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Violences urbaines dans les QPV de Nouvelle-Aquitaine : panorama des événements et réactions à chaud

Temps de lecture : 6 min
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Suite aux évènements s'étant déroulé fin juin 2023 dans les QPV de France et de Nouvelle-Aquitaine, PQN-A a organisé début juillet un café politique de la ville sur le thème des violences urbaines dans les quartiers. L'objectif était d'échanger et de dresser un état des lieux à chaud. 

Panorama des violences urbaines sur le territoire néo-aquitain 

Les violences urbaines de fin juin ont été très hétérogènes sur le territoire néo-aquitain et tous les quartiers prioritaires n’ont pas été concernés de la même manière. Certains territoires ont été particulièrement touchés tandis que d’autres n’ont recensé aucun évènement au sein des quartiers. Ces disparités entre territoires interrogent sur les facteurs déclenchants de ces phénomènes d’émeutes urbaines.  

 

Echos des territoires 

Voici quelques informations non exhaustives remontées par des acteurs des territoires. Si vous souhaitez nous informer des événements qui ont eu lieu sur votre territoire, contactez-nous à cette adresse mail : pauline.nunes@pqn-a.fr ! 

 

Département de la Vienne (86)

- A Poitiers, trois des quatre QPV de l’agglomération ont été touchés par des violences d’une forte intensité et plus particulièrement le quartier des Couronneries avec des commerces incendiés et dégradés ainsi que de nombreuses interpellations. 

- A Châtellerault, un seul QPV a été touché,  le quartier d’Ozon, avec notamment la dégradation de son centre commercial. Toutefois, les maisons de quartier et les écoles n’ont pas été touchées.

 

Métropole de Bordeaux (33)

- Dans la ville de Bordeaux, il y a surtout eu beaucoup de mobilier urbain dégradé (sur le quartiers des Aubiers principalement) mais moins qu’en 2021 et durant la crise des Gilets jaunes. 

- A Lormont, les violences ont été particulièrement importantes avec de nombreuses dégradations ainsi que des incendies. Les mois précédents les émeutes étaient déjà agitées dans les quartiers. Il y avait donc un contexte propice à un embrasement, accentué par une forte paupérisation, le blocage de la mobilité résidentielle, et des problèmes récurrents de relations avec la police.

 

A Limoges, les violences se sont concentrées sur deux QPV de l’agglomération et une mairie annexe a été incendiée dans le quartier de Beaubreuil. Pour autant, l'intensité des violences est restée modérée et contenue, notamment au regard de ce qui avait pu se passer en 2022 dans ces mêmes quartiers.

 

Sur l’agglomération du Grand Bergeracois, des dégradations ont eu lieu dans deux des trois QPV que compte la commune de Bergerac, mais celles-ci ont été cantonnées et modérées.

 

Sur le Grand Périgueux, des épiphénomènes de violences ont également été recensés, mais pas d’émeutes à proprement parler. Dans le quartier Boucle de l'Isle, les dégradations ont été légères avec quelques feux mais aucun bâtiment n'a été incendié.

 

A Guéret, il n’y a eu aucun incident au sein du QPV, ni en périphérie.  Le fait que le quartier soit essentiellement composé de logements et n’y ai aucune présence de bâtiment représentatif des institutions, ni de commerces, limite fortement les possibilités de dégradations. De plus, le quartier prioritaire de l’Albatros, qui est un quartier de type centre ancien, s’inscrit dans un environnement urbain où de nombreuses poches de grande pauvreté existent. En cela, les habitants ne vivent pas autant que dans d’autres agglomérations avec un sentiment exacerbé de déclassement par rapport aux habitants des quartiers voisins.

 

Ces différents témoignages recueillis par PQN-A indiquent que des violences urbaines ont eu lieu dans la plupart des QPV de Nouvelle-Aquitaine (feux sporadiques, dégradations / incendies de bâtiments, de commerces etc...), mais, dans la plupart des territoires, l’ampleur des phénomènes était bien moindre que celle observée dans d’autres régions. Les acteurs ont souvent constaté un écart important entre les éléments relayés par les médias et la réalité observée. Quelques territoires, notamment la Métropole bordelaise, ont toutefois enregistré une forte flambée des violences. 

 

Les acteurs sur le terrain et le retour au calme


Les auteurs des violences urbaines sont en grande majorité de jeunes adolescents. Plusieurs acteurs font état d’un abaissement de l’âge des auteurs, comparativement à des vagues précédentes de violences. Ce constat pousse à questionner la prise en compte des habitants de cette tranche d’âge dans les actions. Parvient-on à capter et à mobiliser les adolescents ? L’offre est-elle suffisante et adaptée à ce public ?

Quoi qu’il en soit, durant les émeutes, les Maisons de quartier se sont largement mobilisées pour parvenir à un retour au calme et pour entretenir le dialogue avec ces jeunes. La présence sur le terrain de ces acteurs a une fois de plus démontré son efficacité. Par ailleurs, les élus des communes ont été particulièrement présents sur le terrain pendant les événements, ainsi que les médiateurs sociaux

Les acteurs ont constaté un essoufflement de la violence au bout de quelques nuits d'émeutes, grâce à l’action conjuguée du travail de terrain (mobilisation des acteurs et des élus, médiation auprès des jeunes) et des interventions policières et judiciaires. 

 

Les mesures gouvernementales 


Début juillet 2023, plusieurs mesures ont été annoncées suites aux émeutes urbaines.

D’une part, un projet de loi a été présenté qui vise à accélérer la reconstruction du bâti dégradé ou démoli lors des émeutes. Cette loi prévoit une modification par une série d’ordonnances du droit de l’urbanisme, de la commande publique et des collectivités territoriales.

D’autre part, des nouveaux postes de Préfets délégués à l’égalité des chances (PDEC) ont été créés, dont un pour le département de la Gironde (une première en Nouvelle-Aquitaine). Ainsi, Mme Lydia Guirous est nommée préfète déléguée pour l’égalité des chances auprès du préfet de la Gironde, à compter du 21 août 2023. Seuls une douzaine de départements en France sont dotés de PDEC.

“Le préfet délégué pour l'égalité des chances assiste le préfet de département pour toutes les missions concourant à la coordination et à la mise en œuvre de la politique du Gouvernement en matière de cohésion sociale, d'égalité des chances et de lutte contre les discriminations. A ce titre, il participe à la mise en œuvre des actions visant à l'intégration des populations immigrées résidant en France.” (Décret du 27 décembre 2005). 

 

Contactez-nous  ! 

 

Laurence Liegeois, Chargée de mission Politique de la ville 

Tél : 07 56 36 28 14

E-mail : laurence.liegeois@pqn-a.fr

 

Pauline Nunes, Chargée de mission Politique de la ville 

Tel : 06 31 22 00 12

E-mail : pauline.nunes@pqn-a.fr

 

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