Pour rappel, les objectifs étaient les suivants :
- maîtriser la cartographie des ressources mobilisables pour agir en faveur de la réussite éducative ;
- définir les limites et les forces des réseaux des professionnels présents ;
- identifier des leviers pour renforcer les écosystèmes.
Ce groupe de travail a réuni environ 35 acteurs, parmi lesquels se trouvaient majoritairement des acteurs des collectivités territoriales, du secteur de la politique de la ville, notamment les PRE et Cités éducatives et de droit commun (coordinateur de conventions territoriales globales, projets éducatifs, activités physiques et sportives…), mais aussi des acteurs de l’Etat et des associations.
Contexte
Ce temps de travail fait suite à un premier temps de rencontre régionale qui s’est tenue le 23 janvier à Bordeaux autour des alliances éducatives.
Parmi les différentes “étapes” de la coopération en éducation, l’interconnaissance est incontournable. Il s’agit de se connaître et de se reconnaître pour travailler ensemble. Or, dans un contexte où les inégalités se creusent et où le déterminisme social reste très marqué, les acteurs de l’éducation évoluent au sein d’écosystèmes complexes. Ces écosystèmes sont d’autant plus contraints par la raréfaction des moyens. Il devient, dès lors, de plus en plus important de repérer et de connaître la multiplicité d’acteurs et de ressources disponibles, mais aussi d’identifier et de comprendre les liens qui les unissent - ou non. En effet, nous partons du principe que l’écosystème des ressources que chaque acteur construit est au moins aussi important, si ce n’est plus important, que le projet en lui-même.
Les ressources désignent tous les leviers qui permettent de contribuer à la réussite éducative des enfants et des jeunes, en particulier dans les quartiers prioritaires. Elles sont diverses et peuvent être de plusieurs natures :
des ressources matérielles, qui sont tous les leviers tangibles que vous pouvez mobiliser : les moyens financiers, le patrimoine, le mobilier, les équipements…
des ressources immatérielles, qui peuvent être intellectuelles, scientifiques, organisationnelles, culturelles.
des ressources humaines qui représentent tous les acteurs : réseaux, associations, institutions, entreprises etc.
Le groupe de travail du 3 avril a permis de construire collectivement une carte des ressources et d’échanger sur la capacité des acteurs à mobiliser ces ressources.
Les alliances éducatives : cartographie des ressources
Cette cartographie est le reflet des échanges qui se sont noués dans le groupe. Elle n’a pas vocation à être exhaustive, et pourrait être enrichie et complétée.
Elle est également disponible dans le lien ci-dessous :
Cartographie des ressources - alliances éducatives
Focus méthodologique
La méthode de la cartographie des ressources est disponible dans la fiche outil ci-dessous. Cette méthode peut être reproduite en visioconférence ou en présentiel, au sein d’une même structure ou de manière partenariale. C’est un outil éprouvé qui présente un réel intérêt pour identifier l’écosystème de ressources à portée des acteurs, pour qualifier les liens entretenus avec les ressources citées, et envisager des premières pistes d’actions concrètes.
Les premiers retours des participants sur cet exercice de la carte ressources ont témoigné de l’importance de répertorier les réseaux, les acteurs et les ressources disponibles. Le fait de mettre en commun ses connaissances a donné des idées et des envies pour tisser de nouveaux liens avec des institutions ou adopter de nouvelles pratiques. C’est aussi l’occasion de partager autour de difficultés partagées et de “lever la tête du guidon”.
Quels leviers pour mieux mobiliser les ressources de son écosystème ?
Dans une dernière partie, les participantes et participants ont échangé sur la manière dont ils parviennent à mobiliser certaines ressources, ainsi que sur leur souhait d’en mobiliser de nouvelles.
Ils ont partagé différents constats traversant leurs réalités professionnelles. Les territoires urbains, souvent mieux dotés en ressources que les territoires ruraux (maillage éducatif distendu, distances plus importantes entre institutions etc.) constituent à ce titre une différence notable. Pour autant, si la proximité physique peut être un facteur facilitant - aidant, par exemple, à faciliter l’interconnaissance - la notion de proximité s’entend également au sens de communauté : est-ce que l’on parle le même langage ? Est-ce que l’on se reconnaît comme faisant partie d’une même communauté éducative ? Cette forme de proximité nécessite un travail de la part de celles et ceux qui accompagnent la construction de l’alliance.
La difficulté à mobiliser certaines ressources déjà fortement sollicitées a également été identifiée comme un frein récurrent. De même, l’importance des relations interpersonnelles dans la construction des alliances a été soulignée comme étant un élément ambivalent : elles peuvent constituer un levier, mais aussi devenir une difficulté selon les contextes.
Plusieurs leviers ont néanmoins été identifiés lors du groupe de travail, permettant de répondre en partie aux difficultés soulevées. En premier lieu, la multiplication des liens au sein d’une même structure peut permettre de garantir la pérennité de la coopération malgré les changements de personnes. Les participants ont également évoqué la nécessité de trouver des « alliés », c’est-à-dire des personnes motrices dans le décloisonnement de l’action. À ce titre, la force des dynamiques informelles a été identifiée positivement, dans la mesure où elles peuvent faciliter les échanges et les liens nécessaires à un meilleur accompagnement des enfants et des jeunes.
Par ailleurs, la capacité à mobiliser des formes de coopérations à différents niveaux d’intervention apparaît comme un vrai levier : entre pilotes de structures, entre directions de services, entre actrices et acteurs de terrain.
L’importance d’un portage politique de cette transversalité a été mise en avant. Dans cette perspective, la nécessité de trouver des relais, de s’appuyer sur des démarches de plaidoyer, de revendication, ou d’action politique peut être importante. De la même manière, les organisations professionnelles et réseaux de soutien peuvent contribuer à appuyer cette nécessité de coopération.
La question de la temporalité est également ressortie comme un élément clé. Développer des liens, qui plus est de confiance, prend du temps. Ces coopérations se construisent dans la durée et supposent parfois d’accepter de revenir en arrière lorsque les personnes changent ou que les structures évoluent.
Pour illustrer concrètement ces échanges, les participants ont évoqué la difficulté de mobiliser certains professionnels de santé, déjà saturés. Ensemble, ils ont partagé plusieurs pistes pour améliorer ces liens (créer un réseau entre professionnels, renforcer les liens de confiance), multiplier les niveaux d’interlocution (construire de nouveaux liens avec l’Agence Régionale de Santé), mais aussi élaborer une “phase d’attente” intéressante pour les enfants et les jeunes (en mobilisant des ressources immatérielles : formes de médiation originale, acceptation du soin etc.).
Ainsi, cette séquence a permis, autour d’exemples concrets, d’identifier plusieurs enjeux liés à la mobilisation des ressources de l’écosystème, ainsi que des leviers pour soutenir les dynamiques de coopération.