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À Faux-la-Montagne, dans la Creuse, un écoquartier dans un village de 450 habitants

Publié le 05/12/2022
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Creuse

Initié en 2005, cet écoquartier de deux hectares a mis près de dix ans à voir le jour. Aménagé à proximité immédiate du bourg, le quartier du Four à pain comporte douze lots dont sept sont construits et habités, deux sont en construction et deux en cours d’achat.

Structure Porteuse : Commune de Faux-la-Montagne

Problème / Besoin initial

 

Les Chercheurs de toit

 

À partir de 1992, l’ancienne communauté de communes du Plateau de Gentioux, dans la Creuse, dont faisait partie le village de Faux-la-Montagne, a mis en place toute une batterie d’actions afin d’attirer de nouveaux habitants. La crèche, le Centre de Loisirs Sans Hébergement (CLSH), la maison d’assistantes maternelles, le soutien à la création et à l’installation d’entreprises, la maison médicale intercommunale, ou encore le soutien à la vie associative ont porté leurs fruits puisqu’en 2005, des candidats à l’installation se manifestent auprès de la mairie. “Il y avait aussi des habitants”, se souvient Catherine Moulin, membre du conseil municipal d’alors, et maire de Faux-la-Montagne depuis 2008. “Ils s’appelaient les Chercheurs de toit et nous ont interpellés sur le fait que c’était compliqué de trouver un logement confortable et habitable.”

La commune, dont la population est passée de 391 à 364 habitants entre 1990 et 2006, décide alors de créer un groupe Logement composé d’élus, d’habitants et de personnes souhaitant s’installer à Faux-la-Montagne.
 

“Aujourd’hui, l’écoquartier est un lieu habité où il y a réellement des constructions. Ailleurs, plein de lotissements sont viabilisés, laissent la possibilité de construire sans contraintes, mais ils sont loin du centre-bourg, il faut prendre la voiture pour acheter du pain, et au final, les gens n’achètent pas.”

Catherine Moulin, maire de Faux-la-Montagne

Objectifs principaux

 

  • Proposer une offre de logements alternative au lotissement en centre-bourg

 

Partenaires principaux

Techniques : SCIC L’Arban, Parc Naturel Régional (PNR) de Millevaches en Limousin, Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de la Creuse (CAUE 23), Architectes des Bâtiments de France (ABF), géomètres

Financiers : PNR de Millevaches en Limousin, ADEME, ex-ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement

 

Maturité du projet

Entre jaune et vert clair

 

Reproductibilité du projet

Entre orange et jaune

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Calendrier

2005 : les Chercheurs de toit sollicitent la mairie de Faux-la-Montagne

2007 : la mairie achète un terrain de deux hectares à proximité du centre-bourg

2009 : le projet est lauréat de l’appel à projets EcoQuartiers alors porté par le ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement.

2013 : les premières maisons de l’écoquartier sont construites ; le ministère de l’Egalité, des Territoires et du Logement attribue le label EcoQuartier

2017 : l’école du village ouvre une troisième classe

Périmètre d’action de l’expérience et rayonnement

Faux-la-Montagne


 

Budget

212 550 € (autofinancé à 92 % par Faux-la-Montagne)

Solutions apportées

 

L’histoire

Totalement néophyte sur le sujet du logement et de l’éco-habitat, ce groupe Logement commence par le défricher grâce à des recherches et des rencontres avec des spécialistes. En 2007, la mairie acquiert un terrain de deux hectares, très proche du centre-bourg, où deux maisons devaient initialement être construites. “Mon prédécesseur a expliqué à la propriétaire notre démarche, et pourquoi, compte tenu de la problématique qui se posait à Faux-la-Montagne sur le logement, il n’était pas possible de laisser se construire seulement deux maisons sur un terrain aussi grand”, retrace Catherine Moulin. 

Cette acquisition force le groupe Logement à travailler plus concrètement sur leur projet. L’association pour la promotion de l’éco-habitat sur le plateau de Millevaches est créée, des plans sont esquissés, des ateliers architecturaux et paysagers sont organisés avec les personnes qui envisagent de construire leur maison dans l’écoquartier.

 

La mise en place du projet

Durant ces étapes, le paysagiste creusois Alain Freytet, le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement de la Creuse (CAUE 23) et l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) accompagnent le collectif. Ce qui aboutit à la rédaction d’un cahier des charges et d’un règlement intérieur de l’écoquartier. Ces documents édictent des règles qui préservent l’harmonie architecturale du village, limitent la hauteur des maisons, leur volume, interdisent l’utilisation de certains matériaux, recommandent l’utilisation de ceux produits en circuits courts et qui respectent l’environnement, exigent une consommation d’énergie réduite, encouragent l’autoproduction d’énergie…

Ces séances de travail permettent également de définir le nombre et la taille des futurs lots. Au nombre de douze, ils ont une superficie comprise entre 600 et 1000 m2. “Ca a été plein de discussions et de compromis parce qu’en arrivant à la campagne les gens voulaient de grands terrains”, se souvient la maire de Faux-la-Montagne. “On les a emmenés voir des terrains bâtis dans le bourg pour qu’ils se rendent compte de l’espace. On a fait pareil pour les maisons, avec des bâtons et de la ficelle pour qu’ils prennent conscience des volumes.

