Une régie agricole, quels points de vigilance et quelles possibilités d’action ?

Vignette CR régie agricole

Entre urbanisation et déprise agricole, la surface agricole disponible devient à certains égards une ressource rare et non renouvelable. Face à la loi demandant l’augmentation du bio-local dans la restauration collective, comment allier les deux enjeux ? La régie agricole est-elle vraiment la solution clé en main ? Quels points de vigilance et quelles possibilité d’action ? Éclairages avec des acteurs de terrain travaillant ces questions de foncier et d’installation en Nouvelle-Aquitaine…

 

CR atelier régie agricoleCet atelier de co-développement a eu lieu au printemps 2019 lors des rencontres “Foncier, installation et transmission en agriculture” du réseau des démarches alimentaires territoriales.

Retrouvez aussi la fiche pdf en ligne

 

 

 

Animation

Le Bocal Local  |  Accompagnateur des collectivités sur la pertinence et les possibilités de mise en place d’une régie agricole sur leur territoire.

Le dispositif T.R.A.C.E., Tremplin vers une Régie Agricole Communale Evolutive, est proposé par Le Bocal Local pour répondre de façon proactive à la question de l’approvisionnement de la restauration collective en fruits et légumes. Cet accompagnement permet alors aux élus de réfléchir à la relocalisation de leur capacité alimentaire. Il propose ainsi de prendre en main la question de l’alimentation à travers l’outil qu’est Régie communale.

 

Les participants

Citoyenne d’Oloron Ste Marie, doctorante, CIVAM du Béarn, la maison du jardinier à Pau, Directeur de la politique de la ville de Mont de Marsan, Syndicat mixte du Grand Pau, Collectif citoyen des Landes, Agrilocal 40, Collectif fermier 64, GPV Bordeaux Rive Droite .

La frise Foncier, Installation-Transmission dans une Démarche Alimentaire de Territoire de PQN-A présente les acteurs et les outils à disposition des collectivités sur le sujet. C’est un bon début pour penser sa démarche !

 

L’anti-projet – Comment une collectivité peut-elle être sûre de rater un projet de régie agricole ?

 

Et quelques conseils pour l’éviter au sein de la collectivité …

 

  • Blocage au niveau du PLU ou de la réglementation (foncier, sanitaire, publique, …)
    • Anticiper toutes les démarches administratives
    • S’inspirer et voir les différentes possibilités et expériences déjà mises en place pour anticiper les imprévus
    • Travailler le sujet auprès des élus, s’assurer d’un bon portage politique

 

  • Pas de chef de projet. Embauche de personnes peu compétentes sur le sujet ou déjà chargées de mission sur un autre temps, pas de connaissances agronomiques dans la collectivité en amont du projet. Penser qu’un stagiaire, un service civique ou la motivation des habitants suffira.
    • Dédier un ETP correctement rémunéré au projet
    • Favoriser les candidatures de personnes ayant une expérience et des connaissances concernant : restauration collective, agronomie et monde agricole
    • Recruter un profil « animateur.trice » plutôt que « gestionnaire de projet » pur

 

  • Pas d’adhésion en interne à la collectivité, sur le territoire (mobilisation citoyenne contre le projet) ou du côté des élus.

 

  • Compter sur l’aspect pédagogique du projet pour assurer la pérennité du système
    • Réfléchir collectivement pour trouver les enjeux partagée. Ensuite penser la place de chacun autour du projet
    • Communiquer et poser dès le départ les problèmes éventuels et difficultés qui seront rencontrées pendant le projet

 

  • Pas de diagnostic de territoire, pas de benchmark au préalable : productions inadéquates aux besoins du territoire, peu de demande restoco, beaucoup de producteurs vendent déjà en direct à la restoco
    • Travail en amont au sein de la collectivité pour diagnostiquer l’échelle, les besoins, les acteurs déjà engagés, les personnes sur qui s’appuyer

 

  • Enfin, attendre un coût repas-jour diminué, mal communiquer (trop ou pas assez vendre le projet dans la collectivité)
    • Annoncer une augmentation du prix
    • Travailler pour diminuer le gaspillage alimentaire avec une meilleure gestion
    • Faire des investissements mutualisés

 

… et sur le terrain

 

  • Une régie généraliste avec des productions trop diversifiées : maraîchage, élevage, …
    • Prendre en compte la temporalité et la spécificité du projet.
    • Commencer petit mais efficace pour pouvoir construire tout le nouveau système autour de concret.
    • Penser au matériel spécifique aux cultures en place : serres, bâtiments d’élevage, …
    • Différer l’investissement. Par exemple accoler la régie à une espace test ou à une Coopérative d’ Utilisation de Matériel Agricole (CUMA)

 

  • Choisir des terres polluées ou incompatibles. Ainsi se supprimer la possibilité du bio, avoir des légumes impropres à la consommation et devoir faire des cultures hors sol
  • Choisir des parcelles très morcelées ou pas adaptés aux cultures, ne pas avoir d’accès à l’eau, le gaz ou l’électricité, une accessibilité difficile compliquant le transport des denrées
    • S’appuyer sur les compétences existantes auprès des acteurs spécialisés pour choisir le parcellaire. SAFER, Chambre d’agriculture, EDF, Suez, la commune concernée …
    • Prendre le temps
    • Se faire accompagner

 

  • Ne pas anticiper le rythme scolaire avec vacances, horaires spécifiques, astreintes, …

 

  • Pas de partenariat avec le tissu agricole, associatif, institutionnel. Oublier les acteurs de la restoco, les acheteurs publics, la société civile, les diététiciens, le secteur du sanitaire. Les producteurs locaux se sentent trahis
    • Travailler le sujet et sensibiliser tous les acteurs concernés de façon progressive pour ensuite trouver une place à chaque acteur dans le projet
    • Modèle mixte où la régie complète d’autres actions multipartenariale. Groupement d’achats avec d’autres collectivités, intégration des producteurs locaux, grossiste ou plateforme de produits locaux pour répondre ainsi à une grosse demande

 

  • Enfin, ne pas former ni ne posséder le matériel et les infrastructures adéquats pour travailler la matière première fraîche : pas de cuisine interne, pas de légumerie, personnel habitué à la liaison chaude ou froide
    • Anticiper et penser les investissements avant même de penser la partie « agricole » du projet

 

Pour aller plus loin

 

Foncier Installation transmissionRetrouvez les autres comptes rendus d’ateliers de la rencontre Foncier, installation et transmission en agriculture” sur la page dédiée mais aussi toutes nos ressources méthodologiques sur cette thématique.

 

 

 

 

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