Un Pacte alimentaire ambitieux et co-construit en Nouvelle-Aquitaine

C’est au salon de l’agriculture régional que s’est tenue la réunion du Comité Régional Alimentation Durable et Locale (CORALIM) Nouvelle-Aquitaine, le 23 mai dernier. Lors de ce dernier, ont été présentées les ambitions partagées du Pacte Alimentaire Nouvelle-Aquitaine pour une alimentation durable et locale jusqu’à 2025.

 

D’une feuille de route à un Pacte Alimentaire pour une alimentation durable et locale

 

Petit retour historique. Suite aux Etats généraux de l’alimentation de 2017, une feuille de route Agriculture, Alimentation et Territoires est signée par l’Etat, la Région et les têtes de réseaux (ARIA, FRAB, AANA, Chambre d’agriculture, etc.) en 2019. Suite au bilan de cette feuille de route 2018-2020, un Pacte alimentaire est signé en 2021, avec de nouvelles têtes de réseaux (FCD, ACENA, UMIH). Les champs d’action sont précisés et intègrent notamment les enjeux de la solidarité alimentaire.

 

Un Pacte alimentaire ?  Pour quoi faire ?

 

Chacune des personnes présentes a été invitée à répondre à cette question. Pour la Région et l’Etat, l’intérêt du Pacte est triple. Premièrement, pour que l’ensemble des acteurs, de l’amont à l’aval, s’engagent. Deuxièmement, afin d’assurer la coordination entre les acteurs, la transversalité, la mutualisation et éviter les redondances. Enfin, pour rendre lisibles et visibles les actions des acteurs. De plus, ce Pacte doit aussi garantir souveraineté et résilience alimentaires, la première figurant désormais dans l’intitulé du Ministère.

Pour l’Association des Coordonnateurs d’EPLE de la Nouvelle-Aquitaine (ACENA), le Pacte est une reconnaissance du travail accompli, autant qu’un encouragement à contribuer à des politiques publiques concertées. Par ailleurs, la présence des interprofessions dans le Pacte leur permet aussi :

  • de se rapprocher du terrain,
  • d’accompagner les producteurs lors de périodes difficiles comme l’inflation.

 

Du côté de l’Insertion par l’Activité Économique (INAE), le Pacte offre un positionnement sur les champs de la production et de la transformation. Dans un contexte où la main d’œuvre va bientôt venir à manquer, ils sont partenaire des filières sur la montée en compétence des futurs ouvriers agricole.

Enfin, le Pacte permet à PQN-A de conforter l’animation en direction des Démarches Alimentaires Territoriales (DAT). Un travail spécifique est notamment mené pour les porteurs d’initiatives alimentaires durables et solidaires.

 

Le Pacte alimentaire entérine cinq domaines d’action stratégiques co-construits par les signataires

 

Les cinq domaines d’actions stratégiques répondent à une vision transversale de l’alimentation pour 2025 :

  1. Favoriser les circuits de proximité et la vente directe 

Les actions vont du soutien financier à l’accompagnement collectif et individuel des producteurs à l’installation en production, la transformation, la mutualisation de commercialisation.

  1. Faciliter les initiatives de territoires concourant à la relocalisation de l’économie par le développement de circuits alimentaires locaux

Les actions visent la multiplication des DAT et Projets Alimentaires Territoriales (PAT) et leur mise en réseau. Aussi, d’autres actions ambitionnent de structurer des filières locales. Premièrement, via la diversification. Deuxièmement, avec un travail sur la logistique. Et pour finir, grâce à un maillage des ateliers de transformation en intégrant les initiatives de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) et l’Insertion par l’Activité Economique (IAE).

  1. Structurer l’offre régionale et organiser les filières pour répondre aux marchés régionaux

Un pôle de compétence en restauration collective publique piloté par l’Etat et la Région aide à la structuration de l’offre et de la demande. Celle-ci se réalise via l’accompagnement des filières et des collectivités à intégrer les produits locaux et sous signes de qualité. Ainsi, la réunion a été l’occasion pour la Région et l’ACENA de signer une convention. Celle-ci permettra de porter la part de local de qualité à 60% (dont 30% de bio) au lycée conformément à l’ambition régionale.

  1. Eveiller, informer et former les professionnels et les consommateurs

Les actions visent :

 

  1. Favoriser la solidarité et la citoyenneté alimentaire

L’action porte principalement sur le soutien au don alimentaire et à l’accessibilité des jeunes à une alimentation locale de qualité. La Région souhaite notamment expérimenter la tarification solidaire dans les lycées.

 

Rassembler les acteurs, c’est permettre à chacun d’exprimer son point de vue et d’identifier des points de vigilance

 

Lors du comité, certains signataires ont tenu à souligner des points de vigilance :

  • Assurer un meilleur partage de la valeur en faveur des producteurs, au risque sinon de “passer à côté du projet”. En effet, cet enjeu déjà ciblé par les lois EGALIM peine à être résolu.
  • Développer des circuits courts et de proximité en prenant en compte les artisans de bouche. Ceux-ci jouent un rôle essentiel dans la valorisation des produits.
  • Dépasser certaines représentations péjoratives réciproques entre la profession agricole et les consommateurs. Mais aussi intégrer pleinement les consommateurs dans les choix d’orientations du système alimentaire.
  • Garantir une alimentation saine (tout autant que durable et locale).

In fine, le Pacte alimentaire rassemble une diversité d’acteurs aux positions parfois contrastées. Néanmoins, cela n’empêche pas d’avancer vers un système alimentaire durable, local et sain.

 

Vous souhaitez en savoir plus ? Contactez-nous !

 

Alexia MICHOUD, chargée de missions Démarches alimentaires de territoire et Revitalisation des centres-villes et des centres-bourgs

Tél : 07 56 38 26 89

Mail : alexia.michoud@pqn-a.fr

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