l_ap_ina_26_figure_1_pmL’Insee Aquitaine Limousin Poitou-Charentes vient de publier deux études sur la “qualité de vie” : l’une à l’échelle de la grande région l’autre à l’échelle des territoires de projet du Limousin.

Dans chaque territoire, la qualité de vie est souvent assimilée à un patrimoine par les acteurs publics et privés, à l’instar de sa diversité géographique, de ses richesses architecturales, de son outil productif ou des compétences de ses citoyens. Ces éléments qui constituent l’identité d’un territoire font l’objet des attentions des politiques publiques. Dès lors, la mesure des évolutions de la qualité de vie peut contribuer au suivi et au pilotage des politiques publiques à différents niveaux territoriaux.

Mesurer la qualité de vie :

L’Insee privilégie une approche multidimensionnelle à un niveau territorial fin, à savoir lebassin de vie. La qualité de vie ou le bien-être, au sens courant du terme, est une notion recouvrant de multiples dimensions dont les conditions de vie matérielles et le contexte qualitatif de la vie quotidienne. Ainsi elle peut être approchée à la fois par des caractéristiques socio-économiques individuelles (revenus, emploi, logement, etc…) et par les aménités du cadre de vie dans les territoires (accès aux équipements et aux services, environnement, liens sociaux, etc…).

Dans cette étude, la qualité de vie est abordée à travers 27 indicateurs recouvrant les dimensions suivantes : accessibilité aux équipements, culture-sports-loisirs-vie associative, éducation, égalité femmes-hommes, emploi-travail, environnement, équilibre travail-vie privée, logement, relations sociales, revenus, santé, transports, vie citoyenne.

La qualité de vie en région ALPC :

La région ALPC affiche une grande variabilité de types de qualité de vie. Mais, derrière une apparente mosaïque territoriale, apparaissent des structures qui révèlent des types de qualité de vie dominants, le rôle de la proximité des villes et des traits spécifiques des anciennes régions.

Six types de qualité de vie sont présents en ALPC :

  • Le type le plus courant, avec 2,2 millions d’habitants et 38 % de la superficie d’ALPC, regroupe des territoires «autour de villes moyennes offrant des emplois et des conditions de vie plutôt favorables». Ces espaces, à proximité des principaux pôles régionaux, sont dynamisés par une attractivité migratoire marquée sur les plus de 35 ans, dont les couples avec enfants. Très présents en ALPC comme au Nord-Ouest de la France, ils sont aussi emblématiques de Poitou-Charentes, particulièrement des Deux-Sèvres, et de son réseau homogène de villes moyennes.
  • Le second type, abrite un tiers de la population d’ALPC (1,9 million d’habitants) sur 7 % de la superficie, et correspond à des territoires plus urbains, «plutôt favorisés, à l’accès aux équipements rapide mais avec des difficultés socio-économiques». Plus denses et touristiques, ils concentrent à la fois l’emploi, les réseaux de transports en commun et l’ensemble des services et équipements nécessaires à la vie quotidienne. Ce second type de qualité de vie concerne davantage les populations des départements des Pyrénées-Atlantiques, de la Gironde et de la Charente-Maritime.
  • En s’éloignant des villes, l’espace se structure autour des territoires du troisième type,«des bourgs et petites villes en situation intermédiaire», abritant 11 % de la population d’ALPC (0,6 million d’habitants) sur 21 % de sa superficie. En position intermédiaire en termes de qualité de vie, les facteurs favorables ou défavorables sont peu nombreux.
  • Encore plus loin, les territoires du quatrième type, «isolés, peu urbanisés, hors de l’influence des grands pôles», sont habités par 7 % de la population (0,4 million d’habitants) sur près du quart de la superficie régionale. Ces territoires cumulent les difficultés de la faible densité. Ces territoires sont emblématiques de l’Est du Limousin.
  • Un cinquième type de qualité de vie correspond à des territoires «plutôt denses en situation peu favorable» (6 % de la population d’ALPC) qui cumulent des handicaps. Structurés autour de petits pôles urbains, où l’industrie, la forêt et la viticulture comptent, ils présentent une population peu diplômée, des jeunes relativement moins insérés, un chômage de longue durée important et des différences entre les femmes et les hommes marquées en matière d’emploi.
  • Le sixième et dernier type rencontré en ALPC, correspond à des territoires «plutôt aisés, éloignés de l’emploi, situés surtout dans le périurbain». Ils se distinguent par des qualifications, des salaires et des revenus élevés et se situent en périphérie des métropoles françaises, surtout autour de Bordeaux puis Pau et plus marginalement La Rochelle en ALPC.

 > Consulter l’étude “À la recherche de la qualité de vie en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes” / Insee Analyses Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes N° 26 – juin 2016

 La qualité de vie dans les territoires de projet du Limousin

Cette seconde publication de l’Insee s’interesse à la qualité de vie dans les territoires de projet bénéficiant de la politique territoriale contractuelle de l’ex-région Limousin sur la période 2015-2020.

Elle s’attache à montrer les spécificités de ces territoires en matière de qualité selon différentes approches (cartes) : les niveaux de vie ; le sniveaux d’éducation ; l’accès à l’emploi ; les conditions de logement ; les conditions de mobilités ; les relations sociales ; l’accès aux services de santé.

Cette étude montre une amélioration générale de la qualité de vie dans les territoires de projet étudiés au cours de la décennie. La part des diplômés ayant au moins le baccalauréat et la participation électorale progressent tandis que l’importance relative du chômage de longue durée et des situations d’inconfort des logements diminue. De plus, et selon leur situation initiale au regard de ces indicateurs structurants, les territoires ont des trajectoires convergentes au bénéfice d’une réduction des disparités. Autrement dit, l’amélioration de la qualité de vie est d’autant plus forte sur un territoire que sa situation initiale était moins favorable.
En revanche, dans le domaine des relations sociales, les indicateurs de qualité de vie se dégradent partout et les différences territoriales restent comparables.

L’étude conclut ainsi :

“Ces constats et leur analyse fine à l’échelle des territoires de projet dessinent des enjeux et axes d’action autour des problématiques liées à la qualité de vie, tant pour conforter les situations acquises que pour améliorer les faiblesses persistantes. Ces questions s’inscrivent désormais dans un contexte élargi d’organisation des politiques territoriales à l’échelle de la nouvelle région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes.”

Consultez l’étude

www.insee.fr

Partager

Étiquettes :