L'implication de ces publics en situation de pauvreté permet d'améliorer l'efficacité des politiques publiques, tout en redonnant du pouvoir d'agir aux citoyens et une place aux personnes concernées sur des sujets qui impactent leur vie quotidienne, leur parcours de vie, pour éviter que les politiques publiques mises en place sur ces sujets soient en inadéquation avec les besoins des personnes concernées.
Toutefois, il ne s’agit pas simplement de décréter la participation de ces personnes. Il s’agit de savoir la mettre en œuvre de façon effective, à travers un travail de réflexion mené pour s’assurer de réunir les bonnes conditions qui donneront les moyens à ces personnes en situation de précarité de pouvoir participer.
Ce travail nécessite de s’interroger sur les freins et difficultés potentiels à la participation des personnes : on ne décide pas de faire de la participation sans avoir au préalable pensé à ce qui risque de freiner la participation de ces personnes, pour mettre en place des leviers pour permettre leur participation. Cela implique notamment de penser et d’adapter la communication autour de leur participation, les horaires et le lieu de la participation, d’avoir des professionnels proches de ces personnes pour permettre un lien de confiance dans la démarche, d’adapter le contenu de la réunion et la façon dont on s’adresse aux personnes qui y participent…
Ces conditions doivent garantir une égalité de statut entre les participants et veiller à ce que les personnes en situation de précarité soient considérées à égalité avec les professionnels et les autres participants. Cela passe notamment par le fait de reconnaître l’existence d’un savoir dit “expérientiel”, issu de l'expérience de la pauvreté, que les personnes sont en capacité de transformer en savoir collectif sur la lutte contre la pauvreté.
Par ailleurs, il existe différentes façons de faire participer des personnes en situation de précarité en fonction du projet, de la démarche initiée : les attentes sur le rôle et la place des personnes qui sont impliquées doivent être définies et exprimées très clairement dès le départ.
Les objectifs et les finalités de la démarche participative doivent également être connus et délimités dès le début de la démarche pour que les personnes participantes sachent ce sur quoi elles s’engagent et qu’elles sachent quels seront les résultats et les finalités de leur participation et donc de leur présence et implication, afin qu’elles n’aient pas le sentiment de se mobiliser inutilement.
Le concept de "croisement des savoirs" (porté notamment par ATD Quart Monde) est au cœur de ce sujet. Il s'agit de reconnaître que les personnes précaires détiennent un savoir "expérientiel" unique sur un ensemble de sujets de société qu’ils éprouvent au quotidien.