Les défis qui attendent les nouveaux élus en charge de la Politique de la ville

Webinaire du 30 septembre 2020

Depuis les dernières élections communales et intercommunales de 2020, les exécutifs communaux et communautaires ont été renouvelés de manière conséquente. Parmi les territoires en Politique de la ville en Nouvelle-Aquitaine, 7 EPCI sur 26 ont connu une alternance, tout comme une dizaine de communes sur 44. Comment ces nouveaux élus ont-ils pris leurs fonctions ? Quel regard portent-ils sur leur mandat ? Quels défis attendent les nouveaux élus en charge de la Politique de la ville ?

C’était l’objet de la rencontre organisée par PQN-A le 30 septembre dernier.

 

Porter un projet global  qui mobilise les politiques de droit commun 

Cette nouvelle responsabilité nécessite de prendre ses marques. Plusieurs dossiers et projets sont déjà en cours et exigent à la fois une bonne compréhension et une visibilité large. Aussi, l’enjeu de transversalité est de taille puisque les quartiers font partie d’une commune et d’une intercommunalité, cela nécessite une collaboration et une articulation entre plusieurs délégations et plusieurs échelles. 

Au niveau local, notre projet se traduit par un axe urbain intégré qui traverse nos 3 quartiers prioritaires avec des priorités fortes sur la mobilité avec un Bus à Haut Niveau de Service, le développement économique et l’insertion professionnelle avec la création d’une régie de quartier” témoigne Anne Terlez, vice-présidente Politique de la ville de l’agglomération Seine-Eure en Normandie. Elle effectue son deuxième mandat consécutif.

Myriam Naël, ex vice-présidente Politique de la ville à Nantes Métropole confirme : “A Nantes, on a porté des projets globaux reliant le hard de la rénovation urbaine et le soft. Le hard mobilise des millions et un staff important dans les services techniques et le soft, c’est la vie quotidienne des habitants”. Anne Terlez insiste sur l’importance du droit commun : l’Etat et les EPCI doivent chacun être positionnés sur leurs grandes compétences. C’est la philosophie du Pacte de Dijon signé en juillet 2018 entre l’Etat, l’Assemblée des Communautés de France (AdCF) et France Urbaine. Anne Terlez précise qu’ ”il s’agit avant tout d’une méthode dont chacun doit s’emparer pour faire levier dans son territoire”.

 

Une posture singulière 

  • La posture de l’élu dépend à la fois du contexte de son élection et de son parcours personnel antérieur. Certains obtiennent cette délégation par défaut, ce qui ne facilite pas son appropriation, là où d’autres la prennent “par conviction personnelle et avec fierté” (Myriam Naël).
  • Passion, empathie, humilité, modestie, grande capacité d’écoute, ténacité, autant de qualités requises pour exercer cette fonction. 
  • La relation avec les habitants est importante : “être sur le terrain doit nourrir notre volonté politique et le cap que l’on se donne. Il y a des énergies, des proposants, des talents qu’on ne mesure pas , qu’on ne voit pas” (Myriam Naël).
  • “Les collectivités ne peuvent pas tout faire, on a besoin de s’appuyer sur le tissu associatif et les citoyens. Il faut savoir faire confiance au local et déléguer aux opérateurs qui sont au plus près du terrain”  (Anne Terlez). C’est la relation avec les habitants qui ici en jeu. Cette posture permet de rapprocher la politique des habitants dans un contexte où la confiance est davantage dans les associations que dans les institutions.


Les conseils avisés et les écueils à éviter

Le risque de la Politique de la ville est de se perdre dans les dispositifs ou programmes, au risque d’en privilégier certains. Par exemple, réduire la Politique de la ville à la gestion de projet de rénovation urbaine est dommageable. L’idée est plutôt d’engager des projets de grande ampleur tout en maintenant une relation et une dynamique avec les habitants et la vie quotidienne, afin de garantir la globalité d’un projet. “Combiner le futur et le présent” (Myriam Naël).

Être élu en charge de la Politique de la ville nécessite également de “taper du poing sur la table” (Anne Terlez) pour fixer un cap, éviter de diluer la volonté politique, et faire en sorte que les dispositifs s’adaptent aux réalités du territoire. “Courage et ambition!”  sont les mots d’ordre (Myriam Naël). 

Hervé Guéry (spécialiste de l’observation des territoires) confirme, lors de son intervention, que le rôle de l’élu consiste également à faire tomber les préjugés relatifs aux quartiers de la Politique de la ville


“Passer d’une politique d’exception à une politique d’inclusion”

Par ailleurs, travailler la relation entre communes et intercommunalité permet d’éviter l’opposition urbain et rural, quartiers périphériques et quartiers de centre ville. : “nous avons élaboré un projet territorial de cohésion sociale qui s’applique aux quartiers prioritaires et ailleurs. Cela nous a permis de travailler ce lien interco-communes. Cela a également été l’occasion de donner une acceptabilité des communes plus rurales par rapport aux communes qui ont des quartiers prioritaires. Avec ce projet territorial de cohésion sociale, nous sommes passés d’une politique d’exception à une politique d’inclusion. C’est finalement faire sens commun sur un projet” (Anne Terlez). La méthodologie impulsée par la Politique de la ville a pu être appliquée et adaptée à d’autres territoires de l’EPCI.

 

Quels enjeux pour ce nouveau mandat ?

Les défis sont nombreux tant la politique de la ville est transversale. Ont été cités lors de cette rencontre : la transformation de l’image des quartiers, la participation citoyenne ou encore la lutte contre le non-recours aux droits.

En lien avec les conséquence de la crise sanitaire,  Hervé Guéry pointe en conclusion trois enjeux cruciaux :

  • l’adolescence et la jeunesse (éducation, accès au stages, orientation, insertion sociale et professionnelle, accompagnement des parents, etc) ;
  • l’accès à l’emploi car l’économie de ces territoires résiste grâce à l’apport des revenus liés au travail;
  • l’usage des politiques publiques locales dans les quartiers. Il s’agit d’adapter celles-ci afin que les habitants puissent y avoir accès.

 

 

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Contacts :

Christophe ROCHARD
Tél : 06 31 21 77 44
Laurine BRUN
Tél : 06 88 94 54 55

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