Journée des territoires des 25 et 26 novembre : “La transition c’est tendance !”

Le titre est provocateur, mais la transition est un mot que l’on trouve aujourd’hui un peu partout. Derrière on y trouve pourtant des enjeux forts, une complexité à prendre en compte, des changements de regards et de postures à adopter. Les professionnels territoriaux se devaient d’y réfléchir.

L’équipe de PQN-A a participé aux Journées des territoires organisées par l’UNADEL et le Carrefour des métiers du développement territorial les 25 et 26 novembre derniers à Paris. 2 jours consacrés à la question des territoires face aux transitions, sous la forme de conférences et d’ateliers d’échanges.

Le constat est unanime : notre société est face à une triple urgence – écologique, sociale et démocratique. Cette concordance des urgences oblige à travailler ensemble : acteurs du développement territorial, acteurs du développement durable, acteurs du développement social, élus, institutions, citoyens.

Les 3 problématiques sont liées : les personnes les plus fragiles, les pauvres, sont celles qui cumulent les précarités : logements insalubres et situés dans des zones polluées, précarité énergétique et alimentaire (“mal bouffe”, transport), précarité dans l’emploi, faible niveau de revenus, éloignement des lieux de prise de décision… la sobriété est pour eux subie et non choisie.

2 voies s’offrent à nous qui sont complémentaires :

  • l’adaptation – en traitant les problèmes urgents à court terme : c’est l’un des rôles de l’Agence nationale de la cohésion des territoires, avec la mise en place de “programmes” qui doivent “donner des résultats rapides” ;
  • la rupture – qui s’intéresse aux processus et s’inscrit dans un temps long.

Pour faire face à ces enjeux, quoi faire ? Des pistes ont été évoquées tout au long de ces 2 jours :

  • repartir du territoire, des habitants : pour Bruno Latour (cf son dernier ouvrage “Où attérir ?” –  éditions La Découverte) il s’agit de poser ces 2 questions qui permettent de décrire le réel “où l’on vit, ce dont on vit” – à sa voir les “terrains de vie” ;
  • sortir de la logique des “silos”
  • décloisonner les formations de l’ingénierie de développement territorial, social et durable ;
  • faire se croiser et travailler ensemble les réseaux : cf les exemples du “Pacte social et écologique” (en savoir plus), de la dynamique “Ensemble pour nos territoires” (en savoir plus);
  • transformer l’action publique, adapter les politiques à la spécificité des territoires (“différenciation”);
  • “tricoter”, faire dans la “dentelle”, “mailler”;
  • s’appuyer sur les structures intermédiaires qui animent, mettent en lien, font dialoguer, valorisent;
  • changer les représentations, faire un “pas de côté”;
  • sortir de l’indignation, partir du réel.

Les initiatives se multiplient sur les territoires. Il y a un enjeu à la fois de “transfert” d’expériences, de “massification”, de mise en visibilité – tout en étant lucide sur la limite de l'”expérientiel” non duplicable. Il s’agit aussi de considérer l’innovation comme “une forme de désobéissance qui a réussi” (ndrl Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle) et donc oser prendre des risques.

Ces journées ont ouvert des portes vers des imaginaires, reposé la question du plaisir de l’engagement à la fois personnel et collectif.

Il s’agit de sortir des postures de sachant, pour s’inscrire dans un processus apprenant. Ce n’est que le début. Nous vous incitons à poursuivre la réflexion.

 

Déf. Transition : “Degré ou état intermédiaire par lequel se fait le passage d’un état à un autre, d’un état de choses à un autre.”

Le mouvement de Transition est né en Grande-Bretagne en 2006 dans la petite ville de Totnes. L’enseignant en permaculture Rob Hopkins avait créé le modèle de Transition avec ses étudiants dans la ville de Kinsale en Irlande un an auparavant. Il y a aujourd’hui plus de 2 000 initiatives de Transition dans le monde, en 50 pays, dont 150 en France, réunies dans le réseau International de la Transition.

Il s’agit d’inciter les citoyens d’un territoire (bourg, quartier d’une ville, village…), à prendre conscience, d’une part, des profondes conséquences que vont avoir sur nos vies la convergence du pic du pétrole et du changement du climat et, d’autre part, de la nécessité de s’y préparer concrètement. Il s’agit de mettre en place des solutions fondées sur une vision positive de l’avenir et qui visent à :

  • réduire fortement, individuellement et collectivement, la consommation d’énergie d’origine fossile et nos émissions de CO2
  • renforcer la résilience de nos territoires, leur capacité à absorber les chocs à venir, par une relocalisation de l’économie (alimentation, ENR…)
  • renforcer les liens, les solidarités et la coopération entre l’ensemble des acteurs du territoire
  • acquérir les compétences qui deviendront nécessaires au renforcement de notre autonomie

 

Présentations :

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