Rencontres de l’ingénierie territoriale, Région Nouvelle-Aquitaine – On y était

Rencontres ingénierie territoriale

Dans le cadre de sa nouvelle politique contractuelle 2023-2025, la Région Nouvelle-Aquitaine organisait les Rencontres de l’ingénierie territoriale. Pays et Quartiers de Nouvelle-Aquitaine était présent à celle de Bordeaux, le vendredi 4 mars 2022. Retour sur les points forts de la journée.

 

Retrouvez le replay des rencontres !

 

Une nouvelle étape de co-construction dans le cadre de la politique contractuelle régionale

 

Cette journée s’inscrit à la suite des rencontres territoriales de l’automne 2021. Il s’agit d’une nouvelle étape pour partager autour de la prochaine contractualisation.

 

Elle avait pour objectif de permettre aux techniciens de la région d’échanger sur :

  • l’ingénierie adaptée et les outils nécessaires à l’accompagnement des initiatives,
  • les programmes et projets de la future politique contractuelle.

De plus, les thèmes abordés étaient : les grands thèmes de la nouvelle politique régionale d’aménagement du territoire : la ruralité, l’attractivité, la territorialisation de Néo Terra et la santé.

 

Les grandes orientations de la nouvelle politique contractuelle territoriale

 

Laurence Rouède, vice-présidente en charge du développement et de l’équité des territoires et des contractualisations. Elle a introduit la rencontre en présentant les grandes orientations de la nouvelle politique contractuelle territoriale. Ceux-ci ont d’ailleurs depuis été adoptées en séance plénière de l’assemblée régionale le 21 mars 2022.

 

Des ambitions réaffirmées

 

La Région souhaite maintenir les grandes lignes directrices qui étaient et sont les siennes à savoir :

  • Mobiliser le maillage de proximité pour l’action régionale. Il s’agit notamment de l’appui à l’ingénierie locale (120 postes co-financés) et du maintien du binôme élu/chargé de mission territoriale.
  • Donner de la visibilité, de la lisibilité et de la clarté aux territoires infrarégionaux sur l’action régionale.
  • Valoriser les atouts des territoires et renforcer leur attractivité.
  • Apporter un soutien renforcé aux territoires les plus vulnérables.

 

Laurence Rouède insiste aussi sur la volonté de la Région de continuer d’être dans un travail de proximité avec les territoires, dans le dialogue, l’écoute et la co-construction.

“Ce n’est pas la Région qui impose ses projets mais les territoires qui font émerger et choisissent leurs projets, à charge de la Région de voir comment elle peut les accompagner dans le cadre de ses compétences régionales.”

 

De nouvelles ambitions

 

Ensuite, la Région a également évoqué les nouvelles ambitions qu’elle porte pour cette nouvelle génération de contrats de territoire :

  • Contribuer à la territorialisation de la feuille de route Neoterra en visant de nouveaux modèles de développement
  • Miser sur les projets des territoires ruraux via une gouvernance dédiée et des preuves d’action
  • Favoriser les coopérations territoriales pour faire davantage région

 

En effet, Laurence Rouède a précisé qu’il y aurait des moments d’évaluation de l’action régionale. L’objectif est en effet de mesurer l’efficience et l’utilité des moyens mis en place. C’est pourquoi, le cadre d’intervention restera relativement souple à des fins d’adaptation et d’évolution. 

La démarche d’animation et d’appui à la professionnalisation de l’ingénierie

 

Patricia Monneron, cheffe du service régional ingénierie et territoires à Limoges a ensuite présenté le programme d’animation et de professionnalisation de l’ingénierie territoriale mis en place par la Région.

 

De l’évaluation du dispositif d’ingénierie par la Région à la mise en place d’actions préconisées

 

En 2019-2020, la Région a procédé avec l’aide d’un prestataire à l’évaluation du dispositif d’ingénierie. Les conclusions ont confirmé le besoin d’espaces et de temps collectifs pour mieux partager les expériences. La Région a alors suivi les préconisations du prestataire et a ainsi mis en place :

  • L’expérimentation “Booster la réussite de vos projets”, avec l’aide d’ADI et de formateurs. Elle s’est déroulée sur quatre jours en janvier 2021 à Bordeaux. De plus, elle concernait une dizaine de chefs de projets. D’ailleurs, face aux résultats concluants de cette expérimentation, la Région a souhaité généraliser d’autres formes d’animation pour l’ingénierie territoriale.

