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Web-conférence #11 “Comment les territoires peuvent-ils prendre en main la question de l'énergie ?”, ce qu’il faut retenir

Publié le 06/04/2022
Temps de lecture : 15 min
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Quels sont les enjeux territoriaux liés aux questions énergétiques ? Quel est le bouquet d’actions dont les territoires peuvent se saisir pour aller vers une transition énergétique ? Quelles sont les marges de manœuvre des territoires pour investir cette question ? Mais aussi, quels sont les outils à leur disposition ? Nous avons abordé ces questions lors de notre dernière web-conférence sur la revitalisation des centres-bourgs.

Contexte

Le 4 juillet 2023, Pays et Quartiers de Nouvelle-Aquitaine (PQN-A) a organisé une web-conférence autour du rôle des territoires dans la transition énergétique. Cette web-conférence a réuni près de cents participants (élu.es, technicien.nes et autres) autour des invité.es du jour :

  • Amandine Loeb, directrice de l’AREC (Agence Régionale d'Evaluation environnement et Climat) 

Téléchargez son diaporama de présentation juste ici

  • Patrick Sabin, maire d'Escource (40) et Éric Bellouin, maire de Saint-Clément (19), pour le témoignage des élus
  • Jonathan Lemeunier, chargé de mission transition écologique et énergétique, risques au SGAR Nouvelle-Aquitaine,
  • Sandrine Hernandez, conseillère régionale déléguée à la revitalisation des centres-bourgs, au foncier et à l’urbanisme et
  • Estelle Carrère Ricome, chargée de développement investissement et ingénierie territoriale, Grands Comptes régionaux et innovation à la Banque des territoires, pour la clôture.

 

Retrouvez le replay de la web-conférence !

 

Les ordres de grandeur sur le réchauffement climatique

Au niveau mondial

Selon le 6ème rapport du GIEC, si on veut maintenir une température acceptable à 1,5 °C à horizon 2100, il nous reste à émettre 400 gigatonnes de gaz à effet de serre (GES). Comme nous le rappelle Amandine Loeb, “on en a donc déjà consommé une bonne part d’autant plus qu’annuellement et au niveau mondial, on en émet à peu près 60. Cela signifie qu’au rythme actuel, il nous reste moins de 20 ans d’émissions de GES “restants” pour maintenir une augmentation de la température à moins 2 degrés d’ici 2100.”

photo 1 webconf

En France

L’objectif national est de suivre les prescriptions du GIEC et viser une stabilisation de la température à 2 °C. Une des premières ambitions est de réduire de 20% les émissions de GES en 2030 par rapport à 2010. La seconde est d’atteindre la neutralité carbone* vers 2075 (ou 2050 pour rester en dessous de 1,5 °C de réchauffement d’ici 2100). Concrètement, Amandine Loeb nous l’explique : ”cela revient à diviser par 6 les émissions de GES de 1990 et à absorber les émissions supplémentaires dans les puits de carbone (océans, forêts et sols).”

*C’est l’équilibre entre les émissions de carbone et l'absorption du carbone de l’atmosphère dans les puits de carbone.


Si l’on ramène cela à l’habitant, d’après la Stratégie Nationale Bas Carbone, aujourd’hui, nous sommes à 10 tonnes de CO2 par habitant en équivalent CO2. Si l’on avait une répartition égalitaire de l’émission de CO2 via ce “budget carbone”, nous aurions entre 1,6 et 2,8 tonnes par habitant. Ce qui demande un changement drastique dès aujourd’hui.

Amandine Loeb nous présente également le rapport annuel 2023 du Haut Conseil pour le Climat “Acter l’urgence, engager les moyens” qui dresse de nombreux constats que nous vous invitons à aller voir ici. Amandine Loeb en cite certains.

En Nouvelle-Aquitaine

Les objectifs régionaux

Au niveau régional, la situation est comparable à celle de la France avec des objectifs ambitieux inscrits dans le SRADDET et conformes aux constats nationaux et à la trajectoire de diminution. Par exemple : réduire de 45% les émissions de GES en 2030 par rapport à 2010 et de 75% en 2050. Mais, nous le rappelle Amandine Loeb, cela est insuffisant pour s’inscrire dans l'objectif de neutralité carbone.

photo 2 webconf

Quelle énergie ?

L’énergie consommée en Nouvelle-Aquitaine est en grande partie l’énergie fossile (40%) puis nous retrouvons l’électricité (24%), le renouvelable thermique et déchets biocarburant (18%), le gaz naturel (16%), la chaleur (2,2%) et le charbon (0,6%).

