Webinaire “Mobiliser les différentes formes d’ingénierie en faveur des centres-bourgs” : dix points-clés à retenir !

Webinaire du 15 avril, Revitalisation des centres-bourgs

La mobilisation des différentes ingénieries a vocation à servir le projet de revitalisation d’un centre-ville ou d’un centre-bourg. Qu’est-ce que cela implique pour les élus, les techniciens, et les différents partenaires ? Nous vous avons sélectionné les points saillants et les meilleurs verbatims du webinaire. En dix points, repartez donc avec l’essentiel !

 

Le 15 avril 2021, Pays et Quartiers de Nouvelle-Aquitaine (PQN-A) a organisé un webinaire intitulé “Mobiliser les différentes formes d’ingénierie en faveur des centres-bourgs”. Ce webinaire a réuni près de 130 participants (élus et responsables locaux), autour de trois intervenants et d’acteurs institutionnels.

  1. François-Xavier Leuret – Directeur de Soliha Nouvelle-Aquitaine et professeur associé à l’Institut d’Aménagement, de Tourisme et d’Urbanisme (IATU) a apporté ses éclairages sur le rôle de l’ingénierie dans un projet de revitalisation.
  2. Philippe Sartre, Maire de Garein (40) et Alain Darbon – Maire de Saint-Léonard-de-Noblat (87), président de la communauté de communes de Noblat et élu régional ont témoigné sur la mobilisation de l’ingénierie dans leur projet de revitalisation.
  3. Les acteurs institutionnels (Etat, région, Banque des territoires) ont pu conclure sur cette rencontre.

Voici en dix points ce que l’on peut retenir de ce temps d’échange. 

 

1. Le définition de sa “raison d’être” doit être un préalable au projet de revitalisation

“Le territoire doit commencer par définir sa raison d’être. Qu’est-ce que je suis ? Le comment faire arrive dans un second temps” François-Xavier Leuret, Directeur de Soliha Nouvelle-Aquitaine et Professeur associé au IATU.

“On est parti du slogan ‘redonner une âme villageoise à notre village’. Car il faut pouvoir exprimer l’idée initiale. Comme je dis souvent : sans vision, pas d’ingénierie !” Philippe Sartre, Maire de Garein.

 

2. L’élaboration d’un projet, basé sur un diagnostic et des enjeux identifiés permet de conforter cette vision et d’enclencher une dynamique collective

“Nous avons travaillé sur un Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) puis sur la réponse à l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) Centre-Bourg de l’Etat en 2015. Ces deux travaux nous ont permis de nous créer une vision. Nous avons également réalisé un diagnostic de l’offre commerciale en interrogeant l’ensemble des commerçants et des usagers. Tout cela a permis d’embarquer l’ensemble des partenaires.” Alain Darbon, maire de Saint-Léonard de Noblat.

“L‘ingénierie sert à transformer cette raison d’être en création de valeur” François-Xavier Leuret.

 

3. La réflexion et les études nécessaires à la définition du projet prennent du temps mais ont un coût contenu pour les communes

“Il est vital de prendre le temps de la réflexion. Les études pour moi ne coutent jamais cher, déjà parce qu’on les finance correctement et parce que ce qui coute cher, ce sont les mauvais projets.” Philippe Sartre, maire de Garein.

“Le reste à charge des études est faible car on peut se les faire financer par différents dispositifs. L’Agence Nationale pour la Cohésion des Territoires (ANCT) nous finance aujourd’hui une étude à 100% sur la reconversion d’une friche.” Alain Darbon, maire de Saint-Léonard de Noblat.

“Les communes sont encore très riches car elles ont beaucoup de patrimoine. Il ne s’agit pas de le gérer en stock mais en flux afin de financer les projets.” François-Xavier Leuret.

 

4. Un des défis consiste à rassembler une ingénierie de proximité dispersée autour d’un projet

“Nous nous sommes appuyés au départ sur un architecte confident pour nourrir notre réflexion. Une ingénierie de conseil dispensée par les structures publiques et para publiques comme le Conseil d’Architecture d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE), le Parc naturel régional, le Pôle d’Equilibre Territorial et Rural (PETR) ou Soliha nous ont également permis de mettre en perspective les projets.” Philippe Sartre, maire de Garein.

“Dès le départ, la commune et l’EPCI, ont fait appel à l’ingénierie du Scot et à celle du PETR ainsi que celle de l’Etat avec la DDT et l’UDAP. Cela nous a appris à travailler ensemble.” Alain Darbon, maire de Saint-Léonard de Noblat.