L’association évolue autour de trois axes : connaître, accompagner et animer pour redynamiser les territoires ruraux.

Premiers résultats

Plus que deux lots en vente

 

C’est en 2013 que les premières maisons sortent de terre, donnant véritablement naissance à l’écoquartier, baptisé le quartier du Four à pain. Sept lots sont aujourd’hui vendus, construits et habités, deux lots sont en construction. Sur un terrain dont la mairie a conservé la propriété via un bail emphytéotique, la Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) L’Arban a construit un logement Passerelle. Des personnes qui souhaitent tester leur envie d’habiter à Faux-la-Montagne louent cette maison pour un an renouvelable. La mairie est restée propriétaire d’un autre terrain où elle prévoit de construire plusieurs logements locatifs. Enfin, les deux derniers lots, bientôt transformés en trois lots afin de densifier, sont en cours de vente.

 

Nouveaux habitants

 

Couplé à un environnement éco-socio-culturel attractif, le projet d’écoquartier a contribué à inverser la courbe démographique de Faux-la-Montagne. Le village est ainsi passé de 364 habitants en 2008 à 450 habitants aujourd’hui, et l’école du village a ouvert une troisième classe en 2017. Elle compte aujourd’hui 57 enfants.

 

La création de la SCIC L’Arban

 

L’association pour la promotion de l’éco-habitat sur le plateau de Millevaches est devenue en 2010 L’Arban, ce qui signifie “travail collectif” en occitan. Cette SCIC composée d’habitants, de collectivités, d’entreprises et d’associations, se définit comme un “atelier permanent d’urbanisme et d’habitat” au service de la montagne limousine. Elle accompagne les collectivités dans “des projets d’aménagement, d’habitat et de rénovation immobilière, avec la volonté de contribuer à la revitalisation des bourgs et villages”. 

 

Une dynamique qui perdure

 

L’écoquartier a impulsé une véritable dynamique dans le village autour du logement. L’Arban, avec le soutien de la mairie, a rénové deux petites maisons pour accueillir des personnes âgées. Le groupe Logement, en lien avec la commission Habitat de la communauté de communes Creuse Grand Sud, poursuit son activité en conseillant certains propriétaires qui souhaitent vendre leur bien. Trois maisons sont vendues, dont deux qui n’étaient pas habitées depuis plusieurs années.


 

Enseignements
  • Des habitants emménagent dans les premières maisons huit ans après que les Chercheurs de toit ont sollicité la mairie. “Cela interroge, d’autant qu’aucune des personnes qui ont participé aux ateliers architecturaux et paysagers n’ont construit finalement”, reconnaît Catherine Moulin, suggérant que ce temps de réflexion contraint a permis à certains de se rendre compte qu’un projet “aussi prenant” n’était peut-être pas fait pour eux. “Il n’empêche que nous n’avons pas eu de mal à vendre les terrains, et qu’aucun des acheteurs n’a cherché à modifier le cahier des charges”, se satisfait la maire. 
  • Catherine Moulin regrette que la plupart des appels à projets s’adressent à des communes de 1000 à 2000 habitants. Parce que précurseur, Faux-la-Montagne a donc autofinancé le projet, et fait en sorte que la vente des terrains couvre les frais (achat des terrains, notaire, viabilisation, géomètres, assistance à maîtrise d’ouvrage, etc.) sans chercher à faire de bénéfices. 
  • Selon Catherine Moulin, le label Ecoquartier, reçu en 2013, est plus adapté aux villes qu’aux communes rurales. Elle prend pour exemple les exigences en matière de mobilité et de transports publics. Ceux-ci étant inexistants à Faux-la-Montagne pour les adultes, la commune travaille plutôt sur le covoiturage.
Facteurs de réussite
  • La mobilisation des élus, en particulier de Catherine Moulin
  • La volonté du groupe Logement de devenir “sachant” voire “expert” sur un sujet dont il ignorait tout
  • La force du projet, capable d’attirer de nouveaux candidats à l’installation
  • Un environnement attractif : Faux-la-Montagne est un village de 450 habitants qui dispose de commerces et d’atouts en matière de santé, de petite enfance et de loisirs
  • Avoir fait appel à des experts locaux qui ont fait du “cousu-main” pour créer un projet adapté au territoire : l’association pour la promotion de l’éco-habitat sur le plateau de Millevaches puis la SCIC L’Arban, le CAUE 23
Perspectives

Logement locatif

La mairie a en projet de créer un nouveau groupe dédié au logement locatif. Elle aimerait en effet créer plusieurs logements locatifs sur le terrain de l’écoquartier dont elle a conservé la propriété.

Personnes ressources

Catherine Moulin, maire de Faux-la-Montagne

mairie@fauxlamontagne.fr 

05 55 67 92 15

 

Stéphane Grasser, directeur général de L’Arban

dg@arban.fr 

05 55 64 58 29

 

Publié le 5/12/2022

 

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