La GPECT, une démarche prospective sur l’emploi local

Depuis les années 2010, les démarches de Gestion Prévisionnelle des Emploi et des Compétences Territoriale (GPECT) se multiplient. Il s’agit d’une manière pertinente pour le niveau local de prendre en main son destin en matière d’emploi et de formation mais aussi d’anticiper les mutations socio-économiques du territoire.

Pourquoi cette démarche a été créé / quels sont les constats de départ ?

La gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) s’est construite progressivement depuis les années 70. La GPEC renvoie à l’ensemble des démarches et outils utilisés en vue d’anticiper les évolutions modifiant les besoins en ressources humaines des entreprises. Elle sert ainsi les intérêts tant des entreprises que de leurs salariés. C’est devant les limites observées de la GPEC que la dimension territoriale a été ajoutée au milieu des années 2000. La GPECT présente le territoire comme un échelon adapté à la définition et à la mise en cohérence de stratégies pour l’emploi et les compétences. La démarche permet d’une part, de dépasser la gestion RH interne des entreprises ,et d’autre part, de prendre en compte le contexte territorial avec ses spécificités.

En quoi consiste cette démarche ?

La GPECT est un outil de développement et d’accompagnement local. Elle vise en effet à répondre aux besoins du territoire en matière d’emploi, de recrutement et de formation.

En cela, elle répond à trois enjeux majeurs :

  • la compétitivité des entreprises,
  • la sécurisation des parcours des individus,
  • l’attractivité du territoire.

Pourquoi l’utiliser ? Entre réaction et anticipation

Pour schématiser, deux grands cas de figure peuvent expliquer la mobilisation de cette démarche :

  • Une réaction du territoire suite à un événement induisant la prise en compte d’une réalité problématique. C’est par exemple la fermeture / restructuration d’une entreprise fortement pourvoyeuse d’emplois ou bien des déséquilibres constatés sur le marché du travail local (dimension curative) ;
  • Une vision anticipatrice qui questionne les acteurs locaux sur la dynamique économique et sociale d’un territoire (sur sollicitation d’une filière, d’acteurs sociaux économiques) et qui les incite à imaginer les besoins en matière d’emploi, de formation et de recrutement à moyen terme (dimension préventive).

A qui s’adresse cette démarche ?

La démarche s’adresse à la fois :

  • aux entreprises,
  • aux individus (actifs salariés, demandeurs d’emploi, étudiants et scolaires).

Comment passer à l’action ?

La GPECT n’est pas un dispositif ou une procédure. C’est en effet une démarche qui relève d’une décision locale. De plus, elle se met en œuvre de manière relativement différenciée suivant les territoires.

 

Quelques points clefs de méthode

  • Une logique projet relativement classique comprenant un diagnostic partagé, des enjeux, des objectifs et d’un plan d’actions ;
  • Le périmètre d’action est variable suivant les cas et les thématiques travaillées (échelon intercommunal, un territoire de projet type Pôle d’Equilibre Territorial et Rural, bassin d’emploi, etc.) ;
  • Le portage : il est la plupart du temps assuré par l’échelon territorial pertinent ou délégué à un opérateur local comme une Maison de l’emploi ou un Comité de Bassin d’Emploi ;
  • Le partenariat : la démarche est susceptible de mobiliser une grande diversité d’acteurs : entreprises, services publics de l’emploi, organismes de formation, organisations professionnelles, opérateurs de compétences (OPCO), etc. ;
  • La possibilité de déléguer le pilotage de certaines actions à des partenaires ce qui permet une responsabilisation et une implication plus importante ;
  • Une durée à géométrie variable dans le temps. La démarche peut être mobilisée sur une courte période (minimum de dix-huit mois) pour répondre à un problème ponctuel ou s’inscrire à moyen et long terme et s’adapter aux besoins évolutifs du territoire.

 

Quelques conditions de réussite et enseignements

  • Des moyens humains dédiés à l’animation. Cette fonction chronophage implique une capacité à aller vers les partenaires, fédérer, et créer une dynamique de coopération multi acteurs.
  • Une dimension collective et territoriale à conserver tout au long de l’exercice. Le risque pourrait être de se “faire happer” par des problématiques individuelles d’une entreprise donnée et de glisser vers une fonction de gestionnaire RH.
  • Un espace de dialogue social territorial. La GPECT offre un espace permettant de partager les réalités économiques et sociales territoriales et d’élaborer une stratégie collective prenant en compte les intérêts de chacun.
  • Une grande variété d’actions mises en place dans le cadre d’une GPECT :
    • la découverte et la valorisation des métiers et des filières locales en tension,
    • le développement d’évènementiel visant à rapprocher l’offre de la demande d’emploi,
    • l’accompagnement des entreprises vers de nouvelles méthodes de recrutement : offres d’emplois, vidéos, utilisation des réseaux sociaux,
    • le développement de coopérations entre organismes de formation et entreprises (spécificités des entreprises locales dans la création du parcours de formation, les associer au recrutement des stagiaires, etc.),
    • la pérennisation du partenariat entre acteurs locaux de l’emploi et de la formation.
    • etc.

Focus sur le déploiement en Nouvelle-Aquitaine

Les démarches de gestion prévisionnelle en Nouvelle-Aquitaine sont relativement nombreuses. On peut notamment citer à titre d’illustration les expériences suivantes :

Accompagnement de la GPECT par les politiques publiques

Vous souhaitez plus d’informations ? Contactez-nous !

Christophe Rochard, chargé de mission Dynamiques territoriales pour l’emploi

Mail : christophe.rochard@pqn-a.fr

Tél : 06 31 21 77 44

Pour en savoir plus

Le Guide d’action GPECT

Ministère de l’économie,

de l’industrie et de l’emploi (2010)

29 juillet 2022

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