Web-conférence #9 “Grands villages de demain : comment les villages mettent-ils en œuvre leur projet de revitalisation?”, ce qu’il faut retenir

Par où commencer pour revitaliser son centre-bourg ? Comment enclencher la dynamique ? Quel est le rôle de l’élu.e ? Quelles sont les ressources dont disposent les petites communes pour leur projet ? Quelle(s) ingénierie(s) ? Quel(s) financement(s) ? Autant de questions que nous avons souhaité aborder dans notre dernière web-conférence sur les “grands villages”.

 

Le 13 octobre 2022, Pays et Quartiers de Nouvelle-Aquitaine (PQN-A) a organisé une web-conférence autour de la revitalisation des petites communes ou plutôt des “grands villages”. Expression chère à Franck Bonnet, à qui nous rendons hommage à travers le titre et le sujet de cette web-conférence, elle met en exergue l’idée que les villages ne sont petits que par leur taille. Ils peuvent aussi être et sont des lieux d’innovation et d’expérimentation.

Cette web-conférence a réuni une centaine de participants (élu.es, technicien.nes et autres) autour des invité.es du jour :

  1. Nathalie Herard, directrice du CAUE 47 et Rosemarie Ducrocq, architecte au CAUE 47, pour les propos introductifs
  2. Cyril Arhie, maire de Menditte (64) et Gilles Coutures, maire de Geaune (40), pour le témoignage des élus
  3. Caroline Gareaud, chargée de mission au SGAR Nouvelle-Aquitaine, Sandrine Hernandez, conseillère régionale déléguée à la revitalisation des centres-bourgs, au foncier et à l’urbanisme et Adil Taoufik, directeur territorial Grands comptes régionaux et innovation à la Banque des territoires, pour la clôture

 

Retrouvez le replay de la web-conférence !

 

Petites communes, grandes communes, des enjeux similaires en terme de revitalisation

 

La dévitalisation des centres-villes et des centres-bourgs touche les communes en dépit de leur taille géographique et démographique. Si les problématiques peuvent diverger, certaines convergent : un centre qui se vide, des commerces qui ferment, des services délocalisés, des habitats insalubres, sans parler de la vacance. 

Les programmes nationaux (Action Cœur de ville, Petites Villes de Demain) ou encore les Appels à Manifestation d’Intérêt (AMI) Revitalisation des centres-bourgs portés respectivement par l’Etat et la Région Nouvelle-Aquitaine témoignent du besoin de se mettre en action pour répondre aux problématiques de dévitalisation. Néanmoins, toutes les communes ne peuvent être lauréates de ces programmes et de ces dispositifs. Et les villages ont d’ailleurs souvent du mal à y candidater en raison de la taille de la commune mais aussi d’un manque d’ingénierie. En effet, le ou la maire et le ou la secrétaire de mairie sont parfois les seuls techniciens de la collectivité.

Ces différents éléments ont été évoqués par nos intervenants. Nous y reviendrons tout au long de cet article. Pour commencer, un des premiers éléments structurants qui est ressorti est l’importance de construire et d’écrire une stratégie globale pour un projet de revitalisation cohérent. 

 

Le projet global, un essentiel même pour les petites communes

Construire une stratégie globale

Par où commencer ?

 

Comme nous l’a rappelé Nathalie Hérard, directrice du CAUE 47 dans son introduction, “la revitalisation des centres-bourgs, c ‘est un ensemble de problématiques à traiter simultanément”. Toutefois, face à cette diversité, les élu.es ne savent pas toujours par où commencer ni comment arbitrer entre ces problématiques (vacance du logement, dernier commerce, maintien de l’école, etc.). Gille Couture, maire de Geaune confirme. “Quand on commence à être maire d’une commune, on n’a pas de vision globale mais on a un héritage à assurer. On a parfois des travaux à faire, ponctuels. Les premières années, on fait donc du coup par coup sans voir que tout est lié et que si on veut développer notre commune, il faut avoir une vision d’ensemble.”

