On y était : l’évènement Numérique en Communs local, organisé en Dordogne (24) !

L’évènement NEC Dordogne a réuni plus de 165 participants (locaux, limitrophes et nationaux) pour sa première édition. L’objectif était de réfléchir ensemble aux enjeux posés par le numérique sur le territoire, et aux pistes d’actions pour co-construire un numérique d’intérêt général.  Collectivités, associations, centres sociaux, tiers-lieux, têtes de réseaux ont répondu présents.

 

Un évènement construit à partir des besoins spécifiques du territoire

 

La journée a alterné des temps de présentation en plénière (MedNum, Agence nationale de la Cohésion des Territoires, Conseil national du numérique) et des temps d’ateliers portant sur divers sujets, particulièrement importants pour le territoire :

  • numérique et éducation
  • inclusion numérique des seniors
  • numérique et emploi
  • inclusion numérique et handicap
  • numérique responsable
  • accompagnement des élus locaux
  • mise en réseau des Conseillers Numériques France Service de Dordogne

 

Deux tables rondes ont ensuite clôturé la journée :

  • Le rôle des lieux accueillant du public dans l’accompagnement des personnes en difficulté avec le numérique
  • La transformation numérique au sein des territoires

 

“Créer les bonnes conditions pour que les questions de chacun soient partagées”

 

La question n’a pas été directement de faire un évènement. On est partis du constat qu’il y avait plusieurs acteurs du numérique sur le territoire, mais il n’y avait pas de coopération, pas de commun, pas d’espace de dialogue. Chacun essayait dans son coin de répondre à des questions qui sont en fait collectives. Donc on a décidé de créer un événement pour fédérer ces acteurs. Cependant, l’idée n’était pas tant de répondre aux questions, il s’agissait plutôt de créer d’abord les conditions pour que ces questions soient partagées aux autres” explique Jean-Marc Nguyen, coordinateur de la fabrique du territoire La Fabrique du Réel et co-organisateur du NEC.

 

Un évènement basé autour de quatre objectifs 

 

Jean Marc Nguyen nous explique que les objectifs ont été clairs dès le départ :

  1. Se connaître et se rencontrer, pour savoir qui travaille sur la question de la médiation numérique ;
  2. Mieux comprendre ce que les uns et les autres font, donner de la visibilité aux actions ;
  3. Clarifier les concepts, les enjeux et les notions : de quoi on parle quand on parle d’inclusion, de médiation, de fracture numérique….
  4. Faire se rencontrer les besoins et les ressources (acteurs, outils, dispositifs…)

 

 

“Pour construire un tel évènement, il faut mobiliser trois types de compétences”

 

Avec du recul, Jean Marc Nguyen estime “que ce genre d’évènement se construit sur trois types de compétences” :

  • un groupe programmateur, avec un interlocuteur qui est en lien avec les structures partenaires / intervenants ;
  • une personne chargée de la communication, car cela nécessite une vraie stratégie et un community management ;
  • un régisseur, en charge de l’affichage, l’électricité, la visioconférence, les micros…

 

“On a créé un espace et on s’est auto institué co-organisateurs. On a réuni trois collectivités, six opérateurs de services publics, deux têtes de réseau, quatre équipements de proximité, quatre associations. On est arrivés à une douzaine de participants qui représentent des structures différentes”, précise Jean Marc Nguyen.

 

J’observe trois phases dans le processus d’élaboration du NEC faisant écho à cette double logique participative et d’efficacité organisationnelle“.
  • une phase de prise de contact pour rassembler les acteurs, les intéresser à ce projet et à son process, sachant que certains ne se sentent pas naturellement concernés. Cette étape de mobilisation est celle qui a pris le plus de temps, qui reste inachevée et qui doit se poursuivre. C’est aussi là que la dimension participative m’a semblée la plus importante, pour sensibiliser de proche en proche dans les sphères d’activité et de collaboration entre acteurs déjà existantes.

 

  • une phase “d’engagement” qui a simultanément été une étape de constitution d’un noyau de partenaires porteurs et investi dans la préparation de la rencontre (le comité d’organisation). C’est à ce niveau que s’opère la mise en commun (des préoccupations, des questionnements et réflexions) mais l’idée était de ne pas se lancer dans la discussion avant la rencontre mais plutôt d’identifier les thématiques et problématiques qui pouvaient se dégager. C’est d’abord un espace commun et un acteur collectif porteur du projet qui s’est agi de constituer.