Qui consomme ?

Le secteur du bâtiment est le plus grand consommateur d’énergie (40%) avec 28% pour le résidentiel et 13% pour le tertiaire. Il s’agit ensuite du secteur des transports (35%) avec 19% pour les déplacements des particuliers et 16% pour celui des marchandises.

Quelle production d’énergie renouvelable en Nouvelle-Aquitaine ?

En 2021, la part de la production énergétique renouvelable dans la consommation d'énergie finale est de 26,1% contre 19,3% en France. Une augmentation de 90% depuis 2005.

Les énergies renouvelables thermiques ont un poids majeur. Elles représentent 64,4% dans la production des énergies renouvelables avec principalement la biomasse (27,9%), le bois des particuliers (26%) et les pompes à chaleur (8,9%).

Le second type d’énergie est l'électricité (25,3%) avec l’hydraulique (8,8%), le photovoltaïque (8,7%), l'éolien (6,1%) et la biomasse électrique (1,7%).

Amandine Loeb nous explique également que l’éolien, le photovoltaïque et les pomptes à chaleur sont des filières en essor depuis 2010. En 2022, le photovoltaïque devance l’hydroélectricité pour la première fois.

Voici la répartition des énergies renouvelables en Nouvelle-Aquitaine :

photo 3 webconf

Quelles sont les objectifs régionaux et nationaux à 2030 et 2050 ?

Les deux objectifs majeurs inscrits dans le SRADDET sont

la réduction des consommations d’énergie finale avec l’objectif de réduire de 30% de l’énergie finale d’ici 2030 par rapport à 2010 et de 50% à horizon 2050 ;
l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale avec l’objectif d’atteindre 50% d’énergies renouvelables en 2030 et plus de 100% à horizon 2050.

Ces grands ordres de grandeur nous ont permis de zoomer plus concrètement sur la réalité des collectivités bien que l’on retrouve cette tendance aux différentes échelles territoriales. Et comme nous le rappelle Amandine Loeb, “cela signifie donc que les actions de réduction de la consommation d’énergie induisent nécessairement de s’attaquer à la question des mobilités et de l’habitat.”

Comment les collectivités territoriales peuvent-elles agir ?

Entre atténuation et adaptation

Il n’y a pas de mode d’emploi. Amandine Loeb explique qu’il ne faut par exemple pas opposer l’atténuation et l’adaptation. “Les deux sont indispensables pour engager massivement les territoires dans la transition énergétique. Les mesures d'adaptation ne sont pas de la gestion de risques. C’est un travail d'anticipation et de réflexion pour limiter l’exposition de sa population à des risques et la vulnérabilité des territoires aux aléas.

Entre sobriété et efficacité énergétique

Nous avons également parlé de sobriété énergétique et d’efficacité énergétique, toutes deux indispensables mais différentes. “La sobriété énergétique est un ensemble de mesures et de pratiques quotidiennes qui permettent d’éviter l’utilisation d’énergie, de matériaux, de terres et d’eau tout en garantissant le bien être de tous dans le cadre des limites planétaires” (GIEC rapport printemps 2022) Tandis que l’efficacité énergétique est l’ensemble des moyens mis en œuvre pour réduire la consommation d’énergie d’un système malgré un service rendu identique voire supérieur.

Toutefois, seuls les scénarios qui intègrent le levier de la sobriété permettent de respecter les objectifs climatiques de la France.

Nous vous invitons par ailleurs à prendre connaissance des scénarios de l’Ademe qui sont des pistes intéressantes de réflexion pour s'inscrire dans la sobriété carbone à horizon 2050.

photo 4 webconf

Quels outils ?

Il y a des outils, des acteurs et des dispositifs pour agir localement. Par exemple, pour planifier et piloter, Amandine Loeb nous a parlé :

d’Acclimaterra et de l’AREC* pour bénéficier de données et de connaissances sur le sujet ;
d’outils de planification qui existent pour mettre en oeuvre l’action avec un certain nombre d’appuis existants via l’Ademe (Territoire Engagé Transition Écologique (TETE), le contrat chaleur renouvelable territorial), le dispositif TEPOS, les contrats de développement et de transition entre la Région et les territoires, les Plans Climat Air Énergie Territoriaux (PCAET).

Il y a également des soutiens financiers qui existent via la Région, l’Ademe ou encore les fonds européens mais aussi les réseaux des générateurs éolien et photovoltaïque CRER, Cirena et Alex Métropole bordelaise et Gironde, etc.