La réflexion pluri-thématique et transversale

 

Nathalie Hérard appuie son propos. Sur les petites centralités que sont les villages et qui conjuguent souvent beaucoup de difficultés, “le projet global est la réponse fondamentale“. Alors projet global, plan-guide, plan de référence, d’après nos intervenants, c’est la même idée. Il s’agit de prendre le temps d’une réflexion pluri-thématique et transversale qui va toucher à tous les aspects du fonctionnement d’une centralité. Comme le dit la directrice du CAUE 47, “c’est une démarche qui est très riche car elle met en lumière à la fois les problèmes à résoudre et ce sur quoi on va pouvoir s’appuyer pour résoudre ces problématiques.” Cette réflexion, faite au travers de diagnostics, d’études ou encore de consultations permet d’aboutir à une stratégie pour revitaliser sa commune, à une vision globale, ligne directrice du projet de territoire.

La logique du plan-guide permet aussi d’aider les élu.es à savoir par quoi commencer, comment phaser les choses, comment les échelonner dans le temps. Elle permet aussi d’aborder la question cruciale du financement.

Pour Adil Taoufik, directeur territorial Grands comptes et Innovation à la Banque des territoires, “partir d’un plan guide, c’est fondamental. On le voit dans l’ingénierie que l’on finance dans le cadre de Petites Villes de Demain (PVD) et avec la Région dans le cadre de l’AMI. C’est un point décisif, c’est de là que découle des projets qui potentiellement se réaliseront, qui sont cohérent ou bien ne se réaliseront pas d’ailleurs, d’où l’importance des études.” Il reprend, en effet, les propos de Gille Couture, qui a insisté sur le fait que “faire des études, c’est important car ça évite de faire des erreurs. Ce n’est pas une perte de temps

 

S’appuyer sur la ressource existante

 

Cette question des échelles appelle à parler des échelles de territoires supra comme les intercommunalités. Nathalie Hérard explique que ces dernières “sont bien évidemment associées aux réflexions de ces plans de référence communaux ou du moins doivent l’être.” En effet, cela semble primordial pour deux raisons majeures. Aujourd’hui, beaucoup de compétences sont exercées à cette échelle mais aussi et surtout car, pour qu’une commune arrive à se revitaliser, elle a besoin de s’appuyer sur d’autres acteurs et d’autres partenaires, notamment pour bénéficier d’une ingénierie compétente.

 

Associer les habitant.es et les acteurs locaux

 

La participation des habitant.es et des acteurs locaux (dont les usagers) est une partie très importante dans la construction du projet global. Ce sont également des ressources à solliciter et dont toutes les communes bénéficient.

L’équipe du CAUE 47 a accompagné plusieurs démarches dans des communes du Lot-et-Garonne. De ces expériences, elle est arrivée à un constat. La participation est souvent conçue avec une approche utilitaire “les habitants vont nous aider à parfaire le projet”. Pourtant, il y a une réelle attente de leur part “d’être les véritables acteurs du projet et de se positionner comme co-constructeur.” A ce niveau de participation (co-construction, co-décision), Nathalie Hérard précise qu’il est préférable que la commune se fasse accompagner par des professionnels. Mais de ces expérimentations, elle retient une chose : “l’habitant est une une force. Il peut produire des solutions économes, peu coûteuses et intelligentes si on sait lui donner sa place.”

 

Financer son projet de revitalisation

Mettre tout le monde autour de la table

 

Ce que l’on retient, c’est qu’il faut dès le début associer les partenaires et mettre tout le monde autour de la table. L’important c’est de chercher du financement en parallèle de la mise en œuvre du projet. A ce titre, Adil Taoufik a salué les témoignages des deux élus présents. “Vous avez fait exactement les étapes pour lesquelles on plaide c’est-à-dire : construire un plan stratégique, associer la population, mener des études et surtout parallèlement commencer à réunir les acteurs autour de la table.” Il précise que “le faire pour un village de 200 ou de 600 habitants , ça prouve que quelle que soit l’échelle du territoire qu’on investit, le phasage et la façon de mener les travaux sont généralement les mêmes.” 

 

Anticiper les financements : le programme pluriannuel d’intervention (PPI)

 

Sandrine Hernandez a le même avis : “anticiper les financements au-delà de l’annualité budgétaire et avoir un programme pluriannuel d’intervention (PPI) sur l’ensemble du projet permet aux financeurs de se projeter.” Grâce à cette vision stratégique à court, moyen et long terme, les communes ont plus de chances de mettre d’accord les financeurs et de bénéficier de leurs aides. C’est pourquoi, les intervenants mettent en garde contre la posture de la cueillette de subventions via les appels à projet (AAP) ou les AMI. Cette posture détourne parfois de l’objet initial : le projet transversal et global. 