 

  • une phase de réalisation où les choses sont devenues plus concrètes au fur et à mesure que l’évènement approchait. C’est à ce niveau qu’il fallu être très efficace. Globalement, c’est avec la réalisation de la Publication Assistée par Ordinateur (PAO) que les choses se sont précisées. Le calendrier a fait que ce n’est qu’au retour des vacances (fin août, début septembre), soit J – 1 mois que nous sommes vraiment entrés dans la phase opérationnelle.

 

 

Que retenir de cet événement ? par Jean Marc Nguyen, co-organisateur du NEC Dordogne

 

Selon Jean Marc NGuyen, la proposition était plutôt ambitieuse, sur trois points :

  • dans le nombre et la diversité de personnes d’une part,
  • dans l’objectif de “casser les silos” d’autre part ;
  • et enfin dans le challenge de réunir et tenir les objectifs fixés”.

 

Quelques marges de progrès…

 

Il y a des marges de progrès sur la coopération entre acteurs, notamment pour construire les ateliers. Ces temps d’ateliers ont finalement peu suscité de travail en commun, sans doute parce que le temps a manqué pendant la phase de préparation mais aussi parce qu’avant de coopérer il faut apprendre à se connaître, ce qui s’est traduit par la présentation de ce que chacun faisait. D’autre part, ça a été une journée très dense de contenus, de rencontres ! C’était très riche, mais je retiens qu’il faut aussi penser aux moments où l’on ne fait rien : pour se rencontrer, apprendre à se connaître, se retrouver autour d’un café. Il faut aussi penser à cette respiration“.

 

Mais de grandes réussites pour une première édition !

 

“Je retiens également que l’on a réussi quelque chose qui n’était pas si évident : c’est de partir d’un premier besoin, qui est celui des professionnels, d’avoir une réflexion plus large sur notre relation au numérique. Il me semble qu’on a réussi à faire ça. L’objectif de créer un commun, au sens aussi de partager nos questions, a été atteint je pense. Quoiqu’il en soit, le NEC n’est pas une finalité : on a mis en place les conditions pour faire émerger et se poser ensemble les questions, on a commencé à “faire œuvre collective. On a posé une première pierre“.

 

“D’une certaine manière, c’est maintenant que le travail commence et que nous allons voir si le pari est réussi, si nous avons réussi à constituer un réseau d’acteurs réuni autour d’un ensemble d’axes de travail définis ensemble”

 

L’autre point de bilan dont nous nous réjouissons est la participation importante d’élus locaux à la rencontre (plus d’une dizaine). Ce qui montre l’importance du sujet et des enjeux associés au numérique, a fortiori dans un département rural avec une population vieillissante. C’était aussi une des attentes des co-organisateurs de la rencontre que de pouvoir associer des élus qui sont souvent démunis face un sujet difficile à appréhender tant il est technique, transversal et source de fantasmes ou de méfiance. 

A cet égard, il faut également noter 
l’engagement de trois collectivités, le département de Dordogne, la communauté d’agglomération du Grand Périgueux et la ville de Périgueux, qui grandement ont contribué à la réalisation de cette rencontre
.
“Plus largement, avec le NEC Dordogne, nous avons donné forme à une collaboration pas si fréquente, en faisant œuvrer en commun Etat, collectivités, associations, entreprises et habitants – dans une vraie continuité avec ce qui est engagé au niveau national avec le NEC”

 

En trois mots, si vous deviez vous adresser à d’autres personnes qui hésiteraient à se lancer (à organiser un événement local sur le numérique), que leur conseillez vous ?

 

  • Partir des problématiques de son territoire, des besoins ;
  • Penser l’organisation : “on a besoin d’avoir des colonnes vertébrales stables et professionnelles, solides : il faut des moyens, car nous n’avons pas le droit à l’amateurisme pour ce type d’événement “;
  • Encourager l’alliance entre structures, penser une trajectoire de mobilisation.

 

 

Vous souhaitez en savoir plus ? Contactez-nous !

 

 

Pays et Quartiers de Nouvelle-Aquitaine

Laurine Brun, référente Inclusion numérique et territoires

Tél : 07 72 55 06 99

Mail : laurine.brun@pqn-a.fr

 

 

Hubikoop

Hub de Nouvelle-Aquitaine pour un numérique inclusif

Mail : contact@hubik.fr

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