*L’AREC dont Amandine Loeb est la directrice est un outil régional au service de la transition énergétique. C’est une association dont le métier est la production de connaissances et la fourniture d’outils et de données dans le domaine de la transition énergétique, des déchets mais aussi de l’économie circulaire à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine. Amandine Loeb, la directrice nous l’explique : “nous sommes une structure mutualisée car nos outils sont accessibles en libre accès sur différentes plateformes mais aussi car nous sommes issus d’un financement à parité entre le conseil régional et l’Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie).” C’est pourquoi, ils animent aussi les réseaux de partenaires avec pour objectif le partage et la réflexion collective autour de la connaissance produite ainsi que l’apport de réponses aux enjeux de demain.

Des exemples de communes qui ont fait

Nous avons reçu deux maires durant cette web-conférence : Eric Bellouin, maire de Saint-Clément et Patrick Sabin, maire d’Escource. Ils ont pu témoigner de plusieurs projets qu’ils portent et mettent en œuvre pour une transition énergétique de leur territoire.

Saint Clément, accompagner la transition d’un rural traditionnel vers périurbanisation durable

Saint-Clément est une commune corrézienne, rurale entre Tulle et Uzerche. D’après Eric Bellouin, son maire, la commune est en développement avec 2% de croissance par an mais qui garde sa partie rurale avec une forte proportion d’agriculteurs environ 45 exploitants et artisans sont  présents.

L’objectif d’Eric Bellouin et de son conseil municipal est de pouvoir accompagner la transition d’un rural traditionnel vers sa périurbanisation sans pour autant tomber dans le travers de la commune dortoir. Pour cela, il travaille depuis plusieurs années à la réinstallation d’activités, au maintien de l’habitat et à l’achat de foncier dans le bourg pour “le réorienter vers de l’activité de services et économique.”

De l’école chauffée en géothermie à la construction d’une société d’économie mixte favorisant la coopération territoriale

Le travail autour de l’énergie a commencé depuis presque 15 ans. Eric Bellouin nous explique : “en 2008, on a bâti une école. Cette école a été chauffée en géothermie. Ce qui était novateur chez nous ! Depuis ce moment-là, on a travaillé sur tout ce qui est isolation bâtimentaire à l’échelle de la commune et sur l'éclairage public.” Aujourd’hui, tous les bâtiments communaux sont peu ou prou économes en énergie et l’éclairage public fonctionne avec des led sauf la nuit où son arrêt a permis de nombreuses économies d’énergie.

Eric Bellouin nous parle également de la construction d’une Société d'Économie Mixte (SEM) tournant autour de l’agglo de Tulle avec un projet celui de chaleur renouvelable et en particulier de biomasse. “Le bourg sera très prochainement chauffé par un réseau de chaleur biomasse et ça on le développe en partenariat avec plusieurs EPCI voisins qui nous font confiance. L’agglo, elle, est porteuse de ce contrat de chaleur renouvelable”.

La richesse forestière de Saint-Clément, un plus dans la transition énergétique du territoire

Le projet de chaleur renouvelable ne va pas sans parler de la richesse forestière de Saint-Clément. En effet, le travail autour du réseau de chaleur est parti d’un constat bien précis : l’exploitation non vertueuse des forêts. Pour Eric Bellouin, “il y a un vrai souci de gestion, nous sommes vus comme des pourvoyeurs d'énergie sans le retour qui nous semblerait nécessaire. On nous pille le combustible avec une façon d’exploiter qui n'est en rien vertueuse”. 

Le maire de Saint-Clément et son équipe municipale se sont alors concentrés sur où vendre la matière première de bois afin de pouvoir exiger une exploitation plus vertueuse. Ce travail de réflexion a mené à la constitution d’une association de syndicat libre de gestion forestière qui rassemble aujourd’hui une cinquantaine de propriétaires et avoisine les 500 ha et bientôt 1000 en fin d'année. “Il y aura un mode de gestion très vertueux avec pour objectifs l’amélioration forestière et la production de plaquettes en lien avec la SEM et les agriculteurs.”

Quel bilan aujourd’hui ?

“L’intérêt pour le territoire est multiple”, nous dit Eric Bellouin :

Le premier point est qu’il ne devrait plus y avoir ni d’énergie fossile ni d’électricité qui vient du nucléaire pour chauffer le patrimoine communal. “Cinq réseaux de chaleur devraient voir le jour dans les mois à venir.”

Le deuxième point positif est qu’ils vont sans doute créer une filière intégrée de bois énergie sur le territoire en lien avec les agriculteurs. Cela permettra de créer un certain nombre d'emplois. “On produira 5000 tonnes de bois dans les prochaines années avec l’ambition d’en avoir 10000 d’ici 3 ans. Selon les calculs, cela pourrait créer 5 à 10 emplois liées à l’exploitation.”

