Plaxtil : la start-up qui utilise l’économie circulaire et l’écologie en tant que vecteurs d’emploi

Depuis 2019, la start-up Plaxtil collabore avec la structure d’insertion Audacie à Châtellerault. Elles agissent au profit de l’économie circulaire et de l’accès à l’emploi des personnes en difficulté via des activités de collecte et de tri de textile. Depuis la création d’Essaimons en 2021, les salariés en insertion peuvent développer de nouvelles compétences en réalisant les opérations de recyclage.

 

La rencontre entre industriel et entreprise d’insertion

 

En 2017, la Structure d’Insertion par l’Activité Economique (SIAE) Audacie constate que 50% des vêtements de seconde main collectés sont invendus et jetés. La rencontre avec deux industriels, CDA Développement (plasturgie) et Futuramat (matières bio-sourcées) provoque l’envie de valoriser ces déchets.

La startup Plaxtil, créée en 2019 à Châtellerault dans la Vienne, est la première à réussir la transformation de ces fibres textiles en plastique. Elle se développe rapidement grâce au recyclage de masques jetables et en tissu. Forte de sa coopération avec Audacie, l’entreprise favorise l’insertion professionnelle des publics éloignés de l’emploi tout au long de son développement.

 

Créer des passerelles entre insertion et industrie

 

Le projet de Plaxtil vise avant tout à orienter l’industrie textile et plastique vers une vision circulaire, écologique et solidaire. En cela, pour développer son activité, l’entreprise s’engage fortement dans l’économie sociale et solidaire (ESS) en embauchant des personnes en insertion.

 

“Dès le départ, l’esprit partagé est que cette innovation doit servir à créer de la valeur ajoutée à chaque niveau de la chaîne de fabrication et notamment en développant l’insertion.” Jean-Marc Neveu, co-fondateur Plaxtil et Essaimons.

 

Un maillage partenarial à l’échelle nationale

 

Dès le départ, Plaxtil travaille avec la SIAE Audacie, conventionnée Atelier et chantier d’insertion (ACI) qui se charge de la collecte, du tri et de la revente de vêtements et de textiles usagés. Elle répond à plusieurs missions :

  • former et accompagner professionnellement les personnes éloignées de l’emploi,
  • favoriser l’économie circulaire,
  • renforcer la coopération avec les acteurs institutionnels et économiques locaux.

 

En 2019, la start-up collabore avec Kiabi pour transformer des cintres usagés en nouveaux cintres éco-conçus.

Au fur et à mesure de son développement, l’entreprise va chercher de nouveaux partenaires auprès de structures inclusives pour la collecte, le tri et le délissage. Elle collabore notamment avec des Établissements d’Aide par le Travail (ESAT), des Entreprises Adaptées (EA) et des SIAE réparties sur l’ensemble du territoire national. Peu à peu, elle se rapproche de réseaux engagés dans l’économie circulaire : l’Association Nationale pour l’insertion et la Réinsertion professionnelle et Humaine des handicapés (ANRH), le réseau ENVIE, le réseau Soun, le réseau NEASE.

 

Ces derniers œuvrent pour l’insertion des personnes en situation de handicap et/ou éloignées de l’emploi par la formation et la création d’emploi.

Ainsi, l’entreprise collecte des déchets textiles dans toute la France via ses partenaires, les transforme à Châtellerault dans la Vienne et renvoie les nouveaux matériaux produits à son émetteur.

 

Un intérêt pour les collectivités locales

 

Pour débuter le recyclage des masques en 2020, une quarantaine de points de collecte est installée au sein de la Communauté d’Agglomération (CA) du Grand Châtellerault. Peu à peu, l’entreprise est sollicitée par de nombreuses collectivités et entreprises intéressées par ses services.

En avril 2021, une vingtaine de collectivités territoriales expérimente cette méthode de collecte et de recyclage dans toute la France. Le département de la Vienne généralise cette opération avec plus de 160 bornes de collecte sur l’ensemble de son périmètre. Les masques récupérés sont transformés en fournitures scolaires ou en équipements sanitaires, puis sont distribués gratuitement à la population.

