transmise à ses salariés en insertion.

 

 

Des personnes éloignées de l’emploi et des espaces verts peu valorisés

L’association Optim’ISM gère les espaces verts du quartier du Bois du Château à l’entrée de la ville de Lorient (56). Elle constate à regret que ces espaces sont peu valorisés et mal intégrés au quartier. De nombreuses personnes sur le quartier sont par ailleurs éloignées de l’emploi. L’accès à une alimentation saine, locale et abordable pose également question. 

Ainsi, en 2016, l’association propose à la ville de Lorient d’accompagner des personnes éloignées de l’emploi à la création d’une micro ferme en maraîchage bio sur un terrain d’un hectare du quartier.

Afin de faciliter la création d’activité par les habitants du quartier, l’association identifie alors trois principaux freins à lever : 

  • le manque de ressources financières et la faible capacité à emprunter
  • l’absence de réseau 
  • le manque de confiance en soi

 

Deux salariés en insertion travaillent le sol

Deux salariés en insertion travaillent le sol

 

Une ferme en chantier d’insertion destinée à être transmise aux salariés

Le projet expérimental baptisé « Fais pousser ton emploi » propose de relever ce défi. Celui-ci consiste : 

  • dans un premier temps, à monter l’activité en chantier d’insertion et à financer l’ensemble des coûts initiaux 
  • dans un second temps, à revendre la ferme aux salariés lorsqu’elle aura atteint son seuil de rentabilité

 

Optim’ISM répond ainsi à la difficulté de financement des créateurs. Ils pourront ainsi plus aisément solliciter un emprunt bancaire en s’appuyant sur le bilan d’activité des deux premières années.

Dès le départ, les responsables des exploitations sont des salariés. Ils sont également mis en réseau avec les principaux partenaires pendant cette période initiale. 

Enfin, ils sont formés aussi bien aux aspects techniques, de gestion qu’en matière de relations humaines. Ils bénéficient ainsi de l’accompagnement du chantier d’insertion. Cela contribue à leur redonner confiance en eux. 

 

L’enjeu à moyen terme est de construire un projet intégré dans le quartier, utile aux habitants et un exemple de réussite pour les jeunes. La ferme commercialise pour cela des paniers de produits à des prix accessibles pour les habitants du quartier. 

 

Enfin, Optim’ISM mène des activités de sensibilisation aux enjeux liés à l’alimentation saine en direction des habitants du quartier.

 

Chacun y trouve son compte : personnes en difficulté d’insertion, familles et enfants

Les salariés en insertion sont des habitants de Lorient agglomération, éloignés de l’emploi. Les produits de la ferme sont quant à eux destinés aux habitants du quartier du Bois du Château. Celui-ci figure parmi les plus défavorisés de Bretagne avec un revenu médian de 7 500€. Les enfants, enfin bénéficient d’ateliers de découverte autour de l’agriculture et de l’alimentation.

 

 

Optim’ISM, Un acteur important de l’insertion sur le territoire

L’association Optim’ISM porte le projet, qui mène depuis 1999, différentes activités dans le domaine de la création d’emploi et de l’insertion. L’association gère notamment deux fermes en chantier d’insertion, une entreprise d’insertion de gestion d’espaces verts ou encore un chantier d’insertion actif dans la conception et l’entretien de mobilier urbain en bois. En 2020, elle compte 120 salariés dont une grande majorité en CDDI. L’association travaille par ailleurs avec plusieurs acteurs associatifs, les services publics pour l’emploi et les habitants du quartier.

 

 

Sécuriser le capital de départ et offrir une formation de qualité

Le modèle économique du projet « Fais pousser ton emploi », prévoit de tirer, à terme, deux SMIC à temps plein de cette micro-ferme. 

 

L’association a pour cela renforcé son équipe interne. Elle a en effet recruté un responsable agricole, fort de dix ans d’exploitation d’une petite surface en maraîchage bio. Il a pour rôle de concevoir le calendrier cultural et de proposer un accompagnement technique adapté. 

 

Le Groupement des agriculteurs bio local (GAB) est en charge de la formation agricole des salariés en insertion. Optim’ISM complète son offre de formation en travaillant avec des organismes de formation pour offrir des cours de remise à niveau. Enfin, l’association travaille de concert avec l’ensemble des partenaires institutionnels actifs sur les questions de l’emploi : pôle emploi, mission locale, cap emploi, le département, espace rural…

 

L’investissement de base est estimé à 100 000€ pour l’achat du matériel dont un motoculteur. La majeure partie du matériel amorti est destinée à être revendu à hauteur de 70 000€ aux salariés en insertion au bout de deux ans. Si les fonds mobilisés proviennent de fondations privées ou de réponses à des appels à projet, l’association n’exclut pas d’emprunter également auprès de partenaires financiers ou de mobiliser ses fonds propres. Cet investissement initial a vocation à constituer une mise de départ. Il continuera à être réinvesti pour les futures fermes.

 

Par ailleurs, Optim’ISM sollicite des aides européennes, départementales ou régionales pour accompagner la structure en chantier d’insertion sur les deux premières années.

 

 

Insertion professionnelle, alimentation et territoire

L’originalité du projet consiste à mettre l’insertion professionnelle au service d’une alimentation saine et durable pour les habitants du quartier. Les actions de sensibilisation aux questions alimentaire et environnementale permettent de s’ancrer plus fortement dans le quartier.

Cette dimension intégrée semble possible grâce à la participation des habitants ainsi que des nombreux partenaires techniques et institutionnels.

 

 

Des salariés en insertion bientôt chef d’entreprise ?

L’exploitation a commencé progressivement en 2019 avec cinq salariés en insertion. La commercialisation des premiers légumes est attendue pour juin 2020. L’objectif du projet expérimental est de transmettre la ferme à deux de ses salariés d’ici 2022.  

 

L’initiative a permis de fédérer des acteurs variés ainsi que les habitants du quartier. « Fais pousser ton emploi » suscite déjà l’intérêt d’autres collectivités et des acteurs du développement territorial. L’ambition est à terme d’essaimer !

 

 

Points de vigilance : diversifier les financements et anticiper les difficultés liées au foncier

Le manque de visibilité sur la pérennité des aides apportées par l’Etat aux chantiers d’insertion et les dispositions parfois frileuses de la DIRECCTE à soutenir de nouvelles formes d’accompagnement, constituent un risque pour le développement du projet sous cette forme. L’association envisage ainsi des modèles alternatifs et d’autres sources de financements. La mobilisation des ATE (Actions Territoriales Expérimentales) de la Région financées sur de la formation peuvent ainsi être une solution. 

 

Les temps politiques et administratifs représentent une autre difficulté pour accéder au foncier. Cela est particulièrement le cas sur ce quartier qui fait l’objet d’une opération de rénovation urbaine. Néanmoins, les petites unités d’exploitation ne passent pas nécessairement par la Safer. Ce créneau représente une opportunité pour l’association. Elle peut travailler en direct avec les collectivités pour solliciter un bail agricole et éventuellement une aide à l’aménagement du terrain.

 

 

Vous souhaitez en savoir plus ?

 

Contact O ptim’ISM
Max Schaffer – Directeur
Tel : 0781226565
Email : max.schaffer@optim-ism.fr

 

Contact PQN-A
E-mail : contact@pqn-a.fr

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