Le troisième point est qu’un CFA en partenariat avec Engie a été mis en place pour formés des techniciens sur la maintenance des installations. Cela vient conforter le pôle formation sur l’agglo de Tulle

Eric Bellouin ajoute qu’il y a des éléments plus durs à cerner comme la prise en considération de la nécessaire bonne gestion des forêts : “une gestion qui appartient aux territoires où on se responsabilise et où on en fait une véritable ressource pour s’adapter au réchauffement climatique et aux prédations qui existent sur les bois car la régénération naturelle s’adapte mieux aux évolutions du climat et aux dégâts de cervidés.”

Escource, de la tempête Klaus à un projet de territoire solidaire et durable

Quand la tempête met tout à plat…

Escource est une commune forestière d’11000 ha dont 10500 ha de forêt qui se trouve aux portes de Mimizan dans les Landes. Lors de la tempête Klaus en 2009, 40% de la forêt ont été balayés et de nombreux opérateurs exogènes sont venus vendre les mérites du photovoltaïque et de l’éolien. Pour Patrick Sabin et l’équipe municipale en place, ça a été le déclic. “On ne voulait pas donner notre terrain car on savait que l’argent fait dessous ne resterait pas sur notre territoire. On a alors réfléchi à comment on peut faire en tant que collectivité et citoyens pour investir dans un appareil de production géré localement.”

Cette réflexion a été le début de leur feuille de route concomitant avec l’appel à projet Territoire à Énergie Positive (TEPOS) duquel ils ont été lauréat en 2011. “Cela nous a permis d’établir un diagnostic et une feuille de route avec pour objectifs produire plus d’énergie qu’on en consomme, la sobriété énergétique, le travail en économie circulaire et la coopération avec les acteurs du territoire.

De la sobriété énergétique à l’autoconsommation

Un premier travail sur la sobriété énergétique et  la suppression des énergies fossiles

Patrick Sabin et son équipe municipale ont d’abord travaillé à la constitution d’une plateforme de rénovation énergétique un peu particulière : “on a tenu à se déplacer chez les gens pour échanger et aller directement chercher les bouquets de travaux chez eux. On a emmené les citoyens et les autres collectivités avec nous en échangeant sur ce qu’on met en place, ce qu’on réussit ou pas.”

Ils ont également travaillé sur les réseaux de chaleur bois et sur l’éclairage public. “On a équipé la départementale de candélabres solaires. A l’époque, c’était une première. Nous avons travaillé avec une entreprise locale pour avoir des panneaux photovoltaïques. Depuis on a évolué car on n’est plus sur des panneaux individuels mais sur du photovoltaïque en toiture avec des batteries centralisées qui alimentent des candélabres LED. Ce qui permettra demain de ne plus avoir de candélabres raccordés au réseau électrique.”

“Produire notre énergie et l’autoconsommer”

En effet, leur objectif était d’avoir une ressource bien gérée afin de sortir des prix du marché et de travailler en économie circulaire mais également d’apporter une solidarité avec les communes qui ne sont pas forestières . “On est d’ailleurs en train de travailler à la construction d’une plateforme de plaquette de bois avec notre propre ressource pour alimenter les collectivités territoriales autour de ce projet.”

Voici des exemples de projets dont Patrick Sabin nous a parlé et qui témoignent de cette pensée en circuit :  “On a trois projets en consommation collective sur la communauté de communes :

  • On en a un sur une piscine avec du photovoltaïque qui alimente toute la machinerie de la piscine. Ce sont des panneaux hybrides qui font de la chaleur et de l’électricité, la chaleur vient alimenter la Pompe A Chaleur (PAC) et on arrive à gagner 10 degrés par rapport à l’air extérieur. Ensuite, on autoalimente la PAC avec cette énergie mais comme c’est une piscine d’été, l’hiver l’énergie n’est pas utilisée donc on va alimenter les bâtiments communaux avec cette énergie.
  • Sur Labouheyre pareil, avec une école on va alimenter en autoconsommation collective le Centre Intercommunale d’Action Sociale (CIAS) et un centre de loisir.
  • Sur Escource, on autoconsomme 80% de ce qu’on produit pour la commune et les 20% restants, on va les vendre à notre épicerie locale (qui a vu sa facture tripler). On va leur revendre l’électricité qu’on produit 40 à 50% moins cher que chez leur opérateur.”

