La lutte contre la précarité, et notamment alimentaire est un enjeu social important, au cœur de toutes les actions présentées et citées lors de la journée. Cependant, il peut y avoir un décalage entre l’approche conceptuelle de grands projets comme les PAT ou les CLS et le quotidien des bénéficiaires des actions mises en place. Quelques exemples ressortent de la discussion et parmi eux revient souvent le don alimentaire. Le don alimentaire est souvent vécu comme stigmatisant. Les personnes en situation de précarité demandent aujourd’hui d’avoir le choix. Elles veulent pouvoir s’affranchir de cette stigmatisation, un discours qui n’est pas toujours très audible. De plus, le don n’est pas une situation viable.
Il n’existe pas de solution clé en main. De plus, aucun projet ne peut passer en force auprès des citoyens, un public multiforme et aux réalités très diverses. La solution se trouve peut-être dans la multitude des échelles d’intervention. L’adoption d’une “vision microsociale des territoires et de la ville” est essentielle comme le souligne une diététicienne du Centre Aquitain de Rééducation Alimentaire. On retrouve donc dans ces propos l’évocation de la “petite intelligence du terrain” déjà évoquée dans un article sur les démarches alimentaires dans les quartiers prioritaires en Politique de la Ville.
La deuxième présentation d’expérience porte sur l’initiative du GPV Rive Droite (Grand Projet des Villes), un groupement d'intérêt public composé des villes de Bassens, Lormont, Cenon et Floirac. Il est porteur d’une démarche alimentaire, mise en lumière par Benjamin Chambelland son chargé de mission.
“ Si c’était à refaire, on le ferait autrement.”
C’est la réalisation de l’installation d’une micro-ferme sur la commune de Floirac qui lui met la puce à l’oreille. Les objectifs éducatifs, environnementaux et économiques fixés initialement sont atteints. Ainsi, la micro-ferme accueille du public, produit en bio et cultive des variétés anciennes à destination des grands restaurants bordelais. Néanmoins le projet ne touche pas les populations précaires du territoire. C’est pourquoi le GPV se tourne aujourd’hui vers la restauration collective. C’est pour M. CHAMBELLAND, un des meilleurs moyens de toucher l’intégralité des publics de son territoire. Cela aux côtés des nombreuses actions qui contribuent à sensibiliser les mangeurs à des échelles différentes. Néanmoins, il n’est pas possible de tout miser sur les changements d’habitudes. Il faut alors aussi pouvoir s’appuyer sur des structures et acteurs locaux afin de multiplier les actions, les lieux et les formats.
Finalement, encore un argument en faveur des alliances PAT/CLS pour faire valoir la santé dans les actions des territoires. Néanmoins, n'oublions pas que le PAT ou les CLS ne sont que des outils. Et l’outil ne fait pas le projet. On retrouve encore et toujours les clés de ces projets d’envergure. A savoir gouvernance partagée, pilotage multi-acteurs et multi thématiques, écoute du terrain et temps long. Cela pour réussir à comprendre puis répondre aux enjeux du territoire et à la diversité des consommateurs dont nous faisons tous partie.