inegalitesÀ l’occasion de la journée internationale des Droits des femmes, le CGET publie une note pour mieux connaître et mieux lutter contre les inégalités sexuées dans les communes très peu denses et les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Cette note valorise les principaux indicateurs résultant d’un groupe de travail piloté par le CGET en partenariat avec le service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes (SDFE-FH), le Haut-conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes et l’Insee.

Comme l’a mis en exergue un rapport du Haut-conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes remis en juin 2014 à la ministre des droits des femmes, de la ville, de la jeunesse et des sports, les inégalités femmes-hommes se rencontrent dans tous types de territoires, mais elles s’expriment avec une acuité particulière dans les territoires fragiles (quartiers prioritaires de la politique de la ville et territoires ruraux).

De façon à mieux combattre les inégalités sexuées et territoriales dans les différentes actions qu’il soutient, le CGET conduit un travail d’observation destiné à mesurer ces inégalités, à la fois dans les territoires ruraux, définis ici à partir d’un critère de densité, et dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) , tant en ce qui concerne les écarts de situation entre les femmes et les hommes que pour ce qui est de situations différenciées entre les femmes de ces territoires fragiles et de la France entière.

Voici les princupaux éléments éléments que l’on peut retenir de cette note :

  • Une forte présence des familles monoparentales dans les quartiers prioritaires
    Alors que la part de familles monoparentales est de près de 17 % en France en 2010, elle est nettement supérieure au sein des quartiers prioritaires de la politique de la ville où elle atteint 24 % (avec dans 89 % des cas une femme comme parent). Dans les communes très peu denses, la part des familles monoparentales est inférieure au niveau national : en 2012, dans ces communes, 9 % des familles sont monoparentales, avec dans 74 % des cas une femme comme parent.
  • Un fort déficit de formation chez les femmes des quartiers prioritaires ; dans les espaces très peu denses, ce déficit ne touche que les plus âgées
    La part de femmes peu diplômées parmi les femmes de 15 ans ou plus non scolarisées atteint, en 2010, 75 % au sein des quartiers prioritaires, soit 20 points de plus que pour la France entière et 3 points de plus que pour les hommes des quartiers prioritaires.
    Au sein des communes très peu denses, la proportion de femmes peu diplômées est également supérieure (de 6 points) au taux national. Mais cette surreprésentation de femmes peu diplômées, dans ces espaces, ne concerne que les plus âgées d’entre elles
  • L’accès à l’emploi est particulièrement difficile pour les femmes des quartiers prioritaires
    Au sein des quartiers prioritaires, à peine plus de quatre femmes sur dix, entre 15 et 64 ans, occupent un emploi, soit un taux d’emploi inférieur de 17 points à celui des femmes à l’échelle nationale qui est de 59,8%. Il est également inférieur de 11 points à celui des hommes des mêmes quartiers.
    Dans les quartiers prioritaires, le taux de chômage des femmes (plus de 20% des actives) est plus de deux fois plus élevé qu’ailleurs, mais il est sensiblement plus faible que chez les hommes de ces quartiers (près de 30 %), ce qui s’explique probablement largement par leur retrait pur et simple du marché du travail (à peine plus d’une femme sur deux est active, entre 15 et 64 ans, dans ces quartiers).
    Au sein des communes très peu denses, en revanche, le taux d’emploi des femmes est relativement élevé : plus de six femmes sur dix (62,8%), entre 15 et 64 ans, occupent un emploi en 2012, soit un taux supérieur de 3 points au niveau France entière. Il est néanmoins inférieur de 8 points à celui des hommes dans ces espaces très peu denses
    Enfin, l’emploi précaire est plus fréquent pour les femmes tant des territoires ruraux (en particulier chez les 20-24 ans où il concerne 49,4 % des femmes salariées et 37,7 % des hommes salariés) que des quartiers prioritaires (22,4 % du total des femmes en emploi contre 20,5 % des hommes).
  • Une part élevée de retraitées dans les territoires très peu denses
    La part des retraités est beaucoup plus élevée dans ces communes que pour la France entière (+7 points). Les femmes retraitées y représentent ainsi 34,1% des catégories socio-professionnelles contre 32,2% chez les hommes ce qui est lié au vieillissement marqué de la population dans ces territoires.
  • Les femmes se sentent plus souvent en insécurité que les hommes, quel que soit le type de territoire
    Au sein des anciennes ZUS, la part de femmes exprimant un sentiment d’insécurité dans leur quartier est plus de deux fois supérieure à celle des femmes de la France entière (31,7 % contre 14,7 %). Ce sentiment est par ailleurs beaucoup plus fréquent chez les femmes que chez les hommes, dans ces quartiers (écart de 12 points).
    Au sein des communes peu ou très peu denses, la part des femmes de plus de 18 ans exprimant un sentiment d’insécurité dans leur commune est deux fois supérieure à celle des hommes (7,1 % contre 3,4 %). Mais cette proportion est deux fois plus faible que chez les femmes des autres communes.

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