Une coopérative citoyenne au service de la transition énergétique

Ils s’étaient également engagés dans leur feuille de route à construire une SEM mais pas n’importe quelle SEM. Ils ont réservé 25% aux citoyens et aujourd’hui ils ont 147 actionnaires. Ils ouvrent maintenant le capital à trois autres communautés de communes et à leurs citoyens afin de porter des projets et mettre leurs moyens ensemble.

Quelles politiques publiques pour une transition énergétique dans les territoires ?


Estelle Carrère Ricome, chargée de développement investissement et ingénierie territoriale à la Banque des territoires a évoqué la place de la Banque des Territoires aux côtés des territoires : “dans le cadre de sa stratégie, la Banque des Territoires et la Caisse des Dépôts et Consignations accompagnent les territoires aux côtés des partenaires, notamment en amont pour structurer les projets et aider les collectivités à passer à l’action. Pour cela, on déploie de l’ingénierie qui permettra de structurer les projets, de les planifier, de les qualifier et enfin d’accéder à des prêts de long terme permettant de couvrir les questions de rénovation énergétique des bâtiments publics. On a notamment l’outil Intracting pour réaliser des rénovations et qui sera remboursé avec les économies réalisées. On intervient également sur les sujets d'éclairage public, de mobilité verte, de production, de stockage et de distribution d'énergie. Enfin, on investit aussi au côté des SEM, des énergies renouvelables et des syndicats d’énergies pour intervenir directement sur des projets de transition écologique.”

 

Sandrine Hernandez, conseillère régionale déléguée à la revitalisation des centres-bourgs, au foncier et à l’urbanisme est intervenue de son côté pour présenter les politiques de la Région Nouvelle-Aquitaine en la matière : “Les extraterrestres d’hier étaient surtout des visionnaires. Ils ont aujourd’hui un temps d'avance sur les élus locaux qui n’ont pas saisi ce sujet-là comme une ambition à l'époque et qui se retrouvent aujourd’hui à devoir conduire de grands bouleversements avec des finances que l’on connaît pour les collectivités territoriales. Ce sont de vrais enjeux. Au niveau de la Région, on a la feuille de route Neoterra avec un certain nombre de déclinaisons sur ce sujet de la transition écologique et énergétique avec un financement sur l’ingénierie. En effet, il y a un vrai besoin d’accompagnement pour conduire ces politiques, notamment via les contrats TEPOS et l'accompagnement aux plateformes de transformation énergétique et de rénovation dans les territoires. On a aussi un fond d’investissement en place qui s’appelle Terra Énergies qui vise à accompagner les grands projets d'envergure sur la production d’énergie renouvelables et qui fait levier sur des projets qui n’auraient pas pu voir le jour sans. En lien avec la revitalisation des centres-bourgs, on vient en financement sur la rénovation de l’habitat surtout en milieu rural. Enfin, je salue les expérimentations, c’est  important de les mettre en valeur pour essayer de les dupliquer.”

 

Enfin Jonathan Lemeunier, chargé de mission transition écologique et énergétique, risques au SGAR Nouvelle-Aquitaine a clôturé cette web-conférence en présentant les politiques nationales en la matière : “ C’est un enjeu territorial pas que national. Les collectivités territoriales ont des responsabilités très importantes dans l’identification du type de mix énergétique qu’elle souhaite, dans la maîtrise des gisements dont elle dispose, et donc des choix et des ambitions locales. Elles ont un rôle car elles ont des compétences et des prérogatives (maîtrise du foncier, urbanisme,etc.) mais via leur capacité à mobiliser les citoyens et à mener des concertations. Il semble important de faire en sorte que ces thématiques sortent d’une thématique de spécialistes et deviennent un sujet de concertation permanent. Cet ancrage territorial, l’Etat souhaite l'accompagner et le fait déjà via les dispositifs de l’Ademe (Fond chaleur, TETE, etc.). L’Etat rend un certain nombre d’avis pour les collectivités qui ont des PCAET qui sont des outils de planification importants en la matière. Et puis, le fond vert qui est un dispositif mis en œuvre cette année avec un succès avéré car on a plus de 1600 dossiers déposés en Nouvelle-Aquitaine et principalement sur la rénovation des bâtiments publics et des parcs luminaires des éclairages publics. Enfin, l’autre illustration est la loi d'accélération des énergies renouvelables et en particulier sur la planification. Les communes vont avoir une rôle fort d'identification des zones d'accélération des énergies renouvelables en lien avec les intercommunalités. L’Etat vient en soutien via des référents préfectoraux et un rôle du niveau régional qui donnera des avis sur ces zones.”

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