 

Pour conclure sur le projet global, Nathalie Hérard a l’impression que les choses avancent. “Avant, on avait du mal à convaincre les communes de faire des plans de références. Aujourd’hui, ça devient plus facile probablement car les exemples des autres montrent l’intérêt de mener ce genre de démarche.” Observons donc ce qu’il s’est passé à Menditte, village d’environ 200 habitants dans la vallée de la Soule (64) et à Geaune, village d’environ 650 habitants à l’est du département des Landes.

 

Deux témoignages de maires sur leur projet de revitalisation

Menditte, d’un projet de fronton à la construction d’un projet de revitalisation global

Le projet de fronton et l’accompagnement par Tequio

 

A Menditte, nous raconte Cyril Arhie, maire du village depuis 2020, la démographie vieillit, le centre se vide, le comité des fêtes est arrêté. A son élection, il décide de remettre sur la table un ancien projet : celui de construire un fronton. En effet, Menditte est un des derniers villages souletins à ne pas en avoir. Le maire et son équipe municipale se lancent alors dans ce projet avec l’idée de l’implanter près de la mairie. Pour cela, la commune se fait accompagner par Tequio, une coopérative prônant le modèle collaboratif et luttant pour l’habitat responsable. Cette coopérative est financée à 70% via le Leader Montagne Basque.

Tequio a donc commencé à faire des enquêtes au niveau des villageois pour savoir ce qu’ils pensaient de Menditte et ce qu’ils voulaient que le village devienne. La coopérative Tequio a également enquêté auprès de personnes qui utilisent la commune (retraités, marcheurs, joueurs de rugby ou de pelote, etc.). Suite à cette enquête, Cyril Arhie nous raconte qu’ils ont fait une réunion publique en juillet 2020 pour présenter les résultats. Ils ont ensuite proposé aux habitants d’écrire anonymement à la mairie leurs attentes, idées ou projets pour répondre aux besoins mis en lumière par l’enquête.

On a reçu pas mal de réponses. Alors certes, il manquait un fronton mais finalement il n’y avait pas que ça. Les villageois nous ont écrit qu’il y avait besoin d’activités : un terrain de pétanque, des aires de jeu pour enfants. Un artiste peintre nous a fait remonter qu’il ne disposait pas d’endroits dans le village pour exposer. Finalement, et avec l’accompagnement de Tequio, on a mélangé tous les retours et on a construit un projet global.

 

Comment faire vivre les projets sur le long terme ?

 

Toutefois, Cyril Arhie met le doigt sur un point de vigilance. “C’est bien joli d’avoir des projets mais il faut aussi réfléchir à comment les faire vivre après.” Ainsi, six mois plus tard, en réunion publique, le maire et son équipe municipale ont choisi de créer des commissions (la commission fronton, la commission pétanque, la commission verger, etc.) Ces dernières, avec chacune un élu référent, “ont pour but de nous aider à créer, à suivre les différents projets et à les faire vivre sur le long terme”. Chaque villageois pouvait alors s’inscrire dans la ou les commissions de son choix car, précise le maire, “ce sont les habitants qui feront vivre les projets après”. Il explique également qu’il n’est dans aucune commission : “je suis dans le projet depuis le début, je voulais laisser la liberté aux élus et de la place à tout le monde”. Tout le travail se fait donc dans les commissions. Il est ensuite remonté en conseil municipal où les décisions sont prises.

Côté financement, Cyril Arhie explique que c’est un projet finalement conséquent. C’est pourquoi, en parallèle avec l’avancée du projet, ils ont réuni tous les financeurs à Bayonne en mai 2021 (Etat, Région, Département, Communauté d’agglomération). Ils leur ont présenté la démarche et les projets. Ils sont ainsi arrivés à boucler le plan de financement. 

 

La naissance d’un projet global

 

Finalement, d’un projet de fronton, la commune de Menditte est arrivée à un projet global de revitalisation. Ce qui est flagrant, c’est qu’alors même que le projet n’est pas abouti, la démarche de participation et le travail engagé a fait renaître un entrain villageois. “Ça a recréé pleins de liens dans le village. Le comité des fêtes s’est recréé, une jolie jeunesse arrive. Il y a un repas des villageois. Les femmes du village organisent un repas entre elles chaque année. Une villageoise a également décidé de réaliser un goûter de Noël chez elle pour tous les enfants du village, etc. C’est un petit village donc ce sont des petites choses mais cela a complètement changé la dynamique.”

