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Elise VOUVET - Elue Santé Grand Angouleme long

Parole d'acteur #30 - Elise Vouvet, Conseillère déléguée du Grand Angoulême à la santé, santé mentale et environnementale

Vincent Terny, Charlotte Genet
Publié le 30/06/2026
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Dans le cadre de son cycle d’accompagnement des collectivités territoriales pour amplifier l'engagement et la qualité de leurs actions en matière d'alimentation, d'activités physiques et de lutte contre la sédentarité, PQN-A donne la parole à Elise VOUVET, adjointe au maire d'Angoulême et conseillère déléguée du Grand Angoulême à la santé, santé mentale et environnementale.

Pouvez-vous revenir sur votre parcours et ce qui vous a amenée à prendre en charge la santé au Grand Angoulême ?

Je suis adjointe à la Mairie d’Angoulême depuis 12 ans sur le volet vie associative. Au niveau professionnel, j'ai créé et je gère un centre municipal de santé (3 et 4 ETP de médecins généralistes qui assurent des consultations pour la population municipale de la ville de Soyaux). Ce projet  m’a amené à travailler en lien avec l'Agence Régionale de Santé (ARS), avec la Caisse professionnelle d'assurance maladie (CPAM), avec les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), et d’autres acteurs du territoire pour imaginer des projets de coopération. J’ai donc une bonne connaissance des acteurs de la santé et des enjeux associés.  Très naturellement, sur ce mandat-là, le Président de l'Agglomération m'a proposé de prendre la suite de Michel Buisson sur la politique santé du Grand Angoulême.

Quels sont les grands enjeux sur votre territoire en matière de santé publique ?

Sur notre territoire, on identifie trois  enjeux prioritaires : 

  1. La santé environnementale : c’est un sujet qui a été fortement traité et qui a commencé à se structurer lors du précédent mandat (ex : ordonnances vertes). Cette question environnementale constitue un défi avec les effets du changement climatique, de la qualité de l'air, de l'exposition à certaines pollutions sur la santé des habitants, etc. 
  2. L’accès au soin est un enjeu central dans cette délégation, en raison des prévisions de démographie médicale, des délais actuels pour obtenir un rendez-vous. La collectivité  a un rôle de coordination, de prévention, mais aussi d'accompagnement des projets sur le territoire. 
  3. Enfin, la santé mentale constitue le troisième enjeu. C’est devenu une préoccupation importante du territoire, notamment chez les jeunes depuis la crise sanitaire. On a aussi des publics qui cumulent certaines difficultés sociales, et une population vieillissante, confrontée à l’isolement.  

Quel regard portez-vous sur la politique de santé publique portée sur votre territoire lors du dernier mandat ?

Le précédent mandat a permis de structurer une politique environnementale et de prévention avec des actions concrètes et utiles qui répondent à des besoins du territoire. Je pense notamment aux ordonnances vertes à travers le projet « Paniers jeunes pousses ». Il favorise une alimentation de qualité, tout en sensibilisant les familles aux bonnes habitudes et nous permet de soutenir la filière de produits locaux et bio. Il y a également la Maison Sport Santé, qui encourage l'activité physique dans une logique de levier de prévention, d'amélioration de la qualité de vie, d'accompagnement de certaines pathologies.

À travers ce projet, il y a une véritable dynamique partenariale qui s'est développée entre l’Agglomération, les professionnels de santé, les associations et les acteurs du territoire, pour agir efficacement en prévention et en complément du système de soins.

Pourquoi pensez-vous qu’une collectivité doit agir sur les questions de nutrition (alimentation, activité physique et sédentarité) ? À travers quelles politiques publiques ?

L’alimentation et l’activité physique sont des déterminants majeurs de la santé. Agir dessus, c’est répondre à une logique de prévention en prévenant de nombreuses maladies chroniques tout en améliorant à la fois le bien-être et la qualité de vie des habitants. Au niveau intercommunal, on dispose de nombreux leviers pour agir indirectement sur les habitudes des gens. L'exemple parfait, c'est Jeunes Pousses, mais on a également des leviers sur la restauration collective, le soutien aux circuits courts, l'aménagement d'espaces publics qui peuvent favoriser la marche ou le vélo, le développement d'équipements sportifs accessibles, des actions d'éducation et de sensibilisation. En agissant sur tous ces leviers, on réduit les inégalités de santé et on favorise des comportements qui sont bénéfiques et qui évitent, derrière, de développer des maladies.

Quels sont les projets actuels de votre EPCI dans ce domaine ?

L’entame de cette mandature a été consacrée à l’élaboration d’un diagnostic de santé du territoire à partir des données existantes chez nos partenaires (ex : REZONE) . Ces outils nous ont aidés à articuler un projet avec des ordres de priorité, puisqu'on ne peut pas tout faire immédiatement. Suite au travail très intéressant déjà réalisé sur la santé environnementale, il nous faut aujourd’hui mettre l’accent sur l’accès aux soins et la santé mentale. On doit prendre le temps de rencontrer tous les acteurs pour croiser nos regards, nos projets et voir comment agir collectivement au regard des besoins du territoire. 

Quel conseil ou quel message souhaiteriez-vous faire passer à un nouvel élu qui souhaite s’investir sur ce sujet sans réellement savoir par quoi commencer ?

Le premier conseil que je donnerais, c’est d’aller rencontrer l’ensemble des acteurs de son territoire : professionnels de santé, associations, mais aussi travailleurs sociaux, les habitants. Cela permet de comprendre les attentes du terrain et de définir les priorités. C’est en partant des besoins du territoire que l’on construit des actions pertinentes et durables. Travailler en partenariat est essentiel sur ce sujet, car les enjeux de santé publique dépassent largement les compétences d'un seul acteur. On a tous un levier que l'on peut actionner pour permettre à un projet de se réaliser.

L’action santé s'inscrit aussi dans un contexte budgétaire contraint. Je pense que c'est important de prioriser, de ne pas vouloir tout faire immédiatement et d'articuler les projets dans le temps.

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