 

 

Atelier de recyclage de masque

atelier de recyclage de masques

 

Proposer de nouveaux parcours inclusifs avec Essaimons

 

Peu à peu, la start-up aspire à de nouvelles ambitions : la transformation peut elle aussi être réalisée par une entreprise d’insertion. Les actionnaires de Plaxtil créent Essaimons en 2021. Elle produit divers objets recyclables, comme des fournitures scolaires, à partir de masques usagés.

Elle reçoit l’agrément “entreprise d’insertion” en avril 2021 et les premiers salariés sont accueillis en mai. De  plus, elle offre une formation comportant des modules de base en insertion : atelier estime de soi, gestion du budget, module informatique, … L’ensemble de la formation est dispensée sur site.

Elle travaille en relation avec l’ISAFC, organisme de formation de Poitiers, pour délivrer des Certificats de Qualification Professionnelle (CQP) et être elle-même labellisée organisme de formation. L’objectif est de construire des CQP autour des métiers d’industriels et de commerciaux pour inclure un maximum de personnes et pérenniser les emplois : CQP de logisticien, CQP de vente-commerce et CQP de plasturgie.

 

Une entreprise d’insertion hybride

 

Essaimons bénéficie d’aides aux postes de la part de l’Etat. La région Nouvelle-Aquitaine a également participé au financement lors du démarrage de l’entreprise. Le reste est couvert par le chiffre d’affaires produit. De par son financement privé et public, elle constitue un modèle hybride entre entreprise d’insertion et entreprise classique.

 

Les tâches réalisées étant relativement peu complexes, l’accompagnement est ouvert à tout public. Le recrutement repose sur la motivation. On retrouve tout de même une majorité de seniors ou personnes relevant du statut de travailleur handicapé. En cas de souhait de reconversion, les bénéficiaires sont soutenus dans leur démarche et se voient proposer une autre activité.

 

“L’outil de production est utilisé pour tester les forces et faiblesses d’une personne, ce qui permet d’adapter en conséquence l’accompagnement socio-professionnel qu’elle reçoit.” Charlotte Caillet, directrice d’Essaimons.

 

Un partenariat privilégié entre Plaxtil et Essaimons

 

Les deux entreprises travaillent ainsi en complémentarité. Essaimons s’occupe de son côté de l’accompagnement et de la formation des salariés en insertion et de la mise en réseau des partenaires. Plaxtil quant à elle, se charge de la recherche et développement, du positionnement stratégique, de la communication et du marketing.

 

“On observe une vraie notion de partenariat autour de l’entité Plaxtil. Le projet de Plaxtil, c’est l’entreprise d’insertion Essaimons additionnée à tout un faisceau d’acteurs qui créent de l’emploi.” Charlotte Caillet, Directrice d’Essaimons.

 

De nouveaux recrutements chez Essaimons et les partenaires

 

En juin 2021, après trois mois d’activités, Essaimons prévoit d’augmenter son effectif de six salariés en insertion à une dizaine en septembre 2021. De plus, depuis 2019 les structures partenaires ont également embauché de nouvelles recrues dans toute la France :

  • Envie a bénéficié de huit Equivalents Temps Plein (ETP) supplémentaires,
  • ANRH a recruté quinze ETP supplémentaires,
  • Soun quant à lui a embauché deux ETP supplémentaires.

 

Un vaste potentiel de création d’emploi

Plaxtil propose des solutions intéressantes pour le territoire en répondant à des enjeux sociaux et environnementaux. La technique de recyclage des masques pouvant être appliquée à plusieurs déchets (blouses, charlottes jetables…), le potentiel de création d’emploi s’avère vaste.

De plus, le réseau de partenaires permet d’apporter de nouvelles visions, de nouvelles manières de faire, obligeant l’entreprise à se remettre en question. Les échanges sont particulièrement riches pour lever les difficultés de recrutement notamment.

“L’enjeu est aujourd’hui d’être reconnu en tant qu’entreprise d’insertion et pas seulement en tant qu’industriel.” Jean-Marc Neveu.

 

Vous souhaitez en savoir plus?

Contacts Plaxtil et Essaimons :

 

Charlotte Caillet, directrice Essaimons
tél : 07 88 69 47 17
mail : charlotte@plaxtil.com

Jean-Marc Neveu, co-fondateur Plaxtil et Essaimons
mail : jm_neveu@plaxtil.com

site internet Plaxtil
site internet Essaimons

Contact PQN-A :

Mail : contact@pqn-a.fr

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