Pour Cyril Arhie, quand on est maire d’un village comme le sien, “il ne faut pas avoir peur. Il faut parfois  y aller un peu tête baissée et ne pas avoir peur de foncer. Mais, quand on est bien accompagné, c’est possible. Il faut parler, il faut être curieux et avoir de l’envie.

 

Geaune, une commune d’équilibre dans l’est landais

Un enjeu de maintien des activités commerciales et des services

 

Gille Couture, maire de Geaune depuis 2008, nous explique que son village est une commune d’équilibre pour les villages autour. En effet, elle se trouve loin des grandes surfaces commerciales et des grandes villes landaises et béarnaises (à 45 min de Pau et de Mont-de-Marsan). De ce fait, elle possède encore une gendarmerie, un collège, une poste, des artisans, une piscine, etc. Toutefois, malgré ces caractéristiques, il y a quand même des signes de dévitalisation. Les logements en centre-bourg ne correspondent plus à la demande. La vacance est présente. Et pour une telle commune, le maintien des commerces et des services constitue un enjeu permanent. 

Ainsi, en 2017, la commune cherche à obtenir le label touristique Petites Cités de Caractères. “On est éligible mais il y a encore beaucoup de travail, notamment sur la vision globale.” C’est pourquoi, en plus des caractéristiques citées plus haut, qu’en 2019, la commune se lance dans la construction d’un plan de référence. Pour Gille Couture, “un plan de référence, c’est savoir ce qu’on veut faire de notre commune dans cinq, dix, quinze ans et ce, dans tous les domaines”. Il précise qu’il est primordial d’avoir une démarche participative en parallèle. “Il faut que les gens soient impliqués pour qu’ils deviennent ambassadeurs de leur commune et de leur territoire.”

 

La mise en œuvre du plan de référence

 

Pour ce plan de référence, le maire et l’équipe municipale s’appuient donc sur un bureau d’étude qui favorise la participation des habitants et des usagers de la commune (plus de 10% participe aux ateliers). En 2020, le plan de référence est terminé mais la crise sanitaire freine le déploiement de certaines actions. Aujourd’hui, les travaux repartent. “Ca se concrétise mais bon la revitalisation c’est du long terme. Mes successeurs continueront le travail.”

Le plan de référence a permis, entre autres, de mettre en exergue des îlots à restructurer pour faire de l’habitat mais aussi des actions à mettre en place autour de la valorisation du patrimoine vigneron. Concrètement, pour répondre à la vacance et aux problèmes liés à l’habitat, “on a travaillé sur différents outils : une OPAH mais aussi un plan façade pour aider les gens à rénover. Ça n’a pas pris puis un a commencé et d’autres ont suivi. Il y a aussi des outils plus coercitifs comme la taxe d’habitation logement vacant. Et finalement, grâce à Covid, beaucoup de maisons se sont vendues. Les gens ont rénové et la vacance a régressé.” Le projet phare en lien avec le vin du Tursan commence également à voir le jour. “La vigne c’est important. Le symbole, c’est de créer un chemin de la vigne dans une rue quasi piétonne pour faire un musée à ciel ouvert et montrer l’importance de cette activité pour notre territoire.”

 

Aller chercher les partenaires et travailler avec les ressources existantes

 

Au niveau des partenaires, la commune travaille avec le CAUE 40, le service urbanisme de la communauté de communes, les chambres consulaires également, la Banque des territoires, sans oublier tous les partenaires classiques (Etat, Région, Département). “Le CAUE nous a aidé à établir le cahier des charges. Ils nous suivent aussi au niveau ingénierie comme le service urbanisme de l’intercommunalité.” Et c’est Gille Couture qui coordonne tout cela. Car, Geaune, également lauréate de PVD, n’a pas souhaité bénéficier d’un chef de projet. “Le chef de projet, c’est moi. On est une petite commune assez concentrée. Avec le plan de référence, on a une bonne vision de ce qu’il faut faire et avec les partenaires actuels, ça fonctionne. La Banque des territoires nous aide aussi pour tout ce qui est étude et ingénierie.

