Parole d’acteur #8 : Brigitte, conseillère citoyenne dans le quartier des Couronneries, à Poitiers (86)

Brigitte est conseillère citoyenne depuis six ans dans le quartier des Couronneries à Poitiers (86). Nous sommes allés à sa rencontre pour découvrir son parcours.

 

1 / Si vous deviez vous décrire, comment vous présenteriez-vous ? 

Je suis Brigitte, j’ai 70 ans, je suis à la retraite depuis six ans. Je fais partie du conseil citoyen des Couronneries, à Poitiers, depuis sa création en 2016. Nous sommes une dizaine d’actifs… et tous retraités ! Le quartier est en pleine réhabilitation urbaine, projet au long cours, avec la consultation des habitants et notamment du conseil citoyen. Le désir que j’avais en tant que conseillère citoyenne était de travailler sur le cadre de vie, le cadre social du quartier et avec le renouvellement urbain, je suis comblée.

 

2 / Que pensez-vous de votre quartier ? 

J’habite les Couronneries depuis une quarantaine d’années, mais avant, je disais que j’habitais Poitiers. J’étais très attachée au centre-ville, et je restais peu dans mon quartier. Mais depuis qu’ils ont réhabilité et rénové mon immeuble, je me sens réellement appartenir au quartier, ça y est. D’ailleurs, quand ils m’ont proposé de déménager, j’ai refusé. C’est là que j’ai réalisé que j’étais attachée à ce quartier, que je ne voulais pas en bouger. Le quartier, si je devais le décrire, je dirais qu’il est dynamique. Il y a énormément de propositions : sportives (gym, yoga, randonnées, etc…) culturelles (concerts, cinéma), on peut facilement faire ses courses, il y a des médecins généralistes et spécialistes. Il est vraiment bien. Je me déplace à pied, je n’ai pas peur ! Il est aussi très joli, avec ses arbres, ses espaces verts. On passe d’un espace à un autre, on ne se sent pas enfermé, c’est ouvert !

 

3 / C’est quoi, être une conseillère citoyenne ? 

Être conseillère citoyenne, c’est faire attention à l’autre. Mais c’est aussi faire attention au quartier, à ce qui s’y passe. S’il y a un problème, on sait tout de suite qui on doit prévenir, car on connaît toutes les structures. On est là aussi pour rassurer les gens. On a un rôle de veille et de repérage ! Mais nous ne sommes pas des médiateurs, on ne va pas résoudre les problèmes nous-mêmes. Une dame, une fois, m’a demandé d’aller voir des jeunes dans une cage d’escalier car ils trafiquaient. Je lui ai dit que non, notre rôle c’est d’aller voir les médiateurs, ou la maison de quartier, ou la mission locale, ou les éducateurs de rue ! 

 

4 / Concrètement, comment fonctionne le conseil citoyen ? 

Il n’y a pas de président, pas de secrétaires : c’est un groupe autonome. On se réunit tous les mercredis matins, à la maison de quartier, qui nous héberge, et on discute de l’actualité, de l’avancée de la rénovation urbaine. On suit le budget participatif aussi, qui est mené par la mairie. Ensuite, on fait des comptes rendus et on les distribue. Il y a deux personnes du groupe qui reçoivent les mails (de rendez-vous, de demandes spécifiques…) et qui sont en charge de la communication. Au quotidien, on n’a pas spécialement de feuille de route, on fait en fonction de l’actualité.

 

5 / Comment a-t-il été créé, en 2016 ? 

Il y a eu une grosse publicité sur le quartier, avec des affiches, des flyers. A partir de là, j’ai décidé de m’inscrire. En plus, j’étais à la retraite, donc je me suis dit que c’était l’opportunité. Avec deux ou trois personnes que je connaissais, on s’est inscrites. Après, j’ai été tirée au sort et déclarée à la préfecture en qualité de conseillère citoyenne. Au début, on faisait beaucoup de commissions par thématiques : cadre de vie, insertion professionnelle… Moi, j’étais dans la commission cadre de vie, qui fonctionnait bien. Au fur et à mesure, beaucoup de personnes sont parties, donc désormais on se concentre sur le cadre de vie uniquement.

 

6 / Est-ce que vous pensez contribuer au développement de votre quartier, grâce à ce conseil citoyen?

Oui, par le biais du programme national de renouvellement urbain (PNRU) ! Avec toutes les réunions auxquelles on participe, tout ce qu’on nous demande, j’ai l’impression de réellement contribuer au développement du quartier. Les cabinets d’architectes nous demandent notre avis sur les espaces verts, les usages du quartier. Dans les divers projets comme l’habitat jeune ou l’école de l’image, on est associés pour discuter de l’évolution. On participe aux déambulations avec les professionnels pour ensuite diffuser les informations aux habitants lors de réunions de quartier que nous organisons tous les 2 mois (sauf période Covid). C’est très intéressant !

 

7 / Malgré tout, est-ce que vous rencontrez des difficultés parfois ?

Oui, en ce moment, je crois qu’on s’épuise un peu… Les uns et les autres, on a 6 ans de plus aujourd’hui, depuis la création du conseil citoyen. On prend de l’âge ! Sauf que le temps des projets prend beaucoup de temps, c’est très lent avant qu’ils puissent être acceptés, donc ça démotive. Et puis le fait que le conseil citoyen n’a pas été renouvelé depuis, c’est long. Il n’y a pas eu de nouvelles campagnes pour mobiliser de nouvelles personnes depuis ! Il faut du temps pour être conseiller citoyen, trouver le créneau idéal pour tout le monde… C’est pas facile de consacrer la moitié de sa semaine à ça. C’est un travail à part entière !

 

8 / Au vu de votre engagement, de quoi êtes-vous particulièrement fière en tant que conseillère citoyenne ? 

On est très fiers de notre “café réparation”, qu’on a mis en place avec un animateur de la maison de quartier, tous les trimestres. On prend souvent l’exemple de la machine à café ou de la radio qui ne fonctionne plus : des gens bricoleurs et bénévoles offrent leurs services, ils recherchent la panne avec le citoyen et réparent avec lui. Ça crée énormément de liens ! J’en suis très fière car les habitants repartent heureux et ça ne leur coûte rien. C’est un vrai plaisir. 

 

9 / Qu’est-ce que vous diriez à d’autres personnes qui souhaiteraient devenir conseillers citoyens ?

Un conseil que je pourrais donner, c’est de s’engager également dans une association du quartier. C’est difficile, ce qu’on nous demande, si on n’est pas au plus près de ce qu’il se passe dans le quartier, donc ça aide d’être engagé par ailleurs. Je le conseille vraiment. Des fois, je peut être démotivée, il faut bien l’avouer. Mais maintenant que la question du renouvellement des conseils citoyens se pose, ça me redonne l’envie d’avancer, d’échanger et de faire avec des nouveaux bénévoles, cela ne peut qu’enrichir le quartier !

 

Vous souhaitez en savoir plus ?

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Laurine Brun, chargée de mission Cohésion sociale

Tél : 07 72 55 06 99

Mail : laurine.brun@pqn-a.fr

 

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