“L’ingénierie ne se résume pas à une personne, mais à l’association de toutes les ingénieries disponibles qui sont nombreuses et qu’il faut mobiliser.” Jean-Philippe Haufeurt, région Nouvelle-Aquitaine, Pôle Délégation à l’Aménagement du Territoire et à l’Attractivité Régionale (DATAR) – Mission revitalisation centre ville/centre-bourg.

“Il s’agit d’avoir une vision complète de l’offre d’ingénierie et de la mobiliser à bon escient. Les services de l’Etat peuvent aider à cela.” Nicolas Thibault, Secrétariat Général pour les Affaires Régionales (SGAR) Nouvelle-Aquitaine, chargé de mission Politiques territoriales.

 

5. Le chef de projet dédié, avec son rôle de coordonnateur, rentre en jeu dans un second temps

“Après deux années de travail et suite à la réponse d’un second appel à projet, la commune se dote d’une cheffe de projet dédié à la revitalisation dont le rôle est de coordonner l’ensemble des acteurs impliqués. C’est le chef d’orchestre ! “ Alain Darbon, maire de Saint-Léonard de Noblat.

“Le chef de projet va être le traducteur entre le projet politique et la faisabilité technique.” Jean-Philippe Haufeurt, région Nouvelle-Aquitaine, Pôle DATAR – Mission revitalisation centre ville/centre-bourg.

 

6. Pour la phase opérationnelle, d’autres acteurs, notamment issus du privé, sont aussi mobilisés

“Je distingue l’ingénierie de conseil de celle plus opérationnelle qui est souvent proposée par les privés : bureaux d’étude, architectes … Pour re-naturer un hectare de friche nous avons par exemple mobilisé de l’ingénierie environnementaliste.” Philippe Sartre, maire de Garein.

 

7. La complémentarité entre l’élu et le chef de projet est fondamentale et s’affine chemin faisant

“On n’emmène pas les chiens à la chasse. L’élu décide et le professionnel éclaire et coordonne. L’équilibre et la confiance réciproque s’acquièrent grâce à la collaboration quotidienne.” Alain Darbon, maire de Saint-Léonard de Noblat.

“L’ingénierie est une aide à la décision qui ne substitue pas aux décisions à prendre.” Patrick Martinez, directeur régional de la Banque des territoires.

“L’ingénierie est au service de l’ambition politique.” Nicolas Thibault, SGAR Nouvelle-Aquitaine, chargé de Mission Politiques territoriales.

 

8. La collaboration avec l’EPCI souvent nécessaire et parfois difficile

“Nous sommes en dehors des radars des politiques publiques de bourgs structurants. Le travail avec l’EPCI nous sert peu.” Philippe Sartre, Maire de Garein.

“Mon rôle de président de l’Etablissement Public de Coopération Intercommunale (EPCI) a permis de lancer ce projet de revitalisation de Saint-Léonard à l’échelle du territoire en essayant d’embarquer les autres communes. Nous avons ainsi souhaité renforcer les deux pôles de centralité secondaire.” Alain Darbon, maire de Saint-Léonard de Noblat.

 

9. L’ingénierie permet aussi de solliciter la participation citoyenne et à l’expertise d’usage

“Un bureau d’étude spécialisé, nous accompagne sur une démarche participative pour faire émerger des idées auxquelles nous élus n’avons pas pensé.” Philippe Sartre, maire de Garein.

“Nous avons fait intervenir le chef de projet du PETR ainsi que la cheffe de projet dédiée à la revitalisation sur ‘l’atelier permanent’, qui regroupe des élus, des experts et des usagers pour travailler ensemble sur des thèmes comme l’habitat, les services publics ou le commerce.” Alain Darbon, maire de Saint-Léonard de Noblat.

 

10. La revitalisation ça prend du temps !

Les deux communes se sont engagées sur des projets de long terme. Les opérations ont mis au moins une mandature avant d’entrer en phase opérationnelle.

“Je ne connais pas de ville qui ont modifié leur centre-ville en moins de dix ans.” Jean-Philippe Haufeurt, région Nouvelle-Aquitaine, Pôle DATAR – Mission revitalisation centre ville/centre-bourg.

“Nous sommes en train d’inverser les processus en revitalisant les centres, cela demande du temps.” Patrick Martinez, directeur régional de la Banque des territoires.

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