La Milpa Charentaise : structurer une filière alimentaire bio et locale en favorisant l’insertion des personnes éloignées de l’emploi

La Milpa pour l'insertion en maraîchage et la transformation

 

Devant les constats d’absence d’outils de transformation, de difficultés concernant la logistique et d’offre insuffisante pour alimenter la restauration collective, 4 structures d’insertion par l’activité économique sont engagées sur leur territoire. Elle s’unissent sous le nom de “La Milpa Charentaise”. Leur objectif : s’appuyer sur leurs compétences et les Ateliers Chantiers d’Insertion (ACI) existants afin de développer une véritable filière locale. Ça se passe en Charente.

 

 

Des besoins non satisfaits sur le territoire

Les constats sur lesquels se base l’action sont tirés de multiples études réalisées au fil des ans par des structures locales. Ces études relèvent les éléments suivants :

 

  • Le manque d’outils de transformation repéré lors d’une étude sur l’intégration des fruits et légumes locaux dans la restauration collective réalisée l’agglomération d’Angoulême et l’ancien territoire du Pays Horte et Tardoire.

 

 

  • La difficulté de trouver l’offre suffisante sur le territoire. Les boutiques bio en particulier expriment leurs difficultés à s’approvisionner en produits bio et locaux en quantité suffisante. Ce constat est le même côté consommateurs.

 

 

  • Le besoin d’une réelle structuration de la logistique à petite échelle. On observe des problèmes liés à la livraison côté agriculteurs. Cela pour des raisons diverses: éloignement, rapport quantité vendues / coût du trajet / temps de trajet…

 

 

Une coopération entre 4 opérateurs locaux pour structurer une filière bio et locale

Jusqu’en 2020, ces collaborations étaient ponctuelles et non organisées: fournitures de plants d’un chantier à un autre, outils numériques partagés, banque de travail, harmonisation tarifaire, groupement d’achats, échanges de pratiques, etc.
C’est donc la mise en commun de leurs productions et compétences qui amène ces 4 ACI à construire un véritable projet partenarial.

L’action de la Milpa Charentaise vise alors à structurer et développer la filière avec l’ensemble des acteurs du territoire.

 

 

Des opérateurs tous porteur d’ateliers chantiers d’insertion

La démarche est aujourd’hui organisée autour de 4 acteurs qui ont tous en commun l’existence d’un atelier d’insertion par le maraîchage bio. On retrouve:

  • Le Carrefour pour l’insertion et le développement d’initiatives locales (CIDIL)
    Il est chef de file du projet. Basé près de La Rochefoucauld, il dispose déjà d’un atelier de transformation où sont confectionnées confitures, soupes, ratatouilles, etc. Un service traiteur est en développement.
  • La régie de quartier d’Angoulême, l’Association de Régie Urbaine (ARU) L’ARU porte plusieurs chantiers d’insertion: espaces verts, bâtiment, recyclerie et maraîchage.
  • Le centre socio culturel du Barbezilien, situé sur Barbezieux, il porte en plus de ses activités de centre socio culturel un chantier d’insertion en maraîchage.
  • Maia & Charente, une association de la Croix rouge française.
    Comme ses partenaires, l’association anime plusieurs chantiers d’insertion. Située à proximité d’Angoulême sur la commune de La Couronne, elle possède un important service logistique interne à la Croix rouge et le développe pour ce projet de coopération et le territoire.

 

Une collaboration entre 4 ACI

 

Un réel projet de filière locale pour la restauration collective

Les 4 structures se sont donc appuyées sur les études existantes pour lancer le projet et penser directement l’opérationnel. En tant que structures de l’IAE, l’enjeu de viabilité économique du projet est d’une importance capitale. Le travail en amont est ainsi très technique. Il a pour objectif de mettre en adéquation l’offre de coopération avec les besoins de la restauration collective.

Les premiers travaux portent sur plusieurs axes opérationnels:

  • l’identification précise des besoins des cuisines collectives pour les intégrer dans les plans de culture. Ce travail va ainsi permettre de regrouper l’offre des 4 structures pour répondre conjointement à ces besoins.
  • Le développement d’un matériel adapté pour pouvoir répondre aux demandes en produits pré-transformés voire transformés. Se pose ici la question de locaux adaptés vis à vis du matériel mais aussi des accès au réseau routier.
  • La mise en place d’une réelle coordination logistique entre les 4 structures afin de satisfaire producteurs, associations et acheteurs en assurant toutes les tâches. Aujourd’hui la multiplication des petites commandes épuise les acteurs. Depuis janvier 2020, une personne travaille à l’organisation de la coopération entre les 4 structures. En s’appuyant d’abord sur leurs acquis et compétences existantes, ils se structurent en interne puis mettent en place des objectifs de développement. L’objectif est d’atteindre une réelle complémentarité des actions.