 

 

A la généralisation de la démarche d’animation et de professionnalisation

 

Cette démarche d’animation et de professionnalisation se généralise en un programme de deux ans durant lequel seront proposés :

  • Des formations généralistes sur l’ingénierie de projet à l’instar de l’expérimentation “Booster la réussite de vos projets”
  • Un appui à la capitalisation des outils tel que la mise à disposition d’un “pack accueil” au moment d’une prise de poste afin de rendre les acteurs opérationnels rapidement
  • Des sessions de séminaires thématiques. Ils s’adresseront à l’ingénierie territoriale et à l’ingénierie interne de la Région (chargés de mission des services sectoriels et chargés de mission territoriaux de la DATAR) en fonction des priorités régionales
  • Deux autres séminaires internes dédiés spécifiquement aux chargés de mission territoriaux et au CADET. L’objectif est en effet d’intégrer les nouvelles priorités régionales et de développer davantage la culture projet
  • Des modules d’information et de formation destinés aux élus régionaux sous forme de webinaires sur les mêmes thématiques prioritaires de la Région mais sur des temps plus courts

Les grands thèmes prioritaires de cette démarche sont 

  • les transitions écologique et énergétique,
  • l’accès aux services et la médiation numérique,
  • la santé et l’accès aux soins, la mobilité,
  • l’accès à l’emploi,
  • l’insertion des jeunes dans le monde économique,
  • la transmission/reprise d’entreprises et l’attractivité des territoires.

 

 

Des séquences thématiques autour des grands thèmes de la nouvelle politique régionale d’aménagement du territoire

 

Deux séquences thématiques : ruralité, attractivité

Ruralité

 

Jean-Philippe Haufeurt, responsable de l’unité appui territorial au pôle DATAR de la Région a introduit la séquence en rappelant :

  • Le rôle et les actions du Cluster Ruralité : avoir un échange direct avec les territoires ruraux et favoriser le déploiement de démarches de développement et d’innovation dans les territoires ruraux.
  • La volonté de la Région de donner, dans les nouveaux contrats de territoires, un espace affirmé aux projets des communes rurales à la fois en termes d’aides mais également en termes de gouvernance.
  • Le cofinancement de chefs de projet dans le cadre de l’AMI “Revitalisation des centres-villes et des centres-bourgs” auquel 36 communes ont répondu.

 

Hugo Goffette, directeur de projet revitalisation à Castillon la Bataille (33) a ensuite présenté la démarche de revitalisation portée par la commune.

Revivez la visite sur site à Castillon-la-Bataille !

Cette dernière a travaillé communément avec les services publics (Etat, Région, Département, etc.) pour élaborer un projet de revitalisation, multi thématique, transversal et ambitieux. Jacques Breillat, accompagné de son équipe technique, a mis deux ans pour élaborer une telle démarche. Il a en effet fait le choix d’être le plus exhaustif possible. C’était nécessaire pour objectiver les chiffres et réfléchir à comment les transformer en action concrète. Aujourd’hui, la commune dispose ainsi d’un plan d’action autour de quatre axes (habitat, mobilité, développement économique et solidarité), 29 fiches-actions et plus de 60 déclinaisons opérationnelles.

L’accompagnement de la Région a d’abord été technique. Cela a alors permis à la commune de dépasser la vision sectorielle afin de proposer une démarche transversale. 

 

Enfin, Clément Magnaval, chef de projet économique de la Communauté de communes du Pays Sostranien et Aurélien Durand, chef de projet Cadet La Souterraine (23) ont présenté le projet Rioland. C’est un projet d’implantation d’un nouveau site de production Rioland sur La Souterraine. Le Groupe Rioland est une entreprise sous-traitante de maroquinerie dans le domaine du luxe. Elle a été créée dans les années 1930. Sollicitée par ce groupe pour implanter un nouveau site de production à la Souterraine, la communauté de communes du Pays Sostranien a alors travaillé de concert avec les services de l’Etat et de la Région, notamment via Aurélien Durand, chef de projet Cadet. L’analyse des besoins de l’entreprise et la proposition d’une offre d’implantation globale répondant à leurs différentes demandes ont ainsi permis de convaincre le groupe Rioland de s’implanter à La Souterraine.

 

 

Attractivité

 

Patricia Monneron a présenté l’expérimentation Attractivité. Cette démarche part d’une volonté politique de faire de l’attractivité des territoires un objectif prioritaire. Elle a été menée en partenariat avec certains services sectoriels de la Région et ADI. L’idée était d’expérimenter auprès de trois territoires-tests : Grand Châtellerault, Val de Garonne Guyenne Gascogne et le Haut Limousin. L’objectif était en effet de co-construire une démarche d’accompagnement des territoires. Elle s’est déroulée d’août 2021 à décembre 2021 autour de séminaires sur les leviers d’attractivité. Que faudrait-il faire dans l’idéal ? Quel appui la région peut apporter aux territoires ? Quelle offre de service les territoires peuvent-ils proposer ?

Par ailleurs, ces séminaires ont permis de proposer une boîte à outil. Avec cette dernière les territoires pourront alors composer un parcours d’accompagnement autour de quatre modules :

  1. La construction et le pilotage des stratégies
  2. Les services à avoir pour être attractif et répondre aux besoins des nouveaux arrivants
  3. L’appui aux outils d’attractivité
  4. L’accompagnement part de l’ingénierie pour accompagner le territoire à chacun des stades de son parcours d’attractivité

 

Bertrand Paris, chef de projet territorial au Pays du Haut Limousin (87) a évoqué les suites et les projets qu’ont permis la démarche Attractivité. Cette dernière leur a notamment permis de mettre en évidence un des volets majeurs sur lequel miser : l’image du territoire. En effet, grâce à la réflexion et la comparaison entre territoires-tests, chacun a pu mettre en évidence ce qui les distinguait. Le mondial de tonte de moutons (66 000 personnes) et la filière ovine sont rapidement sortis du lot en termes d’attractivité à grande échelle. Ils ont ainsi souhaité faire un projet de territoire structuré et concentré autour de ces points : le volet économique et le volet agricole

 

On s’est aperçu qu’une stratégie de territoire c’est viser l’essentiel. L’attractivité, on ne peut pas la générer seule sur le territoire. On a besoin de faire ensemble”.

