Grand Poitiers Communauté Urbaine mobilise toutes ses forces vives au service d’un projet alimentaire de territoire qui accompagne la dynamique urbain-rural

En 2019, Grand Poitiers Communauté Urbaine (CU) décide de lancer son Projet Alimentaire de Territoire (PAT). Ce dernier est néanmoins apparu depuis 2014 comme un sujet de mobilisation pour la société civile. La collectivité entend favoriser la dynamique rural-urbain de son territoire, en s’appuyant sur une démarche participative ambitieuse. Elus, habitants et opérateurs économiques sont mobilisés à cet effet jusqu’à fin 2020.

 

Grand Poitiers Communauté urbaine, une longue maturation vers un territoire d’équilibre

 

Logo Grand Poitiers Communauté urbaine 2020

Au cœur de la région Nouvelle-Aquitaine, dans le département de la Vienne (86), Grand Poitiers Communauté urbaine (CU) résulte de la fusion de cinq EPCI (Établissements Publics de Coopération Intercommunale) au 1er janvier 2017 : 

  • la communauté d’Agglomération Grand Poitiers,
  • les communauté de communes de Vienne et Moulière,  du Val Vert du Clain, du Pays Mélusin,
  • et une partie du Pays Chauvinois. 

 

Grand Poitiers CU compte 40 communes depuis les fusions des communes de Jaunay-Clan et Marigny-Brizay (Jaunay-Marigny), ainsi que de Beaumont et Saint-Cyr (Beaumont-Saint-Cyr). Elle est membre du Syndicat Mixte pour l’Aménagement du Seuil du Poitou (SMASP), structure porteuse du Schéma de Cohérence Territorial (SCoT) du Seuil du Poitou.

Ville de Poitiers - urbain Gd Poitiers

Les communes de Grand Poitiers considérées comme urbaines sont les 8 communes qui appartiennent à l’unité urbaine de Poitiers. Les 32 autres communes de Grand Poitiers sont considérées comme rurales. 

 

 

 

 

 

La question alimentaire comme enjeu fort du projet de territoire de la CU Grand Poitiers

 

La pratique participative, creuset de réflexion sur l’alimentation

Dans les années 2000, les conseils de développement avaient vocation à ouvrir des espaces de débat et de prospective sur les territoires.  

Dans la Vienne, les conseils de développement ont été particulièrement actifs et moteurs d’une concertation large avec la société civile.  La préoccupation alimentaire et le développement des circuits courts ont été fortement exprimé par un grand nombre de participants : habitants, associations, responsables socio-économiques. Autrement dit “les forces vives” du territoire.

Ainsi, de 2012 à 2014, les conseils de développement des différentes collectivités de la Vienne ont engagé une large consultation et mobilisation pour : 

  • établir un état de lieux commun, 
  • identifier les pistes d’actions possibles
  •  et définir les conditions de la mise en oeuvre d’une politique alimentaire locale coordonnée.

 

 

La ressource en eau, un sujet de préoccupation pour l’ensemble du bassin de consommation 

Grand Poitiers se caractérise par un environnement naturel riche mais fragile, qui doit donc être protégé et

valorisé : cours d’eau (Vienne, Vonne, Clain, Boivre…), corridors écologiques (vallées…), massifs boisés majeurs

(Moulière, Lusignan…), etc. Les vulnérabilités écologiques et humaines sont étroitement liées aux usages (eau,

énergie, déplacements…).

Signé en novembre 2018, le contrat territorial du bassin d’alimentation du captage de Fleury concerne 60% de l’approvisionnement en eau potable de Grand Poitiers. Dans le cadre ce contrat, il est prévu de constituer un groupe de travail avec des agriculteurs de l’ensemble des Aires d’Alimentation de Captage (AAC). Il s’agit de réfléchir à la mise en place de filières alimentaires locales préservant la qualité de la ressource en eau.

