Economie du numérique et Politique de la ville

Le numérique constitue un levier important de développement économique, d’emploi et d’insertion dans les quartiers prioritaires de Nouvelle-Aquitaine. Son déploiement engendre un risque de fracture numérique au sein de la société. Ce constat amène de nombreux territoires à imaginer des solutions en matière d’insertion et d’emploi, et plus particulièrement dans les quartiers Politique de la ville. Revenons sur quelques fondamentaux concernant l’économie du numérique et la Politique de la ville !

 

 

Comment s’accorder sur une définition du numérique ? Quels usages recouvre-t-il dans notre société contemporaine ?

 

 

Le numérique n’est pas seulement un simple processus technique à savoir le codage de l’information par un nombre fini de valeurs discrètes. Le numérique doit être aussi appréhendé comme “une véritable culture liée à l’irruption et au développement d’internet dans la vie quotidienne et professionnelle des habitants”.

Depuis 1992 et l’apparition du web (la toile mondiale), le numérique s’est largement développé, notamment dans la vie quotidienne des citoyens. En effet, Il satisfait un besoin croissant de communication, à l’échelle nationale et planétaire. Il accompagne le processus de mondialisation (ou globalisation).

Dès lors, le numérique, sujet transversal et global, fait de réseaux et d’usages multiples, contribue à une dématérialisation accrue des échanges et de la production de biens et de services.

Les effets du numérique sont multiples. Il permet notamment de démocratiser l’expression. Il repose également sur un principe d’horizontalité et une forte dimension collaborative.

 

 

La fracture numérique, enjeu central dans les quartiers prioritaires de la Politique de la ville

 

 

La fracture numérique peut être caractérisée par l’inégalité d’accès à la fois aux équipements et aux usages du numérique dans de nombreux territoires. En milieu rural et dans les zones peu denses, c’est l’accès au réseau internet, via les infrastructures Haut Débit qui “pêche” le plus. Dans les quartiers prioritaires de la Politique de la ville, la capacité à se saisir des outils numériques du quotidien pose un vrai problème.

En effet, le phénomène de dématérialisation des services administratifs rencontre incompréhension et désarroi de bon nombre d’habitants. Ainsi, la fracture numérique amplifie au quotidien les inégalités sociales entre citoyens. Elle engendre une difficulté d’accès à l’information, à l’emploi, à l’orientation et la formation, des personnes âgées, des demandeurs d’emplois, des jeunes peu diplômés…

Face à la surabondance d’informations, de services, le constat tend vers plus d’accompagnement et plus d’éducation des usagers à l’utilisation des outils numériques.

 

Les acteurs en présence dans l’économie du numérique et la Politique de la ville

 

 

Aux côtés des habitants et des usagers, consommateurs quotidiens de services numériques, d’autres intervenants et opérateurs sont aussi confrontés à de nombreux défis nés de la société du numérique et de l’évolution des 30 dernières années. Ainsi, les entreprises, et plus généralement les acteurs économiques, doivent s’adapter en répondant à un double défi.

  • “Faire avec les usagers” pour créer des applications et des services adaptés aux besoins quotidiens
  • Réussir leur transition digitale pour améliorer leur fonctionnement ; la recherche accrue de gains de productivité n’est pas sans poser de questions au monde de l’entreprise, en matière de service rendu.

De leur côté, les collectivités et la puissance publique ont vocation à assurer l’égalité d’accès aux services numériques sur tout le territoire. Ils doivent aussi garantir l’intérêt général.

Au plan macro-économique, le développement des grands opérateurs numériques fait courir un risque de dérive monopolistique. Les Google Apple Facebook Amazon (GAFA) sont devenus avec le temps et la concentration capitalistique des acteurs plus puissants que les Etats. En Europe, ils peuvent outrepasser les lois sur la concurrence, sur la transparence et sont régulièrement poursuivis et cités en justice.

 

De la nécessité de faire stratégie autour de l’économie du numérique et de la Politique de la ville

 

 

Dans le champ d’intervention des collectivités, l’approche stratégique constitue une étape essentielle pour répondre aux enjeux repérés plus haut. Ainsi, de nombreuses collectivités engagent de véritables stratégies numériques.
Elles reposent souvent sur 3 axes essentiels :

  • les infrastructures (haut débit, équipements…) ;
  • les usages (souci de réduire la « fracture numérique ») ;
  • les services (applications ou outils en ligne pour diffuser informations et services aux citoyens).