 

Pour terminer, il nous partage son expérience. “Quand on est maire d’une petite commune, il faut vraiment réfléchir et faire un état des lieux objectifs et exhaustifs. On a des faiblesses mais aussi des atouts. Il faut travailler au devenir de sa commune et faire participer les habitants, ça recrée du lien social.” 

 

Le temps, opportunité ou contrainte ?

Perdre du temps aujourd’hui peut permettre d’en gagner après

 

Le temps est souvent vu comme une contrainte par les élu.es. Un des premiers éléments, c’est que perdre du temps aujourd’hui peut permettre d’en gagner après. En effet, dans le projet global, les échelles de temps se mêlent. Le CAUE 47 nous donne un exemple. “Dans un des projets, on avait une difficulté sur la maîtrise de certaines parcelles. On a pris le pari de travailler en temps masqué. Nous avons donc continué d’avancer en attendant que l’Etablissement Public Foncier de Nouvelle-Aquitaine (EPF N-A) engage les négociations. Finalement, la situation s’est débloquée. Nous étions bloquées sur un sujet pourtant nous n’avons pas perdu de temps à attendre. Nous avons mobilisé ce temps pour faire avancer un autre pan du projet.” Le temps peut donc être un atout sur lequel s’appuyer pour faire en sorte que le projet soit le plus complet possible.

 

L’appropriation de la démarche par l’ensemble des acteurs

 

Un deuxième élément, c’est le temps pour les acteurs et les habitant.es de s’approprier la démarche et de bien appréhender les enjeux. Nathalie Herard nous propose un autre exemple. “Dans un projet de réinvestissement patrimonial global, on savait qu’on allait être confronté à un enjeu de chaise musicale. Beaucoup d’acteurs, divers projets et on ne savait pas comment on allait gérer ça. Finalement, grâce au temps qu’on a pris pour partager la démarche et faire participer les habitants lors d’ateliers, la situation s’est débloquée. Un des participants, propriétaire foncier, a choisi de vendre, conscient de participer au bien commun de la commune.” Le temps peut donc aider à maturer certaines situations bloquées.

Gilles Couture partage cette idée. Bien que, lorsqu’on est élu, le temps puisse faire peur, “il faut savoir le prendre. Il faut vraiment réfléchir et surtout ne pas hésiter à aller chercher toutes les ressources, bailleurs sociaux, foncière, promoteurs, etc. pour faire à la place de la commune. Car, la commune n’a jamais les moyens d’aménager toute seule.” Il insiste aussi sur le fait de prioriser et de prendre le temps pour bien le faire comprendre à la population. Il en va de même pour Cyril Arhie. Pour lui, il va falloir compter quatre bonnes années entre la conception du projet et sa concrétisation, voir encore plus pour certains projets. “Il faut savoir l’expliquer à la population, leur dire que ça va être long mais que ça va se faire. Ce n’est plus des projets de mandats aujourd’hui, ce sont des projets de territoire.

 

Quelle(s) ingénierie(s) pour les petites communes ?

 

Ce point a déjà longuement été abordé plus haut mais Gilles Couture tient à préciser. “Le problème, au niveau ingénierie, c’est quand on a des AAP ou des AMI. L’Etat et certaines régions raisonnent beaucoup avec ces dispositifs. Certes, ils veulent nous aider mais lorsque nous n’avons qu’une secrétaire de mairie c’est compliqué. Pour y répondre, on peut donc être aidé par le CAUE, la Banque des territoires, l’intercommunalité ou le département. Mais il faudrait que toutes les petites communes puissent en bénéficier afin de faire remonter des projets qui parfois ne voient pas le jour faute de moyens.” Néanmoins, il reste persuadé que la vision globale et s’appuyer sur les ressources existantes sont la clé.

Rosemarie Ducrocq partage son avis. “On déplore le manque d’ingénierie dans les villages. Mais le fait d’avoir une stratégie globale travaillée, un plan guide ou un plan de référence, ça permet d’avoir un propos structuré dans les tiroirs au moment de la sortie des AAP. Et donc, de gagner du temps pour remplir les dossiers.” 

Avant de clôturer cet article, voici un peu plus d’informations sur les différents accompagnements du CAUE 47, de la Région Nouvelle-Aquitaine, de la Banque des territoires et de l’Etat.