 

 

Vers un nécessaire lien entre ville et campagne

Au 1er janvier 2017, l’élargissement de la communauté d’agglomération (13 communes)  à la communauté urbaine (40 communes) constitue un territoire qui mêle étroitement l’urbain et le rural. C’est un territoire d’avenir ! Les deux sont imbriqués au sein d’une seule agglomération, d’un seul écosystème. La campagne est facilement accessible depuis les centres urbains. Elle offre des paysages et un environnement de qualité, des commerces de proximité, de l’artisanat et une filière économique porteuse – l’agriculture –, qui doivent être préservés. La réciprocité des liens entre la ville et la campagne, qui passent par les échanges alimentaires, économiques, commerciaux, touristiques, fait de l’alliance rural-urbain l’un des principaux atouts du territoire.

L’évolution récente de l’organisation territoriale a ainsi conduit les décideurs à créer des liens, du dialogue et promouvoir une dynamique urbain – rural équilibrée.

 

Champ cultivé - activité agricole Gd Poitiers

 

Produire, transformer, distribuer, manger : une grande diversité de parties prenantes 

 

Le projet alimentaire territorial (PAT) s’inscrit dans le cadre plus global du projet de territoire du Grand Poitiers CU. Il a ainsi vocation à constituer à terme le volet d’une stratégie déclinée en plusieurs axes majeurs :

  • le maintien et la création d’activités économiques, 
  • la transition écologique et énergétique,
  • l’offre de services de proximité et l’amélioration de la mobilité,
  • le développement de la culture, du patrimoine et le tourisme,

 

Le PAT concerne ainsi une multitude d’acteurs, forces vives du territoire, à divers titres :

  • les acteurs économiques, au premier rang desquels les agriculteurs, mais aussi tous les maillons d’une filière agricole et alimentaires essentiels (transformateurs, distributeurs),
  • les consommateurs, urbains comme ruraux, dans toute leur diversité (habitants, usagers de la restauration hors domicile, personnes précaires…)
  • les commerçants, artisans (métiers de bouche) et les restaurateurs)
  • les associations qui concourent à la préservation de la biodiversité, à la préservation des ressources…
  • les collectivités et leurs groupements…
  • les établissements d’enseignement de formation et de recherche…

 

La  relocalisation de l’agriculture, moteur de développement pour Grand Poitiers CU

 

En 2018, les collectivités du Grand Poitiers communauté urbaine et les communautés de commune des Vallées du Clain et du Haut Poitou se sont engagées dans un projet fédérateur : l’élaboration d’un projet alimentaire territorial, à partir du 1er janvier 2019. C’est alors devenu une réelle opportunité d’élargir le périmètre du PAT, de créer des coopérations entre EPCI sur le thème de l’alimentation et de multiplier les échanges entre les acteurs.

Adopté en mai 2018, le projet de territoire prévoyait plusieurs pistes de travail, incluant le soutien à la production alimentaire locale. 

Celui-ci repose globalement sur :

  • le développement de l’agriculture de proximité et les circuits courts ;
  • la valorisation et la diversification de la production locale en lien avec la demande de proximité (alimentation, régulation thermique, cadre de vie) et les enjeux touristiques (agritourisme, oenotourisme, gastronomie) ;
  • l’accompagnement du changement de modèle agricole vers l’agriculture raisonnée et biologique.

 

 

La mobilisation des forces vives, inscrite dans les gènes du territoire

 

L’intelligence collective au service du bien commun agricole et alimentaire

En 2014, l’animation des conseils de développement a produit un important brassage de constats et de propositions. Les services de Grand Poitiers CU comptent bien profiter de cette dynamique participative, voire l’amplifier pour aboutir à un projet alimentaire de territoire partagé.

Ainsi, ils ont proposé une gouvernance appropriée pour cultiver cet esprit participatif à plusieurs niveaux.

 

La mobilisation des élus

Elle est assurée grâce à plusieurs  instances :

Le Comité de Pilotage

C’ est un acteur clé de la démarche. Ses membres sont des élus du conseil communautaire impliqués dans la maîtrise d’ouvrage du PAT. Ce groupe de travail est présidé par le Président de la communauté urbaine, ou le vice-Président en charge du développement rural. C’est donc à la fois une instance décisionnelle et un relais de la volonté politique. Réuni 4 à 5 fois par an, il doit impulser la dynamique à l’ensemble des acteurs et assurer, tout au long du projet, les choix stratégiques.