Ces 3 axes se déclinent en actions menées à 2 niveaux :

  • en interne : par exemple mutualisation inter-services, dématérialisation des procédures administratives ;
  • en externe : le lien avec les habitants- usagers : e-administration, l’échange d’informations élus-citoyens etc.

 

Bien connaître le territoire et mobiliser les habitants des quartiers

 

 

Dans ces démarches, la réalisation d’un diagnostic sur les services existants et les usages numériques des habitants permet d’objectiver les enjeux et de définir les priorités d’action. Ainsi, des enquêtes de terrain et un inventaire des lieux de proximité sont réalisées. Elles offrent un accès à des ressources matériels, des temps de sensibilisation, voire de formation aux usages.
Le recours à un partenariat élargi contribue souvent à mutualiser la connaissance d’organismes les plus divers. Ceux-ci opèrent eux-mêmes leur transition numérique : les fournisseurs d’accès internet, les administrations et les services publics de l’emploi, les organismes de formation et d’enseignement, parmi d’autres…

Les retours d’expériences les plus éloquents soulignent la nécessité d’émancipation des habitants. Que ce soit à Bordeaux, à Arras ou à Guéret, la participation citoyenne s’avère être une aide précieuse. Elle s’appuie sur l’expertise d’usage et l’expression des attentes et des besoins des principaux concernés.

 

Numérique et développement économique  : un gisement d’emploi pour tous

 

 

En Nouvelle-Aquitaine, plus de 25 000 actifs exercent un métier de l’informatique (source Cap Métiers Nouvelle-Aquitaine – 2018). Cette filière, dynamique et jeune, n’attire pas suffisamment.
Face à cette situation, les partenaires régionaux ont adopté un contrat de filière en juin 2019, en N-A pour la période 2019-2022. Il concerne les métiers des entreprises de services numériques, des éditeurs de logiciels et du conseil en technologies, et les entreprises du jeu vidéo.

Un des premiers objectifs de ce contrat est d’accompagner les acteurs de l’éducation et de l’orientation autour des enjeux de la filière et de l’étendue des métiers qui la constituent.

Le gisement d’emplois lié au numérique constitue ainsi une opportunité intéressante, notamment pour les habitants des quartiers Politique de la ville. Encore faut-il que ces derniers puissent y accéder, à la fois en terme d’orientation, de connaissance des métiers et d’adaptation de leurs compétences.

 

La formation, l’apprentissage et l’éducation, réponse à la fracture numérique dans les quartiers

 

 

La dématérialisation des actes administratifs, l’accélération des échanges d’informations et de données, via les outils numériques sont en croissance constante depuis le début du XXI ème siècle. Face à ces phénomènes, une véritable transition numérique est nécessaire pour tous les acteurs en présence : entreprises, collectivités, associations…
Afin de réduire la fracture numérique, les solutions envisagées relèvent de l’inclusion numérique, pour lutter face à « l’illectronisme ». Ce terme définit l’incapacité des personnes en difficulté à se saisir des outils numériques. On le traduit comme “l’illettrisme appliqué au domaine de l’informatique”.

Il s’agit d’offrir aux personnes des lieux d’accueil avec mise à disposition d’équipement et d’une connexion au réseau. Des séances de sensibilisation, voire de formation aux usages du numérique s’avèrent également un accompagnement indispensable.

Depuis 2018, plusieurs collectivités soutiennent ainsi  de nombreuses initiatives associatives, actives en matière d’Economie du numérique et Politique de la ville. Plusieurs expériences repérées par PQN-A sont emblématiques. C’est le cas notamment à Bordeaux, Pau, Bayonne, Dax, Angoulême, Niort et Poitiers. D’autres sont à l’étude à Limoges, Périgueux, Libourne, Agen ou Mont de Marsan.

 

Vous voulez en savoir plus ? Contactez-nous !

 

 

Contact : contact@pqn-a

Quelques liens utiles

/ Septembre 2020

    • Réseau des professionnels du numérique en Nouvelle-Aquitaine : spn.asso.fr

 

    • Principales données de la filière Numérique en Nouvelle-Aquitainecap-metiers.pro

 

 

 

 

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