 

Un projet où chacun apporte ses compétences

Le CIDIL, chef de file, possède aujourd’hui du matériel sur son atelier de transformation. L’objectif est de partir de cette activité afin de la redimensionner. Un passage d’atelier chantier d’insertion à entreprise d’insertion est envisagé à terme. Cela permettrait une meilleure viabilité économique de la structure.
Ainsi un déménagement dans de nouveaux locaux mieux desservis est envisagé. Le bâtiment serait mis à disposition par la Communauté de communes des Portes du Périgord et les terrains attenants appartiennent à Terre de Liens.

L’association Maia et Charente apporte son savoir-faire concernant la logistique car tout le système existant est à l’usage exclusif de la Croix-Rouge. Elle contribuera, comme ses trois autres partenaires à l’approvisionnement et au fonctionnement de la filière via les ateliers d’insertion: maraîchage, transformation et logistique.

 

La production des ACI

 

 

Des perspectives de développement encourageantes pour la Milpa Charentaise

 

Des activités en plein essor et pourvoyeuses d’emplois locaux

Les activités des 4 ACI pourvoient au total en 2020 70 postes en maraîchage, soit une soixantaine d’équivalents temps pleins. Les postes en insertion portent sur les activités suivantes : maraîchage, récolte, entretien, nettoyage, plantation de semis, pesée, participation à des marchés. A noter que le côté commercial est très gratifiant pour les bénéficiaires qui apprécient tout particulièrement le contact avec le consommateur.

Les perspectives de développement sont réelles et offrent des opportunités d’insertion croissantes pour les publics éloignés de l’emploi. La demande des consommateurs ancre de plus en plus cette activité dans le territoire.

 

Un modèle économique à trouver

Néanmoins, le modèle économique d’un tel projet reste fragile. La structuration de cette coopération nécessite une phase de maturation et d’étude.
Sur le plan financier, l’État subventionne les activités en ACI pour couvrir le coût de l’accompagnement social des personnes en insertion. La productivité et le professionnalisme de ces dernières étant moindre comparé à un professionnel du milieu. Ces aides octroyées par l‘État ne créent pas de distorsion de concurrence dans la mesure où la productivité et le professionnalisme des personnes en insertion sont inférieurs à un professionnel du milieu.

Le projet de coopération est cofinancé par la Région Nouvelle-Aquitaine au titre de l’appel à projet Circuits alimentaires locaux et projets alimentaires de territoire.

 

Un projet en pleine cohérence avec les politiques publiques

A toutes les échelles (nationales, régionales, départementales), la Milpa Charentaise constate une convergence des intentions pour une meilleure structuration de la filière alimentaire bio et locale. On observe plus particulièrement la mise en place de Projets alimentaires territoriaux (PAT) comme celui du Grand Angoulême ou du Grand Cognac. S’ajoute à cela la volonté de la Communauté de Communes de La Rochefoucauld Porte du Périgord de développer des circuits courts.

 

 

Au final, tout le monde est gagnant !

Ce projet est au service de plusieurs types de bénéficiaires:

  • Les consommateurs du territoire, par l’intermédiaire de la restauration collective, de distributeurs (magasins bio et épiceries spécialisées) ou en vente directe.
  • Les agriculteurs locaux. La coopération sera, dans un premier temps, structurée entre les 4 partenaires actuels. Néanmoins l’objectif est de faire bénéficier tous les producteurs de la structuration de la filière dans le  territoire.
  • Les personnes en insertion. Les 4 partenaires actuels emploient des personnes en insertion. Les perspectives de développement vont ainsi permettre de maintenir ces postes en insertion et potentiellement de diversifier les métiers.
  • Des entreprises ayant des difficultés à recruter. Le développement d’activités logistiques ou de traiteur permet de former des personnes à des métiers pour des secteurs en tension.

 

 

Vous souhaitez en savoir plus ?

Contact Milpa Charentaise
Aurélie TACQUARD, Chargée de mission
Coopération des Chantiers d’insertion en Maraîchage Biologique
a.tacquard@cidil-asso.fr
05 45 70 28 89 / 06 47 91 68 64

 

Contact PQN-A

Christophe ROCHARD Chargé de mission Emploi – Insertion
Tél : +33 (0)6 31 21 77 44
E-mail : christophe.rochard@pqn-a.fr

Zoé PUJOL, Chargée de mission Démarches alimentaires territoriales
Tél : +33 (0)6 31 21 56 09
E-mail : zoe.pujol@pqn-a.fr

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