 

Un atelier participatif et créatif

C’est un temps particulier clairement dédié aux décideurs et élus. Il leur permet de s’approprier la démarche et de l’enrichir.  Oganisé au lancement de la démarche (automne 2019), il garantit notamment la plus forte mobilisation des élus des 40 communes concernées, et des communautés de communes Vallée du Clain et du Haut Poitou, signataire d’un contrat d’attractivité.

 

Un impressionnant dispositif de concertation des forces vives du territoire

 

Une série de 5 ateliers pour l’élaboration du diagnostic partagé

Ils associent un large panorama d’acteurs concernés, dès le début de la démarche (fin 2019 -début 2020). 

Parmi les principaux acteurs mobilisés, citons :

  • les acteurs publics et partenaires financiers, l’État, la Région, le Département et les collectivités territoriales concernées,
  • de nombreux opérateurs économiques : agriculteurs et producteurs locaux, des artisans, des restaurateurs, des entreprises agroalimentaires, des Grandes et Moyennes Surfaces (GMS), des transporteurs,
  • plusieurs organismes et experts thématiques  : les chambres consulaires (au premier rang desquelles la Chambre d’Agriculture de la Vienne), la SAFER, Terres en Villes,
  • des organismes de recherche et d’innovation (INRAE…), des universitaires (projet FRUGAL). 

Le chef de projet PAT du Grand Poitiers CU et ses services ont inventorié toutes les forces vives du territoire susceptibles d’être associées à la démarche participative. Ainsi un panel de 800 acteurs est déjà constitué pour favoriser le brassage des points de vue sur les thématiques clés du PAT. 

 

Un séminaire prospectif et stratégique “Du souhaitable au possible”

Initialement prévu à la mi parcours de l’élaboration du PAT (été 2020), il doit permettre d’informer et de sensibiliser les nouveaux élus et tous les partenaires cités plus haut. Il concourt aussi à conclure l’étape d’élaboration du diagnostic partagé.

 

Des ateliers de co-construction du programme d’actions

Ce temps constitue la phase la plus opérationnelle du projet alimentaire de territoire. Il sera donc nourri par les contributions d’acteurs les plus divers :

  • porteurs de projets, opérateurs économiques, filières, acteurs associatifs,
  • élus et services des collectivités,
  • enseignants et chercheurs,

En conclusion de ce dispositif participatif, la CU proposera une enquête sur les pratiques de consommation alimentaires des habitants.

 

La nécessaire synergie des services de la CU Grand Poitiers

Les principes moteur de ce projet alimentaire de territoire nécessitent d’adopter une approche transversale. En effet, les thématiques pressenties sont multiples et s’entrecroisent :

  • le développement économique,
  • la planification urbaine,
  • l’éducation et la santé des produits,
  • la cohésion sociale et la réduction des inégalités,
  • l’environnement et la préservation des ressources,
  • le numérique et la communication,

Cette nécessité d’une approche transversale a donc conduit à instaurer un comité technique permettant de garantir le dialogue, l’information, les liens entre les différents services et leurs actions.

Ce comité technique associe régulièrement pas moins de 15 services de Grand Poitiers CU ! C’est un fait suffisamment rare pour être souligné comme une quasi exception dans le fonctionnement transversal d’une collectivité en Nouvelle-Aquitaine !

Les rencontres de ce comité vont ainsi rythmer régulièrement les différents temps de la démarche. Elles permettent notamment de préparer les débats et les décisions du comité de pilotage.

 

Le recours à un prestataire extérieur

L’élaboration de ce PAT implique une multiplicité d’acteurs, un partenariat renforcé et des phases de validation itératives succédant à des temps de créativité intense.

Les élus impliqués à l’origine de Grand Poitiers CU ont ainsi opté pour externaliser une partie des travaux dévolus aux services techniques.  Ainsi, après consultation, une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage a été confiée à un groupement mandataire constitué d’un consultant privé et de la chambre d’agriculture de la Vienne.

