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2023-08-09

Suffit-il de vouloir travailler pour accéder à l'emploi ? Etude sur le rapport des jeunes au travail dans les QPV de Nouvelle-Aquitaine

Publié le 09/01/2026
Temps de lecture : 8 min
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Les sociologues Jean-Philippe Guillemet, Antoine Vérétout et Elisa Gilotin sont allés à la rencontre de jeunes actifs et de professionnels de l'emploi pour mieux comprendre le rapport des jeunes au travail dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) de Nouvelle-Aquitaine.
Commanditée par PQN-A, cette étude propose une prise de recul sur les représentations véhiculées concernant le rapport au travail des habitants dans les QPV. Elle met à disposition des acteurs et décideurs des éléments de connaissance et de compréhension qui reflètent la réalité et la complexité des enjeux locaux.

Contexte de l'étude

L'emploi, l'insertion et la formation restent des enjeux clés dans les quartiers prioritaires. On observe en effet dans ces territoires un taux d'emploi nettement inférieur à celui des aires urbaines auxquelles ils appartiennent. Dans le même temps, les mutations à l'œuvre sur le marché du travail se traduisent par plusieurs difficultés :  incertitude grandissante des jeunes vis-à-vis de leur orientation professionnelle, difficultés croissantes à engager les jeunes dans les dispositifs d’insertion, absentéisme au sein de ces derniers,  démissions, difficultés croissantes relatives à l’embauche, la fidélisation et l’accueil des jeunes au sein de leur entreprise, etc. C'est pour mieux comprendre ces phénomènes que PQN-A a initié une étude qualitative sur le rapport au travail des jeunes des quartiers prioritaires de Nouvelle-Aquitaine.

Le rapport au travail et à l'emploi : quatre dimensions d'analyse

Le rapport au travail et à l'emploi des individus repose sur 4 grandes dimensions qui sont autant de facteurs qui peuvent décrire les logiques d'activités et d'inactivité.

- les facteurs personnels ; ils renvoient à l'employabilité de la personne et la « valeur » des individus sur le marché du travail, mais aussi les ressources qui leur sont propres, qu’ils peuvent ou non mobiliser et la façon dont ils les mobilisent.emps.

- les facteurs culturels ; ils renvoient aux normes sociales et culturelles qui orientent les logiques d’action des individus. Ce facteur culturel est singulier car il est en lien étroit avec le rapport au travail.

- les facteurs d'opportunité ; ils renvoient à 3 catégories principales : la proximité des offres d'emploi, les freins à l'emploi (mobilité, mode de garde, santé…) et la présence d'une économie informelle comme complément de revenus ou un facteur d'éloignement du marché du travail.

- les facteurs institutionnels ; il s'agit de la capacité des jeunes à se saisir des opportunités données par les acteurs institutionnels de l'emploi.
 

Une démarche méthodologie qualitative

- L'étude repose sur 32 entretiens semi-directifs avec des jeunes de moins de 30 ans.

- Les entretiens ont été réalisés dans des contextes locaux variés pour tenir compte de l'hétérogénéité des quartiers. Les jeunes sont issus de quatre quartiers prioritaires représentatifs de la diversité des quartiers en Nouvelle-Aquitaine : Valette à Bressuire dans les Deux-Sèvres, Beaubreuil à Limoges en Haute-Vienne, Bastide à Villeneuve-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne et Thorez-Goélands à Bègles en Gironde.

- L'analyse des entretiens a été soumise au regard critique et l'expertise d'usage des acteurs locaux de l'emploi dans 3 des 4 territoires.
 

Sept type d'insertion des jeunes

L’analyse des 32 entretiens à partir des quatre facteurs permet de différencier 7 types d’insertion des jeunes dans les quatre quartiers prioritaires. Tous ces types d’insertion ont été validés par les acteurs locaux lors des ateliers de diagnostic partagé.

- Type 1 - Un rapport au travail « réaliste » : l’insertion « programmée »

- Type 2 - Un rapport au travail « réaliste mais contrarié » : l’insertion « en perspective »

- Type 3 - Un rapport au travail « réaliste », qui se heurte à un cumul de handicaps : l’insertion « bloquée »

- Type 4 - Un rapport au travail « contestataire » : l’insertion « alternative »

- Type 5 - Un rapport au travail « distendu » : l’insertion « différée »

- Type 6 - Un rapport au travail « irréaliste » : l’insertion « problématique »

- Type 7 - Un rapport au travail « éloigné » : l’insertion « perdue de vue »

 

Le facteur culturel, au cœur du rapport au travail, n'exerce pas toujours une influence déterminante suivant la typologie.

Que faut-il retenir de l'impact des facteurs culturels dans le rapport au travail des jeunes des quatre quartiers prioritaires ?

On peut identifier trois effets différents des facteurs culturels sur les 7 types d’insertion des jeunes.

- Ils exercent un rôle majeur dans l’insertion « contestataire et alternative »(type 4)  et l’insertion « différée » (type 5).

- Ils n’ont à l’inverse aucune importance dans l’insertion « réaliste mais contrariée » (type 2) et l’insertion « réaliste mais bloquée » (type 3).

- Ils exercent une certaine influence sur les trois autres types d’insertion, comme les autres facteurs (types 1, 6 et 7)

Pour en savoir plus

 

Nous contacter :

Christophe ROCHARD, Chargé de mission
christophe.rochard@pqn-a.fr  / 06 31 21 77 44

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