 

 

Deux autres séquences thématiques : territorialisation de Néo Terra, santé

 

Territorialisation de Néo Terra

 

Brigitte Réau, cheffe du service régional ingénierie et territoires à Poitiers, a rappelé les priorités régionales. Ces dernières concernaient notamment les transitions énergétique, environnementale et écologique inscrites dans la feuille de route Néo Terra. Celle-ci se veut comme le socle des contrats de territoires. Deux enjeux sont particulièrement importants :

  1. Prendre en compte l’état d’avancement des territoires sur ces questions-là afin de tirer avec eux le fil des transitions.
  2. Avoir une approche globale : ne pas isoler les thématiques et croiser les sujets.

 

Jacqueline Arnault, directrice, David Billy, chargé de mission Tepos et Jérôme Moreau, chargé de mission environnement au PETR Ruffécois (86) ont présenté leur démarche. Ils la mènent depuis des années autour des transitions et en particulier sur le lien entre énergie et biodiversité. D’après Jacqueline Arnault, le Pays s’intéresse depuis toujours à son paysage, son cadre de vie ou encore à la valorisation de son patrimoine. Lorsqu’ils se sont emparés de la démarche SCoT, il était alors évident pour eux qu’il fallait faire un projet de territoire intégrant toutes ces dimensions (environnement, biodiversité, énergie, etc.) Alors que les services sectoriels (énergie et environnement) travaillaient depuis longtemps chacun de leur côté, ils ont commencé à travailler ensemble (projet de guide sur l’éolien, trame bleue, paysage, zone natura 2000, sensibilisation, etc.). Ils ont ainsi montré qu’il était possible de mener ensemble des actions utiles répondant aux préoccupations des élus et de faire de la feuille de route Néo Terra une réalité sur leur territoire.

 

Santé

 

Enfin,  Carole Doucet, cheffe du service régional santé et silver économie à Bordeaux a évoqué les priorités “Santé” 2022. Parmi elles, nous pouvons retrouver :

  • L’accès à la santé et aux soins pour tous
  • L’attractivité des métiers de l’aide à domicile
  • Le maintien de professionnels de santé humaine mais aussi des activités vétérinaires
  • La prévention et la santé environnement

 

Toutes ses grandes priorités se traduisent par plusieurs types de soutien :

  • Appel à projet Prév’NA avec un volet territorial qui soutient des projets de prévention conduits dans le cadre des contrats locaux de santé. 
  • Appel à manifestation d’intérêt Territoires santé du futur pour adapter les outils aux métiers du futur et aux territoires
  • Soutien à des projets de télémédecine
  • Appel à projet Santé environnement
  • Soutien à des projets spécifiques de recherche et de développement d’accès aux soins comme le projet Ange Gardien qui a pour objectif de relier les médecins libéraux de premier recours d’un territoire aux médecins du CHU de Bordeaux via une application mobile. Cela permet de repérer plus vite les maladies d’origine immunologique à risque de chronicisation.

 

Elodie de la Grange, cheffe de projet territorial et santé-silver économie sur le territoire Sud Gironde (33) a témoigné de la démarche globale menée sur la problématique santé et silver économie. Pour aborder ces sujets-là, le territoire est parti de l’angle économique en travaillant avec ADI, des entreprises innovantes et la Région. Néanmoins, cet angle d’attaque a été mal compris et mal accepté par la population. Cette dernière les a en effet accusé de vouloir capitaliser le bien vieillir. C’est pourquoi, l’angle d’approche a changé. L’écosystème d’acteurs avec qui ils travaillaient s’est élargi aux professionnels de santé du secteur public, du sanitaire, du médico-social et du social. A partir de là, un travail s’est alors engagé jusqu’à la signature d’un contrat local de santé en 2019. Ce dernier vise à réduire les inégalités d’accès à la santé. le but est d’être sur le bien-être global de la population à travers :

  • La promotion de l’accès à l’offre de soins : aides aux maisons de santé, accompagnement aux Communautés professionnelles territoriales de santé, etc.
  • La santé environnementale : un observatoire local en santé environnement sur l’exposition du riverains aux pesticides et un projet en cours sur l‘implantation de lisières viticole pour faire des espaces tampons et naturelles entre les exploitations viticoles et les habitations.
  • Le pouvoir d’agir des personnes : éducation, empowerment et capacité à prendre soin de soi.
  • L’autonomie et le bien vieillir : ouverture d’une maison sport santé (label national) pour promouvoir l’activité physique.

 

En 2022, une étude a certifié le plan de développement “Haute Sécurité Santé”. Le territoire bénéficie donc d’une feuille de route pour continuer à avancer en ce sens.

 

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