Le recours à cette expertise externe permettra ainsi d’assister les services du Grand Poitiers et plus particulièrement le chef de projet PAT sur des tâches très diversifiées :

  • animation de la démarche globale d’élaboration du PAT
  • organisation des temps participatifs 
  • animation des instances de suivi  (comité de pilotage, comité technique)
  • élaboration des livrables des différentes étapes (rapport de diagnostic, synthèse du diagnostic,plannings et tableaux de bord…)
  •  appui à l’enrichissement du plan d’actions (benchmark)

 

Réflexion stratégique transversale et projets opérationnels, les points forts de la démarche de la CU Grand Poitiers

 

Une conduite de projet territorial transversale

L’élaboration du PAT du Grand Poitiers CU a d’abord été conçue en adoptant quatre approches transversales : 

  1. le développement économique et l’emploi agricoles
  2. la qualité alimentaire
  3. la dimension environnementale
  4. une approche systémique de l’alimentation

 

Le PAT se déploiera selon 4  axes transversaux :

  1. La préservation du foncier et des activités agricoles
  2. la restauration collective comme levier prioritaire d’actions qualitative via la commande publique
  3. L’aide à la structuration de filières et l’accompagnement au changement de pratiques
  4. La cohésion et la solidarité

 

La conduite de projet, c’est parfois gérer des injonctions paradoxales…

Ces dimensions croisées attestent d’une réflexion stratégique transversale. Celle-ci concerne ainsi tous les domaines d’activité et se préoccupe de faire du lien entre eux. Par exemple,  la préservation du foncier peut répondre à la fois à l’objectif de création d’emploi et de développement économique, mais aussi à la dimension environnementale, en adoptant des pratiques agricoles vertueuses.

 Le projet alimentaire de territoire prend une forte dimension fédératrice. Il donne en effet l’occasion à des acteurs très divers de collaborer ensemble.

Néanmoins, les élus et les services du Grand Poitiers sont aussi conscients de la nécessité d’apporter des preuves tangibles de la plus-value de la démarche sur le terrain. 

En effet,” la stratégie alimentaire de territoire” est souvent perçue comme une démarche conceptuelle, elle a besoin de s’incarner rapidement dans des actions concrètes et démonstratives.

Dans cette perspective, plusieurs outils financiers permettront d’accompagner des projets émergents ou déjà engagés. 

 

A titre d’exemple, on peut citer :

  • une politique d’acquisition foncière autour de captages d’eau, 
  • un partenariat avec la SAFER pour l’acquisition foncière et la mise à disposition de terres. L’objectif est d’expérimenter des formes d’agriculture économes en intrant et en eau…
  • des projets d’atelier de transformation de produits agricoles et alimentaires produits laitiers, carnés, apicoles…),
  • l’accompagnement à la faisabilité de magasins de producteurs,
  • des manifestations thématiques (La ferme s’invente, Le goût du local, Classe Affaires…)
  • un réseau d’épiceries sociales et solidaires, unique en Nouvelle-Aquitaine,

 

La cerise sur le gâteau…

Par ailleurs, le Grand Poitiers  entend mettre à profit la présence d’un campus universitaire et de sites de recherche (INRAE, CNRS) sur son territoire. L’objectif est de vivifier les initiatives en matière d’innovation et inventer l’agriculture durable et l’agro-écologie de demain

Enfin, la communauté urbaine s’est engagée, auprès de Terres en Ville, dans le projet FRUGAL (FoRmes Urbaines et Gouvernance Alimentaire). Cette recherche-action réunit chercheurs, acteurs locaux et collectivités territoriales autour des recherches engagées sur quatre domaines. Il s’agit des flux alimentaires métropolitains, des acteurs et des modalités de la gouvernance alimentaire, des formes urbaines pour une alimentation durable et des systèmes alimentaires territoriaux. Cette recherche-action associe des universitaires de Bordeaux, Nantes et Poitiers.

Mai 2020

Xavier Steffan

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