 

Le CAUE 47

 

Le CAUE est une association assez particulière car c’est une association de droit privé qui exerce une mission de service public au sein d’un département et qui apporte du conseil aux collectivités et aux particuliers dans les domaines de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage. Il intervient auprès des collectivités par le biais d’une équipe de conseillers aux compétences diverses (architecte, urbaniste paysagiste, conseiller en maîtrise de l’énergie, etc.). Au CAUE 47, il développe aujourd’hui une nouvelle compétence dans le champ de la médiation et de la participation.

 

La Région Nouvelle-Aquitaine

 

Sandrine Hernandez nous dresse un portrait rapide des actions de la Région sur ces problématiques, d’autant que certaines ont déjà été abordées plus haut. “La Région Nouvelle-Aquitaine essaye de se limiter au niveau des AAP en allant plus sur des règlements d’intervention globaux. Bien que 36 communes soient accompagnées dans le cadre de l’AMI Revitalisation des centres-bourgs, les autres territoires ne sont pas pour autant délaissés. (…) On accompagne le maintien des services de première nécessité, le dernier commerce dans les centralités. Ça a été remonté à plusieurs reprises dans les comités de pilotage des contrats de territoire. La politique contractuelle permet, en effet, d’accompagner les projets de ce type de commune. Il y a aussi le Cluster Ruralité. C’est un outil pour l’innovation dans les territoires ruraux pour faire remonter des projets d’innovation et l’envie de passer à l’action. Sur le sujet de l’ingénierie, la Région finance 120 postes dans les territoires de Nouvelle-Aquitaine. Il y  a également un dispositif autour du logement communal et de la mixité en centre-bourg. On a notamment des discussions avec les bailleurs sociaux. Enfin, il y a aussi la politique sectorielle où on vient dans le champ des compétences de la région : économie, habitat et mixité générationnelle et sur les les projets d‘innovation.

 

La Banque des territoires

 

Adil Taoufik a déjà bien expliqué l’apport de la Banque des territoires mais il précise. “Il y a les grands programmes nationaux qui sont portés par l’Etat, d’autres dispositifs portés par la Région sur lesquels on accompagne. Mais, on a aussi des territoires qui ne sont pas lauréats de ces programmes. A partir du moment où il y a la volonté d’avoir une vision stratégique même si c’est sur des territoires plus petits, il est possible de trouver les moyens d’ingénierie. Par exemple, ceux de la Banque des territoires existent et existaient avant même les programmes pour les territoires qui avaient des stratégies cohérentes. Des solutions existent en dehors des programmes nationaux.

 

L’Etat

 

Caroline Gareaud, chargée de mission au SGAR Nouvelle-Aquitaine présente pour conclure les différents outils portés par l’Etat en région. “Il y a l’agenda rural qui se fait au travers d’AMI et d’AAP tout le long de l’année. Pour vous aider à monter vos projets, il y a également le volontaire territorial administratif (VTA) qui est un chef de projet comme pour PVD mais pour les communes en dehors du réseau PVD. Il y a bien sûr les contrats de relance et de transition écologique (CRTE) et notamment le volet ruralité. Il permet d’élaborer un plan d’action d’autant plus qu’il est un lieu des financeurs. Enfin, il y a aussi le marché à bon de commande de l’ANCT qui permet de vous accompagner en amont de votre projet sur toutes les thématiques. C’est important d’avoir un accompagnement en ingénierie en amont. Pour accéder à ces offres, on a un réseau et c’est le délégué territorial (Préfecture ou DDT/M) dans chaque département qui peut vous renseigner. Vous pouvez les contacter et ils élaboreront avec vous le cahier des charges. D’autant plus que pour les petites communes, c’est souvent une prise en charge à 100%. Cet accompagnement peut également se faire avec le Cerema pour des projets plus élaborés et avec plus d’importance.”

 

Retrouvez aussi le replay de la web-conférence précédente sur “Comment construire et conduire son projet de revitalisation en intégrant la transition climatique ?”

 

 

Retrouvez nos ressources sur la revitalisation

 

 

Vous souhaitez en savoir plus ? Contactez-nous !

 

Coline Babaudou, chargée de mission Revitalisation des centres-villes et des centres-bourgs

E-mail : coline.babaudou@pqn-a.fr

Tél : 06 73 63 17 12

 

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